J'ai perdu les eaux dans mon lit, à minuit...

Impressionnant comme le « pop » a été sonore : même mon belge l'a entendu ! Je suis contente, il l'avait raté pour le demi-belge, il était justement sorti dix minutes se chercher un café.
Je me suis redressée comme un ressort : « il s'est passé quelque chose, là ! Soit elle est descendue d'un coup, soit j'ai percé la poche des eaux ! » Je me tâte l'entrejambe : rien. 15 secondes après, j'inondais le lit. « Bon, ben faut y aller là. »


J'ai pas fini ma valise... Mon belge court dans tous les sens en suivant mes instructions pour rassembler l'essentiel; on verra pour la suite ce que j'ai oublié. Je suis paradoxalement sereine, je sais que les affaires de naissance pour la puce sont déjà dedans, et c'est l'essentiel. On réveille le demi-belge pour le prévenir, il arrive dans les bras de son père tout endormi pour me faire un bisou, on le recolle dans les bras de sa grand-mère, arrivée la veille (quel timing, mes amis !) et nous voilà partis. La maternité n'est qu'à 15 minutes de voiture.
On a emporté des tonnes de serviettes parce que je me vide par à-coups, c'est très désagréable comme sensation, je ne me rappelle pas avoir eu ça pour le premier.

Les contractions commencent, elles ne sont pas très violentes, et sont parfaitement gérables avec la maitrise de la respiration.

On arrive à l'hôpital, mon belge me dépose devant la porte, et je passe, cahin-caha devant l'accueil de nuit. Il me rejoint en courant alors que j'ai à peine franchi la porte de la salle d'accouchement. J'aime le voir courir. J'aime le voir stressé. Tout se passe bien, et je l'aime.

La salle d'accouchement est géniale : spacieuse, confortable, avec baignoire personnelle et ballon déjà là. La classe. Les contractions augmentent en puissance, et je gère toujours. Je me pose la question de la péridurale. J'y ai droit, mon injection matinale est loin. Est-ce vraiment utile de souffrir pour faire comme nos mères ? Moi qui avait dit que j'essaierai de faire sans, maintenant que je suis au pied du mur, j'hésite.

La sage-femme vient m'ausculter. De son avis, l'accouchement sera moins long, je suis déjà à 3 cm, col court et mou. Chouette !! Monitoring, les contractions sont bien là (sans blagues). Elles deviennent d'ailleurs de plus en plus fortes et de plus en plus rapprochées.
Une heure de ballon plus tard, avec des contractions toutes les 2 minutes, je demande la péridurale dès qu'on me la propose. C'est ok, je suis à 4 cm, le travail avance bien.

Mais il en met du temps cet anesthésiste. « Laissez-lui le temps de venir madame, il habite Wepion (15 bornes) » Ha. Ha. Ha. Note mentale : anesthésiste de garde ne veut pas dire sur place. Ouch. J'ai mal.
Quand il arrive, débraillé et pas coiffé, je n'ai plus envie de le maudire, j'ai envie de l'embrasser. Mais bor**el COMMENT ont fait nos mères pour survivre à ça ???

Et la péridurale-miracle remplit une fois de plus son office...

Sauf que j'ai encore des contractions douloureuses. Oh, rien à voir avec la demi-heure avant, mais quand même, faut que je me concentre pour ne pas me tordre. Quand j'en parle à la sage-femme, elle me répond que ce n'est pas normal, et que je peux me faire un shot supplémentaire. J'ai beau lui dire que c'est gérable, si ça n'augmente pas, elle me répond que justement ça va encore augmenter et qu'il faut que je me fasse ce shot avant que la douleur ne me rattrape. Ok. Shot.

Je ne sens plus rien. Du tout. Par curiosité, je me tâte l'entrejambe : c'est énorme. J'ai l'impression que ça pousse de l'intérieur, mais fort. Par curiosité, je risque un doigt, j'ai vraiment l'impression de sentir la tête. Heureusement la sage-femme se pointe à ce moment. Verdict : je suis à dilatation complète.
Elle appelle le gynéco.

Je lui dis que je peux pousser, mais elle me répond : « surtout pas, sinon vous allez accoucher avant que le médecin arrive et il ne sera pas content ». Bon. Moi je m'en fiche, de toutes façons, je n'ai pas mal. Mais la petite n'en fait qu'à sa tête et pousse toute seule. Je n'ai pas poussé une seule fois que sa tête est déjà là quand le gynéco se pointe.
« Et là, maintenant, je pousse ? »
« Non madame, pas nécessaire, elle vient toute seule »

Forte de mon premier accouchement, dès que le cordon est déroulé (deux tours autour du cou, pas mal) et que les bras sont dégagés, je la prend d'office, sans demander rien à personne, pour me la coller en peau à peau. Elle est toute pleine de vernix, elle est toute violette, elle est magnifique. En trois minutes, elle devient rose, elle est encore plus belle.

Il est 5h23, j'ai accouché comme une fusée.

Capucine, bienvenue.

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