C’est un sujet difficile, pour moi en tous cas. Selon la définition Facebook, il faut avoir le plus d’amis possible, et que ça se sache. Si la qualité de la vie dépendait de ça, je serais bien mal barrée, croyez-moi.

Je pense que je paye mes choix de vie, qui m’ont tous plus ou moins coupé de mes amis. Ceux qui restent n’en sont que plus précieux.

Déjà, j’ai beaucoup déménagé étant enfant, il ne me reste donc absolument personne de la primaire, puisque c’est seulement en CM2 que mes parents se sont fixés dans un village. Je n’étais pas très populaire à l’école ; j’étais très complexée et puis qui aime la première de la classe, celle qui dit qu’elle a raté et récolte un 18 ?

J’ai donc été dans un autre lycée que celui dans lequel tout le monde allait, pour faire des études littéraires, mais aussi pour faire table rase. Ça a marché. J’ai passé 3 belles années, mais curieusement, le groupe d’amis que j’y avais n’a pas survécu. Nous ne nous revoyons plus, ni moi ni les autres.

Etudes à Paris, sans y habiter. C’était difficile de rester tard aux soirées… Et puis je m’étais encombrée d’un amoureux agoraphobe, qui refusait toutes les sorties avec mes amis. A force, je n’étais plus invitée, puisque je refusais toujours… A la rupture, j’ai réalisé que j’avais fait une connerie. Quant aux amis de ma promotion, nous nous sommes tous retrouvés éparpillés aux quatre coins de la France – voire du monde. Quand nous réussissons à nous voir, c’est toujours à l’unité. J’avais moi-même déménagé à Lille, où je ne connaissais personne, pour mon premier job.

J’y ai rencontré leBelge, qui m’a entrainé dans ses projets fous en Belgique, où je ne connaissais évidemment personne non plus. De toutes façons, d’une manière générale, j’étais la baby-sitter de mes propres enfants, cloitrée à la maison, et comme nous avions de moins en moins d’argent, nos seules sorties étaient familiales ; et dans le village où nous habitions, strictement des amis-collègues à lui. A la rupture, j’ai réalisé que j’avais fait une connerie. (Le sentiment de déjà-vu est fait exprès).
Encore.

Il ne me restait personne de proche, géographiquement. Enfin, si, deux. Deux survivors qui ont réussi le tour de force de m’apprécier au moment où je m’appréciais le moins dans ma vie. Deux qui ont su me trouver intéressante alors que je n’étais qu’un gouffre de solitude.

Alors, à 36 ans, j’ai d’abord commencé par me reconstruire. Il m’a fallu un an. Puis, avec l’aide de la famille et du peu qu’il me restait, je suis sortie. Toute seule, dans un premier temps avec un coup de pied au cul, et puis de plus en plus facilement. C’est difficile de se faire des amis, je veux dire, des vrais amis, pas des collègues, des connaissances de soirée ou pire des coups d’un soir, quand on travaille et qu’on n’a que la moitié du temps de libre ; c’est difficile, mais ce n’est pas impossible. C’est juste long.

Je ne peux que me promettre de faire mentir l’adage et de ne surtout pas réitérer une troisième fois la même erreur.

Ceux que j’ai me sont précieux. Je les ai choisi avec soin, ou ils sont restés à la force de leurs bras – je n’avais vraiment plus rien pour les retenir.

A tous ceux-là : merci.