Je vois pas mal de personnes – presqu’uniquement des hommes d’ailleurs – se plaindre un peu de la surenchère médiatique et des accusations de harcèlement qui pleuvent ces derniers temps, suite à l’affaire Weinstein.

Permettez-moi de ne pas être d’accord. Ce qui sort maintenant est tout simplement tout ce qui a été retenu depuis trop longtemps. C’est sûr que ça fait beaucoup en une fois, mais on rattrape des années de silence… Le sac est chargé, très chargé, il fallait bien qu’il se vide un jour.

Il ne faut pas oublier que cette culture du viol, les femmes aussi ont grandi avec.

Moi aussi j’ai grandi en souhaitant secrètement qu’un grand beau gosse me plaque contre un mur en me disant qu’il était un gentil vaurien.

Moi aussi je pensais que le viol conjugal n’existait pas. Dans un couple, tout était permis.

Moi aussi, j’ai laissé faire les sifflets, les remarques sur mes tenues, les apostrophes non sollicitées, en me disant qu’après tout, c’étaient de simples compliments, et que je n’allais pas me formaliser pour si peu.

Sauf que tout ceci encourage les hommes à penser qu’ils sont tous puissants, et que tout est permis. Beaucoup pensent encore que le « non » d’une femme n’est pas recevable, et que secrètement, elles pensent « oui ». Le pire, c’est que ce mythe est souvent entretenu par les femmes elles-mêmes.

Cette période de déballage, qui entraîne une perte de repères, est à mon sens totalement nécessaire pour que les gens, hommes comme femmes, se rendent compte de l’ampleur de la situation. Il faut absolument qu’on prenne conscience de nos comportements, qu’on se rende compte de leur portée, qu’on corrige le tir.

Nous vivons en ce moment une date clé, importante, qui va ENFIN normaliser les rapports hommes-femmes.

Que des jeunes types en voiture sifflent des scoutes de 12 ans sur un trottoir, ce n’est PAS NORMAL. Ce n’est PAS RESPECTEUX. Ce n’est pas de la drague, c’est du harcèlement.
C’est arrivé sous mes yeux hier.

Vivement que les enfants que nous élevons aujourd’hui grandissent…