29 juin 2009
Première fois
Par Maritxu
Première fois... A presque 2 ans, Arthur a déjà expérimenté des tonnes de premières fois, avec plus ou moins de bonheur, et ces "premières fois" vont encore jalonner sa vie, à un rythme moins élevé bien sûr.
Cependant, il y avait jusqu'à aujourd'hui, une "première fois" dont je me serais bien passée. Aurjourd'hui donc, pour la première fois, je lui ai donné une fessée. Je ne suis pas fière.
J'ai un point de vue particulier sur la fessée. Petite, j'en ai reçu, ("des tas !" a dit ma mère), et je ne m'en souviens d'aucune. A mon sens, c'est parce qu'elles étaient données à bon escient. Par contre, j'ai un souvenir cuisant des tapes sur les doigts que Papa nous donnait le soir quand on avait été odieux. Pourtant, elles ne faisaient pas mal, ces tapes, mais la honte de voir papa nous enguirlander -ce qui n'arrivait pas si souvent- était suffisante pour nous faire pleurer à chaudes larmes.
Moralité : les punitions doivent tomber immédiatement !
De ma philosophie de la vie, j'estime qu'il est idiot de taper un enfant et de lui apprendre à ne pas taper ni sa fmille ni ses copains dans le même temps. Ce n'est pas cohérent et les enfants ne sont pas des imbéciles. Jusqu'à présent, ses punitions se limitaient à la mise au lit, sans jouets, sans doudou, sans tétine, pas plus de 3 minutes, sinon je pense qu'il oublie pourquoi il a été puni. Souvent, la simple menace du lit suffisait à faire passer la colère et/ou la connerie en cours.
Parfois, une tape sur les doigts, quand le lit est inaccessible (en sortie particulièrement). Là aussi, la menace est souvent efficace.
Mais ce midi...
Depuis quelques temps, j'ai du mal à le faire manger correctement. Si ce bébé pouvait se nourrir exclusiement de fromage et de viande, il serait ravi. Seulement voilà, tous les nutritionnistes sont d'accord, il faut des légumes pour une alimentation équilibrée. Arthur a une technique assez extraordinaire pour faire le tri dans sa bouche et ne recracher QUE les légumes, tout en gardant la viande. Je n'ai pas encore compris comment il arrivait à faire ça ! Malheureusement, quand un plat arrive avec une couleur franchement légume, il le refuse en bloc. Même pas la peine de tricher en rajoutant du kiri.
Pour pallier ce manque d'appétit légumesque, j'ai instauré le chocolat récompense à la fin de l'assiette. Après des débuts difficiles, il a bien compris le principe et réclame son kinder dès la dernière cuillère en vue.
Ce midi, donc, j'avais amoureusement préparé du poisson, des carottes et des nouilles. Sauf que le poisson est blanc et ressemble donc aux nouilles. Quand je fais du poisson pané, la chapelure l'incite à gouter, au moins ! Mais là, rien, nada, niet, que dalle. Il a à peine vu l'assiette arriver qu'il s'est mis à hurler et à se tortiller dans tous les sens pour échapper aux légumes.
Je me fais pourtant le même plat que lui, tous les jours, pour lui prouver que je ne cherche pas à l'empoisonner. Pour lui prouver que c'est mangeable. J'essaie la diversion : les jeux sur la tablette, un livre à lire... Tout part valdinguer par terre, il est tellement en colère qu'il balance tout, sans regarder (il m'a d'ailleurs cassé une assiette récemment). J'étais très calme, pas énervée, mais j'ai décidé que là, vraiment, ça suffisait, et c'est tombé.
Il en est resté comme deux ronds de flans.
Les pleurs, de hystériques sont passés à convulsifs, et il s'est progressivement calmé. Sauf que dès que je lui ai représenté l'assiette, ça a recommencé...
Au final il a mangé (un peu), mais après un passage par le lit et un devant la télé pour voir Oui-Oui.
Cette fessée n'a servi à rien, et je m'en veux de la lui avoir donnée. Je sais que la fatigue accumulée de ces derniers jours et la chaleur ne sont pas étrangers à son attitude vis-à-vis de la bouffe, mais quand même ! Je ne peux pas céder à ses caprices ! Si vous avez des conseils, je suis preneuse...
Commentaires
Ce que je lis dans ce texte, c'est surtout une maman qui a envie de faire le mieux possible et qui ne sait pas trop où elle en est ! Je crois qu'on passe tous par des phases où on ne sait pas trop quoi faire...
Et puis Arthur est le premier alors c'est normal que tu fasses comme tu peux !
Mais comme tu nous invites à te livrer notre expérience, je veux bien te faire part d'un peu de ma réflexion.
Pour l'aînée, je criais beaucoup, je punissais... et ça ne donnait pas grand chose sauf des crises de larmes et d'énormes périodes de stress ou de colères, elle dans sa chambre et moi, dans le canapé.
Pour le deuxième, j'ai donné pas mal de fessées... et puis j'en ai eu un ras le bol. ça ne servait à rien, ça le calmait sur le moment mais il recommençait de plus belle ensuite !
Quand j'ai été enceinte de la 3ème, j'ai eu une grosse envie de changer ma façon de faire. J'ai eu aussi de la chance car à ce moment là, j'ai rencontré des gens, notamment une autre mère, qui se posait les mêmes questions que moi...
J'ai trouvé des bouquins qui ont fait que je suis arrivée à une conclusion : on peut éduquer sans violence éducative quelle qu'elle soit. On peut même s'abstenir de punir.
Bien sûr, je n'y arrive pas toujours et malheureusement, il m'arrive encore de crier, ou de donner une fessée ou une tape sur les mains. Mais plus j'avance, plus je trouve d'autres solutions.
Attention : il ne suffit pas de dire "j'arrête de taper" pour y parvenir. Car si on a été tapé enfant, même pas souvent, on a acquis un certain nombre de réflexes de violence éducative. C'est très difficile de changer et il faut du courage pour décider de faire autrement.
Mais c'est possible. Notamment en optant pour une autre façon de communiquer.
Cela passe aussi par peut-être changer ses propres limites et ses exigences par rapport à l'enfant.
Si on prend l'exemple de la nourriture, puisque tu en parles, j'ai radicalement changé ma façon de faire au fur et à mesure des années.
Pour l'aînée, qui était très difficile et qui ne mangeait pas beaucoup, je me suis pris la tête, j'ai exigé qu'elle mange de tout, qu'elle en prenne une certaine quantité, qu'elle reste assise pour manger... Cela a surtout donné un gros conflit.
Pour la 3ème, j'ai complètement lâché la pression. Elle a toujours mangé comme nous, n'a quasiment pas eu de petits pots, mais je lui ai laissé le temps de découvrir. Je n'ai jamais fait de repas spécial pour elle, et il est arrivé qu'elle ne mange pas. Mais si elle ne mangeait pas, elle avait quand même un dessert. Et ça, c'est maintenant valable pour les 3. Le principal, pour moi, c'est qu'il goûte. Une bouchée suffit donc (pour moi). Je me suis dit : tant qu'elle n'est pas capable de bien parler, elle ne peut pas comprendre mes discours sur l'éducation alimentaire. Résultat : c'est la moins difficile : elle mange de tout. Par contre, il arrive qu'elle ne mange quasiment rien à un repas, puis très bien au suivant.
Tout cela est une question d'expériences, qu'on fait avec nos enfants au fur et à mesure... Ce qui est important, c'est que tu cherches ce qui te conviens le mieux dans les relations que tu as avec ton fils, en fonction de tes exigences, de tes principes, de tes limites et de tes envies.
Je ne sais pas si ça répond à ta question... j'arrête là parce que je pourrais en parler des heures !!! J'ai même monté une asso pour ça ! C'est dire si le sujet me passionne.
Moi, je trouve en tous cas, que le fait que tu te poses la question, c'est déjà positif pour Arthur et pour toi...
Et ce soir, après avoir écrit ce texte, tu te sens comment ? Apaisée ?
Des bises d'encouragement !
Je viens de me relire... mon français n'est pas parfait ! Mais tu me pardonneras, hein ? ;-)
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