19 juin 2012

La vérité aux enfants

Par maritxu

Et pourquoi pas ? Moi, je n’aime pas mentir. Attention, mentir, je sais très bien faire, même que de l’avis général, j’aurais dû faire du théâtre tellement je mens bien, mais à vrai dire, mentir, j’aime pas. Je préfère balancer la vérité, quitte à ce qu’on s’engueule franchement, je trouve ça plus sain.

Avec les enfants, c’est pareil, mentir, j’aime pas. Je préfère qu’ils pleurent un bon coup, j’explique le pourquoi du comment (souvent c’est pourquoi je ne vais pas lui acheter des bonbons/le dernier magazine hors de prix avec un gadget de spiderman dedans qui va avoir 2 jours de durée de vie), et le plus fort dans tout ça, c’est que mon loupiot comprend. Oh, il râle, mais il comprend. « C’est cher. » « Tu en as déjà eu un la semaine dernière. » Ou encore l’ultime « Mais on ne va quand même pas acheter une bêtise à chaque fois qu’on sort de la maison !? Faut être un peu raisonnable tout de même !»

Moi, je suis scientifique. Alors imaginez, dire la vérité, j’attends que ça. Pourquoi le ciel est bleu ? D’où vient la pluie ? Il y a des gens sur la Lune ? Toutes ces questions, j’ai les réponses. Les scientifiques. Alors, quand récemment il m’a fait remarquer que c’était pas normal de voir la Lune le jour, j’ai commencé par lui répondre que bien sûr que si, c’était tout à fait normal, et que s’il voulait, je pouvais lui expliquer pourquoi.

Il m’a répondu non.

VOILA pourquoi il FAUT dire la vérité aux enfants. Ils se forgent leurs propres limites. S’ils sont trop petits pour comprendre quelque chose, ils ne demandent pas, c’est aussi simple que ça.

Deux minutes après son non, il me dit qu’en fait si, il veut savoir.

Je commence simple : la Terre est ronde, elle tourne autour du Soleil, et la Lune tourne autour de la Terre… et bim, je l’avais déjà perdu. Il avait décroché, c’était trop compliqué pour lui.

L’autre jour, il m’a posé une question sur les bébés. J’étais étonnée, il est un peu jeune pour les questions d’ordre sexuel, mais j’étais prête à répondre à tout.

- Maman, à l’école mon copain m’a dit que les bébés ils venaient des fleurs, c’est vrai ?

- Bien sûr que non ! Tu as bien vu que Pucine était dans mon gros ventre avant de naitre. Rien à voir avec les fleurs !

J’avoue avoir sauté une respiration, de peur qu’il me demande comment les bébés sortaient, mais non, il était ravi de sa réponse et courait déjà vers d’autres aventures. Pas besoin de mentir. Les enfants n’absorbent que ce qu’ils sont capables d’absorber.

Un dernier contre-exemple et je vous fiche la paix :

J’ai décidé de ne pas lui mentir sur le père Noël. Je voulais qu’il remercie les gens pour les cadeaux, et pas qu’il croie que ça tombe du ciel tout cuit. Je lui ai clairement dit que le Père Noël n’existait pas.

Un jour, il revient de l’école :

- Killian m’a dit que le Père Noël, il existait.

- On en a déjà parlé, je t’ai dit que non, c’est une histoire.

*Un blanc*

- Moi ça m’embête que le père Noël n’existe pas.

Je sens bien que ça le tracasse vraiment. Il faut que je lâche du lest.

- Pourquoi, tu penses qu’il existe toi ?

- Oui, moi je crois que oui.

- Tu sais, si tu as besoin d’y croire, tu peux. On a parfaitement le droit de croire aux histoires. C’est ça qui fait la beauté des histoires.

- Alors moi je veux que le Père Noël existe !

Voilà pourquoi il faut dire la vérité aux enfants. Quand ils ne sont pas prêts à l’entendre, ils te disent carrément qu’ils ne sont pas d’accord. Je trouve ça génial.

Et MON contre-exemple à moi, comme on ne peut pas être parfait tout le temps, je lui ai raconté que St Nicolas était vrai. Honte à moi. Mais d’un autre côté, St Nicolas il vient chez toi pour t’apporter tes cadeaux, avec ses noirs, alors il c’est dur de lui raconter qu’il n’existe pas !


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18 juin 2012

... P'tit con, va

Par Maritxu

Je me change dans la salle de bain devant le Demi-Belge. Il me regarde de travers, me touche le dos.
- Tu as des boutons maman. Moi je crois bien que tu nous fais un début de varicelle.

Comment te dire mon cher fils ? Non, ce n'est pas une varicelle, c'est de l'acnée, la plus grande plaie de ma vie, ce pourquoi j'ai fait une phlébite ET une embolie pulmonaire, à cause de quoi je me traine un bas de contention à vie, qu'à bientôt l'âge du Christ j'ai encore et toujours ces salopards de petits et gros boutons de toutes les couleurs qui me parsèment la trogne, le dos et le décolleté, que ça n'a absolument pas l'air de s'arranger avec l'âge, que des fois ils font mal, que j'ai tout essayé, de la crème la plus douce aux brosses les plus dures pour les faire partir, et que comme rien ne marche, j'ai décidé de ne rien faire, que j'ai choisi (entre autres) ton père parce qu'il s'en cogne de mes boutons (et c'est heureux), et que, malheureusement, vue la génétique, tu vas AUSSI en subir un paquet à ton adolescence, et que je m'en excuse d'avance...

- Non mon chéri, ne t'inquiète pas, je l'ai déjà eue la varicelle.

(... P'tit con, va.)

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07 juin 2012

Âge

Par Maritxu

Je viens chercher mon fils à l'école, avec ma fille dans les bras, comme tous les soirs. Pas comme tous les soirs, la gardienne habituelle n'est pas là, c'est une des maîtresses que je ne vois pas souvent qui assure la garderie.
La maitresse demande au demi-belge quel âge a sa petite soeur.

- Elle n'a pas d'âge ma petite soeur, elle n'a que des mois !

Well done, petit malin !

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24 mai 2012

Quand je serai vieille

Par Maritxu

Dans la voiture, une petite voix :
- Moi j'aime bien aller chez Madie. Elle est gentille ta Maman, tu sais, Maman.
- Je le sais bien qu'elle est gentille ma Maman. Moi aussi j'aime aller chez elle.
- Tu sais Maman, quand tu seras vieille et pas encore morte, moi aussi je viendrai te voir, parce que je t'aime encore pluuuus fort que ça.

*Love*

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25 avril 2012

Ma fille est folle.

Par Maritxu

Pucine a 10 mois.

Depuis toute minotte, elle tente de se mettre debout par tous les moyens, en s'agrippant à tous les supports possibles et imaginables - en général, moi, car dès que je m'éloigne d'un demi-mètre, les sirènes se déclenchent.

Depuis deux semaines, elle sait s'assoir toute seule, et se lever toute seule. Plus précisément "se hisser debout à la force des bras" toute seule. Sauf qu'elle n'a pas la plus petite notion d'assurance, d'équilibre, de vide, de danger.

Se mettre debout contre le fauteuil en mousse en le prenant par l'accoudoir ? Facile, elle s'y est pris à 3 fois parce qu'il versait tout le temps avant qu'elle ait le temps de se lever. La 4ème fois, il a versé alors qu'elle était appuyée dessus. Normal.

Les chaises pliantes de la cuisine ? Challenge ! Non contentes d'être assez légères pour être poussées, le sol est glissant, alors il n'est pas rare de trouver Pucine, accrochée avec la dernière volonté à un barreau, les pieds au point le plus éloigné de son axe de gravité. Hurlant à l'aide, évidemment, sinon ce n'est pas drôle.

Le bain est devenu une foire d'empoigne. Non seulement elle fait un carnage dans tous les flacons qui tombent à portée de sa main, mais en plus elle trouve beaucoup plus fun de passer tout son temps aggripée au rebord de la baignoire. C'est mission quasi impossible de lui laver les cheveux. Et quand elle fatigue un peu, facile, elle se lache, et retombe dans un ordre dispersé sur l'autre bord. Aïe.

Le pire, c'est qu'elle ne tire aucune leçon des bosses qu'elle collectionne. Quand je pense que son frère était la prudence incarnée...

On va lui acheter un casque, il n'y a pas d'autres solutions.

Ha oui, et on va ressortir les barrières de sécurité aussi. Expliquez-moi pourquoi j'ai cru pouvoir m'en passer ??


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14 mars 2012

Mes collègues

Par Maritxu

Il y a 2 mois, pendant les vacances de Noël, il y eu un jour de trou entre la fin de mes congés et le début de la plaine de vacances du Demi-belge. Plutôt que de prendre un jour de congé supplémentaire, je l'ai emmené avec moi au bureau.
On était équipés : ordinateur portable pour les dessins animés, feutres, coloriages, livres d'activités, "J'aime lire" à écouter, bref, la grosse totale pour qu'il puisse s'amuser tout seul. J'ai un enfant sage, j'étais à peu près confiante. Lui était positivement ravi de m'accompagner, moi je savais que ce ne serait pas une partie de rigolade.
Il a été parfait. Il s'est ennuyé à mourir, mais il a à peine moufté. Je l'avais prévenu que ce serait long, ça a été long. Tous mes collègues ont été impressionés par sa sagesse, et sa patience. Pour un mouflet de 4 ans, rester (presque) sans bouger pendant toute une journée de bureau, c'est pas facile. Il l'a fait.
Par contre, il n'est pas prêt de le refaire ! Maintenant, il ne me fait plus de crise pour m'accompagner au bureau : il est venu, il a vu, il a vaincu, mais une fois ça suffit.

Ce qui est rigolo, c'est que 2 mois après, tous les matins avant de partir (c'est devenu un rituel), il me dit : "et tu embrasseras tous tes collègues de ma part"
Esprit corporate, déjà ?

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08 mars 2012

le plus beau

Par Maritxu

Moi : Tu es le plus beau petit garçon du monde entier !
Demi-Belge : Presque.
Moi : Comment ça presque ? Qui est le plus beau ?
Demi-Belge : Papa et moi.
Belge (du fin fond de la cuisine) : C'est bien mon fils !

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13 février 2012

Horaires

Par Maritxu

Hier soir, lancement de la procédure de nuit à 19h30. Atterrissage dans le lit à 19h45, fin de l'histoire à 20h05.
Nous sommes dans les temps. C'est qu'il y a école demain madame.

20h10 - "Je veux refaire pipi"
20h15 - "mhouhahahauouuu" (oui, ma fille pleure comme un chat)
20h20 - "Pucine m'a réveillé" (sans blagues)
20h30 - "Maman, j'ai mal au piiiiiiiieed"
20h45 - Recouchage du grand
20h46 - Réveil de la petite
21h02 - On lache l'affaire, elle redescend avec nous. Mon Belge reste avec son fils pour le rendormir.
21h15 - Mon Belge redescend, la Pucine ne manifeste aucun signe d'endormissement. Pire, elle est charmante, fait des sourires et joue avec nous.
21h45 - Bon, on y retourne, elle va bien finir par être fatiguée.
21h50 - J'ai l'impression que ça y est, elle a fermé les yeux.
21h51 - Je me fais (enfin) couler mon bain. Belge va fumer dehors.
22h00 - "Maaaaaamaaaaan !!! J'ai mal au piiiiiied" (mais je suis dans l'eau moiiii)
22h01 - "Whaouuuhahahahahiiiiouuuu" (comme de bien entendu)
22h05 - Le Demi-Belge a un bandage autour de son pied pour son mal imaginaire artisitiquement fait par son père.
22h06 - Fin du bain, faut bien rendormir la monstresse.
22h10 - Tout est calme.
22h30 - Anticipant une nuit des plus grandioses, je vais me coucher, histoire de faire des réserves de sommeil.
23h00 - Mais que fait le Demi-Belge dans mon lit ? Veux-tu bien retourner dans ta chambre ? Ha ? Pucine pleure et papa la console ? Bon, ok, tu peux rester un peu.

5h00 - "Mwawwawhahahhouuuhahwawa"
5h01 - Tétine
6h00 - Mouhouhahahahaouhouhou"
6h01 - Tétine
6h10 - Tétine
6h15 - Bon ok, ça marche pas, on mange, t'as gagné.
6h30 - "Maman, je peux venir avec vous ?"

Mais qu'il est doux de retrouver ses enfants après 3 jours d'absence.
Vous m'aviez manqué.

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26 janvier 2012

La jalousie : un mythe ?

Par Maritxu

Depuis que la Pucine est née, j’ai l’impression que la question qui revient le plus souvent c’est : « le grand frère est-il jaloux ? » Dès que je réponds que non, ce n’est pas le cas du tout, l’immense majorité des gens me répondent « ha ben chez moi non plus, on n’a pas eu de problème ».
Question : la jalousie entre frères et sœurs est-elle un mythe ? Vraiment rares sont les gens que je connais qui ont eu le problème.

Je lisais récemment sur l’excellent blog de Mme Sololine sa méthode pour que tout se passE bien à l'arrivée d'un enfant. Je n’ai pas DU TOUT fait la même chose. Parfois même franchement le contraire. Et tout se passe pourtant très bien des deux côtés. J’en déduis donc qu’il n’y a pas de méthode miracle, et qu’il faut, encore une fois, faire à sa sauce sans écouter les autres. 

Nous on l’a dit au Demi-Belge dès que ça a commencé à se voir. Faut qu’on était contents comme tout, puisqu’on avait raté la précédente. C’est aussi pour ça qu’on a attendus d’être bien surs pour l’annoncer.

Par contre, on l’a entouré de beaucoup de précautions : c’est dans très longtemps, t’inquiète pas, on a le temps, tu seras presque en vacances, etc.

Quand j’ai commencé à devenir baleine, il m’a appelé sa maman-ballon, c’était adorable. Là on a commencé à nuancer l’arrivée du bébé : tu ne pourras pas jouer tout de suite avec, ça ne sait rien faire un bébé, ça pleure beaucoup, elle dormira avec nous pour ne pas te réveiller la nuit, etc, encore une fois. En gros, on a bien insisté sur les points négatifs pour ne pas qu’il soit surpris à l’arrivée. Ensuite seulement on lui parlait du positif : elle fera des sourires, elle sera en admiration devant toi, son grand frère, tu pourras la faire rire, lui donner le biberon… on a fait gaffe à ne pas en parler trop non plus, pour ne pas l’étouffer avec. Il fallait que nous continuions à vivre pour lui aussi, et pas juste pour le bébé à venir.

Puis, à la naissance, on l’a réveillé la nuit pour lui annoncer notre départ à l’hôpital. Etant donné que j’ai accouché à 5h23, mon Belge est retourné à la maison pour aller le chercher avant son départ à l’école, et c’est tout excité qu’il est venu découvrir sa petite sœur. Je l’ai d’entrée pris dans mes bras, dans mon lit, avec la Pucine. Il était vraiment associé à la naissance, impliqué. Il répétait « c’est MA p’tite sœur, je suis un grand frère ». Il est revenu tous les jours, mais jamais très longtemps, pour ne pas qu’il s’ennuie. Ma mère a été une baby-sitter formidable tout au long de mon congé maternité.

Nous n’avons pas transformé l’arrivée de la Pucine à la maison en grand’messe. Mon Belge est venu me chercher tout seul, et je suis ensuite allée chercher le demi-belge à l’école avec la Puce, pour la présenter à toute sa classe. Il était fier comme un pou.

Au jour le jour, ensuite, tout s’est fait naturellement. Nous avons fait attention à lui porter autant d’attention qu’avant. Nous nous réservons des moments entre nous. Je le laisse faire beaucoup de choses avec sa sœur, il faut bien qu’elle aussi apprenne à vivre avec un grand frère.

Bref, beaucoup d’intuition, la vérité sans fioritures, et ne pas en faire une affaire d’état, je pense bien qu’on peut tout résumer dans ces trois points.

En plus, comme la Pucine est une enfant particulièrement facile et qui pleure très peu, l’intégration a été d’une facilité presque confondante. En gros, ils s’adorent. Je ne sais pas combien de temps ça va durer, alors je profite.

 

La semaine dernière, j’ai quand même posé la question à mon Demi-Belge : « Tu trouves qu’on aime plus la Pucine que toi ? » Il m’a regardé d’un air effaré « ben non ! » « et tu trouves qu’on t’aime plus que la Pucine ? » « Ben non, c’est pas possible ça, c’est pareil nous deux ! » Le tout sans une hésitation.

J’ai comme l’impression d’avoir gagné le prix de la meilleure mère.

Sauf que la mienne est mieux, je sais.

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11 janvier 2012

Chose promise...

... chose due !

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