Et bien, après deux mois de vie norvégienne, je cède enfin à la pression générale (de ma sœur), et je prends le temps de vous poster un petit quelque chose.

Difficile de savoir par quoi commencer (le désavantage de ne pas écrire régulièrement, j’en ai peur), donc ce sera un billet un peu pêle-mêle.

Commençons par ma vie ici… Je m’amuse vraiment bien ici, je me plais dans ma pas-si-petite chambre estudiantine, et les gens sont tous gentiiiils ! Mais, il y a un mais, je me sens un chouia frustrée de vivre en résidence universitaire. Je vous entends d’ici, « mais c’est le meilleur de moyen de rencontrer des gens ! ». Et vous avez raison, sans aucun doute possible. Le seul « problème », c’est que les seuls Norvégiens que je rencontre sont les profs de l’école (très gentilles, mais je n’ai pas de contacts en dehors des cours), et mes élèves (moyennement gentils, et je n’ai certainement aucun contact avec eux en dehors des cours). Je vis vraiment une vie d’étudiante internationale, et il y a un côté frustrant à se dire qu’on n’expérimente pas vraiment la vie norvégienne telle qu’elle est.

Cela dit, je m’en remettrai, hein.

Sinon, tout se passe bien à l’école. Enfin, aux écoles, parce que je travaille dans deux écoles en même temps, un collège et un lycée. Les élèves ne sont pas pires ni meilleurs qu’ailleurs… C’est d’ailleurs une cruelle désillusion : avant de partir, on m’avait vendu le merveilleux, magnifique, système éducatif scandinave, notamment pour les langues. Résultat des courses : ils sont très bons en anglais, ça c’est vrai, mais pour toutes les autres langues, ils ont le même niveau que nous. Pourquoi ? Parce qu’ils commencent l’anglais à 7 ou 8 ans, quand la deuxième langue arrive à 11 ou 12 ans, comme chez nous, et aussi parce qu’il y a une véritable exposition à l’anglais. Tous les films, toutes les séries sont en VO sous-titrés, et on voit aussi bon nombre de shows américains à la télé.

Donc, au final, j’ai autant de boulot ici qu’en Irlande.

Pour ce qui est de mon apprentissage du norvégien, ça avance douuuucement. Un peu trop lentement à mon goût, mais en même temps, je n’en ai pas besoin tous les jours : je vis avec des étrangers, je parle anglais et français à l’école… et tout le monde comprend et parle l’anglais ici. Et avouons-le, pour l’instant, je sais me présenter, compter jusqu’à 100, et décrire le mobilier d’une pièce. J’essaie de gagner du vocabulaire avec mes élèves : donnant-donnant en français et norvégien, mais bon, c’est pas facile.

Le seul et gros bémol que je ressens ici, c’est que contrairement à l’Irlande, j’ai une furieuse envie de rentrer en France. Pas de façon permanente, non, mais juste un weekend. Je ne sais pas à quoi ça tient, parce que je ne me sens pas mal du tout ici. Je n’ai pas ressenti le même besoin en Irlande ; peut-être parce que mes parents étaient venus me voir en octobre et j’avais eu ma dose de « maison » par procuration ? Je me demande aussi si ça a à voir avec mes doutes sur cette carrière que je suis (plus que) sur le point d’embrasser : veux-je vraiment être professeur ? Et si non, que faire de moi ? Et oui, deux ans après, on en est toujours aux mêmes questions basiques. Je prends « mon mal » en patience en me disant que je pourrais me poser ces questions existentielles en France, où elles paraitraient encore plus déprimantes.

Sinon… pour des détails plus légers ! Jeudi dernier, je suis allée à un concert de l’orchestre de Stavanger. Haydn, Berlioz et … Frank Zappa. Qui a écrit un morceau pour orchestre symphonique, The Adventures of Gregory Peccari. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais en fait, quand on sait que c’est de Zappa, ce n’est pas surprenant : c’est complètement dingue, tous les instruments jouent en même temps (avec bien sûr batterie et guitares électriques sur scène), il y a deux chanteurs dont il faut apprécier la performance, parce qu’il faut aussi être acteur pour ce morceau… Impossible à décrire, mais bien divertissant !

Je viens de finir Le Club des Incorrigibles Optimistes, de Jean-Michel Guenassia, livre emprunté au centre culturel. C’est une bonne tranche de vie d’un ado dans les années 60, qui fait partie d’un club d’échec dans l’arrière-salle d’un bar, qui regroupe des émigrants venus de l’autre côté du mur de fer, chacun avec son histoire et son passé. C’est un livre sympathique à lire, même si je ne l’ai pas trouvé formidâââble. D’un autre côté, tous ces noms russes m’ont donné envie de commencer Dostoïevski, mais je ne sais pas lequel. Des idées ?

Je voudrais aller au cinéma, mais ils ne passent les films qu’en soirée (étrange). Mes films à voir : L’imaginarium du Dr Parnassus (évidemment), The Informant (la tête de Matt Damon sur l’affiche me donne envie de voir le film, je ne sais pas pourquoi), et The Men who stare at goats (pour lequel j’ai le même sentiment qu’avant de voir In Bruges… Ca ne peut pas être mauvais. Et puis, attention, casting : Jeff Bridges, Ewan McGregor, Georges Clooney et Kevin Spacey).

Je suis d’ailleurs dans une période « Spacey ». Je dois donc voir tout ce que je peux de ses films, ses interviews. Je me maudis d’avoir laissé the Usual Suspects et Ordinary Decent Criminal à la maison ! J’ai donc vu récemment Superman Returns (complètement illégalement, parce que faut pas déconner, non plus), où il joue Lex Luthor, sans brio, je dois le dire. Je ne comprends pas vraiment l’enthousiasme des acteurs à jouer dans un film de « comics ». Le genre est complètement figé, et il n’y en fait qu’une façon de jouer Lex Luthor ou Superman, et c’est la même depuis le premier film ; pas de vrai challenge. En plus, c’est assez frustrant, parce que Kevin Spacey a quand même joué des rôles méchants vraiment méchants qui pensaient à tout (souvenez-vous Jonathan Doe), alors Lex Luthor et son plan foireux de construire un nouveau continent qui remplacerait les autres pour devenir un magnat de l’immobilier, moi, ça me fait bien rire. Et le monsieur en slip rouge n’aide pas non plus.

Des questions ? Non ? Je m’en doutais. :)