14 mars 2012

9 mois

Par Maritxu

Il y a 18 mois, une petite graine prenait racine dans mon ventre.

9 mois après, le bourgeon germait.

9 mois encore, et la fleur s'épanouit.

Voilà Pucine. Ton temps sur Terre s'est officiellement équilibré avec ton temps à l'intérieur de moi.

Pour fêter ça, la crise des neuf mois vient te rappeler que tu as encore besoin de moi. Dès que j'apparais dans ton champ vision, personne d'autre ne compte, pas même ton père. Mes bras sont ton île de sureté. Et pourtant...

Pourtant je sais que tu n'y restera pas longtemps, dans cette île. Ta curiosité te pousse à tout voir, tout toucher, tout mettre en bouche. Tu es dans cette dualité impossible : tout faire, mais dans les bras de maman. Le choix est tout vu, il faut juste un peu de temps pour que tu te détaches complètement.

Alors je profite pleinement de ces derniers instants où le cordon ombilical est encore palpable...

Je ne laisserai ma place à aucune autre.


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26 juin 2011

L'accouchement

J'ai perdu les eaux dans mon lit, à minuit...

Impressionnant comme le « pop » a été sonore : même mon belge l'a entendu ! Je suis contente, il l'avait raté pour le demi-belge, il était justement sorti dix minutes se chercher un café.
Je me suis redressée comme un ressort : « il s'est passé quelque chose, là ! Soit elle est descendue d'un coup, soit j'ai percé la poche des eaux ! » Je me tâte l'entrejambe : rien. 15 secondes après, j'inondais le lit. « Bon, ben faut y aller là. »


J'ai pas fini ma valise... Mon belge court dans tous les sens en suivant mes instructions pour rassembler l'essentiel; on verra pour la suite ce que j'ai oublié. Je suis paradoxalement sereine, je sais que les affaires de naissance pour la puce sont déjà dedans, et c'est l'essentiel. On réveille le demi-belge pour le prévenir, il arrive dans les bras de son père tout endormi pour me faire un bisou, on le recolle dans les bras de sa grand-mère, arrivée la veille (quel timing, mes amis !) et nous voilà partis. La maternité n'est qu'à 15 minutes de voiture.
On a emporté des tonnes de serviettes parce que je me vide par à-coups, c'est très désagréable comme sensation, je ne me rappelle pas avoir eu ça pour le premier.

Les contractions commencent, elles ne sont pas très violentes, et sont parfaitement gérables avec la maitrise de la respiration.

On arrive à l'hôpital, mon belge me dépose devant la porte, et je passe, cahin-caha devant l'accueil de nuit. Il me rejoint en courant alors que j'ai à peine franchi la porte de la salle d'accouchement. J'aime le voir courir. J'aime le voir stressé. Tout se passe bien, et je l'aime.

La salle d'accouchement est géniale : spacieuse, confortable, avec baignoire personnelle et ballon déjà là. La classe. Les contractions augmentent en puissance, et je gère toujours. Je me pose la question de la péridurale. J'y ai droit, mon injection matinale est loin. Est-ce vraiment utile de souffrir pour faire comme nos mères ? Moi qui avait dit que j'essaierai de faire sans, maintenant que je suis au pied du mur, j'hésite.

La sage-femme vient m'ausculter. De son avis, l'accouchement sera moins long, je suis déjà à 3 cm, col court et mou. Chouette !! Monitoring, les contractions sont bien là (sans blagues). Elles deviennent d'ailleurs de plus en plus fortes et de plus en plus rapprochées.
Une heure de ballon plus tard, avec des contractions toutes les 2 minutes, je demande la péridurale dès qu'on me la propose. C'est ok, je suis à 4 cm, le travail avance bien.

Mais il en met du temps cet anesthésiste. « Laissez-lui le temps de venir madame, il habite Wepion (15 bornes) » Ha. Ha. Ha. Note mentale : anesthésiste de garde ne veut pas dire sur place. Ouch. J'ai mal.
Quand il arrive, débraillé et pas coiffé, je n'ai plus envie de le maudire, j'ai envie de l'embrasser. Mais bor**el COMMENT ont fait nos mères pour survivre à ça ???

Et la péridurale-miracle remplit une fois de plus son office...

Sauf que j'ai encore des contractions douloureuses. Oh, rien à voir avec la demi-heure avant, mais quand même, faut que je me concentre pour ne pas me tordre. Quand j'en parle à la sage-femme, elle me répond que ce n'est pas normal, et que je peux me faire un shot supplémentaire. J'ai beau lui dire que c'est gérable, si ça n'augmente pas, elle me répond que justement ça va encore augmenter et qu'il faut que je me fasse ce shot avant que la douleur ne me rattrape. Ok. Shot.

Je ne sens plus rien. Du tout. Par curiosité, je me tâte l'entrejambe : c'est énorme. J'ai l'impression que ça pousse de l'intérieur, mais fort. Par curiosité, je risque un doigt, j'ai vraiment l'impression de sentir la tête. Heureusement la sage-femme se pointe à ce moment. Verdict : je suis à dilatation complète.
Elle appelle le gynéco.

Je lui dis que je peux pousser, mais elle me répond : « surtout pas, sinon vous allez accoucher avant que le médecin arrive et il ne sera pas content ». Bon. Moi je m'en fiche, de toutes façons, je n'ai pas mal. Mais la petite n'en fait qu'à sa tête et pousse toute seule. Je n'ai pas poussé une seule fois que sa tête est déjà là quand le gynéco se pointe.
« Et là, maintenant, je pousse ? »
« Non madame, pas nécessaire, elle vient toute seule »

Forte de mon premier accouchement, dès que le cordon est déroulé (deux tours autour du cou, pas mal) et que les bras sont dégagés, je la prend d'office, sans demander rien à personne, pour me la coller en peau à peau. Elle est toute pleine de vernix, elle est toute violette, elle est magnifique. En trois minutes, elle devient rose, elle est encore plus belle.

Il est 5h23, j'ai accouché comme une fusée.

Capucine, bienvenue.

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25 juin 2011

Echéances

Mon premier accouchement a été long. Très long. Ce grand moment de souffrance, je l'ai déjà raconté ici. Le post-partum a été le moment de la découverte des hémorroïdes et de la conscience aigüe d'avoir un coccyx (déplacé). Je n'ai pas pu m'assoir pendant un mois.

J'étais donc en droit d'avoir quelques angoisses, à mesure que le terme se rapprochait, le 27 juin.

Déjà, j'avais des échéances.

Je voulais travailler jusqu'à la fin, 17 juin, parce que je voulais terminer mes dossiers en cours, et qu'une réunion indéplaçable se tenait ce jour-là. Bon, bien sûr, personne n'est irremplaçable, mais bon, c'était mieux que ce soit moi.
Et j'ai réussi à me trainer...

Le dimanche suivant, 19 juin, c'était la kermesse (- fancy-fair pour les belges) de mon fils. 3 semaines qu'il me bassinait avec sa danse, impossible de rater ça.
Je suis arrivée, énorme, sous une pluie battante, à essayer de nous caser, moi et mon gros bide, sous une tente prévue pour la moitié des personnes présentes. J'ai eu ma chaise, je vous prie de le croire (Quoi, je suis SI énorme que ça ?) (Ben oui).

A partir de là, je suis en congé maternité imposé, elle peut arriver quand elle veut.
J'ai perdu les eaux quelques heures à peine après : à minuit, dans mon lit.

 

La suite demain...

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13 juin 2011

Ben voilà...

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Non contente de ne plus voir mes pieds, je ne vois plus mon fils.

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11 juin 2011

En attendant Capucine...

capucine

Quand la 'tite soeur elle sera là, moi je la lancera en l'air pour la faire rire
(mwwwwwii)

Quand la 'tite soeur elle est née, moi je jouerai avec, et je la porterai partout. Et je lui donnerai le biberon.
Mais au début, mon coeur, elle ne prendra pas le biberon, mais elle têtera au sein... Par contre, tu m'aideras à lui donner le bain ?
Oui ! Et on mettra du bazar partout !
(Mwwwwii)

Moi je ne prêterai pas ma poupée ! C'est la mienne ! Il faudra que tu lui en achèteras une autre !

Maman, moi j'aime ton gros ventre...

Qui sera la maman de Capucine ?
Moi.
Ben non alors, ce sera moi. Il faudra partager.
Non. Toi tu es MA maman, et Papa c'est MON papa, un chacun, c'est comme ça qu'il faut faire.
(Mwwwwi)

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10 juin 2011

Préparation à l'accouchement

Hier, j'avais préparation à l'accouchement : la poussée. Juste le cours que je n'avais jamais eu, et que j'étais super contente d'avoir. Même si j'ai déjà fait ça une fois, avoir des techniques de respiration est déjà un énorme pas en avant pour moi, et j'étais impatiente de savoir ce que la sage-femme disait de la gestion des contractions.
On refait les différentes techniques de respiration déjà vues aux précédents cours : l'abdominale, la pulmonaire et la complète. C'est vraiment tout bête, mais je suis sure que ça va m'aider. Je suis contente de partir au combat avec de nouvelles armes.
Puis elle explique les respirations de poussée. Bon, ça, ok, c'était presque naturel pour moi la première fois, je n'ai rien appris.
Et puis ?
C'est tout ?
Et les contractions, la douleur, toussa toussa, on en fait quoi ?

Ben rien. A part respirer, pas de remède miracle. Quand j'ai posé franchement la question, elle a répondu qu'on pouvait mettre de la musique, essayer l'homéopatie avant, les huiles essentielles, les fleurs de Bach... Bref, je ne dirais pas "des conneries" pour ne pas choquer les gens qui y croient dur comme fer, mais justement, à mon avis, il faut y croire pour que ça marche. Et moi je suis plus que sceptique.

Et si la musique adoucit la douleur, le pourcentage de réduction doit se situer vers 0,5%. Quand on est à une douleur de 250%, le gain est pas terrible.

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08 juin 2011

Ca va mieux

Petite frayeur la semaine dernière...
Mercredi, l'écho de contrôle a montré que le coeur de Cacahuète battait vraiement trop vite. Du coup, la gynéco m'a fait passer un monitoring après la consultation. Il était très clair qu'elle n'aimait pas les contractions : d'un rythme normal (130-160), elle passait à 180 voire 190 à chaque spasme, avec force coups de pieds. Pas excessivement grave donc, puisque c'est uniquement pendant les contractions, mais du coup, il faudrait que j'en ai moins. Plus facile à dire qu'à faire...
Déjà, j'arrête le café.
Je colle mon fils à l'école alors que j'ai congé.
Je me repose tout le week-end.
Je bannis ce pantalon de grossesse qui me serre trop. Et qui de toutes façons descendait tout le temps.
Vivent les jupes.

Mardi suivant, monitoring à l'hôpital. TOUT VA BIEN. Même pendant les contractions, elle reste en dessous de 170, ce qui est acceptable. Encore une fois, merci la science et la surmédicalisation de faire flipper les mamans déjà angoissées pour rien.

Du coup, je continue le boulot. C'est que je veux mon congé jusqu'à début octobre moi !

(Il est quand même temps que ça s'arrête bientôt, parce que j'ai rêvé cette nuit que j'étais à la maternité, et que je n'avais pas ma valise, c'était la grosse panique. En vrai, je l'ai toujours pas faite)

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30 mai 2011

9 mois (attention, glamour inside)

Voilà, j’entre dans le neuvième mois de cette grossesse.
Ca sent la fin. Je suis énorme, j’ai gonflé, et pourtant, je savoure ce dernier trimestre qui est de loin le plus agréable des trois. Faut dire qu’entre l’angoisse d’une mauvaise nouvelle au premier trimestre, le décès de papa à 3 mois, les nausées, les coups de fatigue qui ont perduré jusqu’à la fin du second, et cette gamine qui est beaucoup plus active in utero que son grand frère, j’étais gâtée.
Les grossesses sont vraiment toutes différentes, j’en ai eu la preuve. J’espère maintenant que les accouchements seront aussi différents !
En France, je n’avais pas droit à la péridurale, alors qu’en Belgique, j’y ai droit 12h après ma dernière injection de Clexane (l’équivalent de Lovenox ici). Cette porte de sortie m’offre la bouffée d’air dont j’ai besoin. Je ne dis pas que je vais l’utiliser, mais juste savoir que cette possibilité existe me rassure. Que, dans le pire des cas, j’aurais 12h à souffrir. Alors que j’ai tenu 18h pour le premier, sans savoir qu’au bout du compte, on m’autoriserait tout de même la péri.

Du coup, c’est pour le post partum que j’ai peur… Sans avoir aucun hémorroïde durant toute ma première grossesse, j’ai découvert cette horreur à l’accouchement, avec en prime un déplacement du coccyx. Et pour celle-là, je me coltine des hémorroïdes depuis le 2ème mois…
Ravie, je suis ravie.

J’avais dit glamour, ne vous plaignez pas, j’avais prévenu.


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13 mai 2011

Vague de tristesse

Hier, j'avais préparation à l'accouchement.

Après les mouvements de relaxation, respiration, on fait un peu de sophrologie. Je suis venue pour ça, pour me détendre. C'est l'objectif principal, pour moi, de cette préparation. Je suis une boule de nerfs, et je suis sure que si j'avais eu des techniques de relaxation, des méthodes de respiration, mon premier accouchement aurait été nettement moins long.

(Je rappelle qu'il a duré 22 heures en tout, dont 18 sans péridurale. Ce souvenir magnifique et atroce en même temps est à découvrir en septembre 2007, dans les archives)

(Oui, au boulot, je ne peux pas mettre d'images ni de liens dans mes posts. C'est comme ça.)

Bref, on se détend, je suis à la limite de l'endormissement. Elle nous passe une musique à base de "mon bébé, mon amour", le genre de truc qui me font pleurer, alors je verse une petite larme - j'ai appris après que je n'ai pas été la seule, ouf, je suis normale, c'est une question d'hormones - puis elle nous demande de repenser à la première fois où bébé s'est manifesté.

Mauvaise pioche.

C'était le jour de l'enterrement de papa.

J'ai passé le dernier quart d'heure de la séance à pleurer.


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11 mai 2011

C'est officiel...

... j'ai gonflé.

Avec les premières chaleurs, mon syndrome de fin de grossesse est revenu : je porte mon alliance en collier, parce que mon doigt allait se détacher tout seul à force d'engorgement.

J'attends stoïquement le moment où je ne rentrerai plus dans mes chaussures.

(Mais que la grossesse m'incite à faire des posts intéressannnnnnnnnnnnnts, c'est fou)

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