Vendredi, le Belge m'a téléphoné. Comme à chaque fois, j'ai décroché avec un soupçon d'angoisse, cette réaction va mettre des années à s'en aller je pense.

Il avait une demande pour Demi-belge à propos du judo, on en a profité pour passer en revue les mille petits détails du quotidien des enfants. La conversation a duré un petit quart d'heure. C'était fluide, presque amical. A un moment, j'ai même ri. Nous avons trouvé des accords sur tous les sujets.

Plus de deux ans. Il nous aura fallu plus de deux ans pour en arriver là. Je suis tellement contente que maintenant que les problèmes financiers sont soldés, il ne reste plus que le bien-être des enfants entre nous. Le pas est franchi : avant, il nous fallait communiquer par mail pour résoudre les problèmes, maintenant, on peut prendre son téléphone pour en discuter. Quel soulagement... Je me rends compte de la chance que j'ai dans ce divorce; les histoires que je peux entendre dans mon entourage sont si terribles, si incompréhensibles...

Même au coeur de nos différends, nous avons toujours su préserver les enfants. Ils n'ont jamais été les témoins de nos dissentions, jamais été impliqués. Je ne l'ai jamais fait, et je vois bien que lui non plus.

Il faut au moins lui rendre ça : il aura été un mari pitoyable, mais c'est un bon père. J'ai eu raison de rester en Belgique.

Et je suis infiniment mieux sans lui.