05 novembre 2014

J'ai rencontré Moebius

Et c'est vrai.

Je ne sais pas pourquoi j'ai envie de vous raconter cette histoire aujourd'hui, mais cette rencontre reste un moment fort de ma vie, et je suis heureuse de la fixer sur le support immatériel de ce blog.

Jean Giraud, alias Gir, alias Moebius est un dessinateur de bandes-dessinées touche à tout, mais principalement de science-fiction. Si vous n'y connaissez rien en BD, il est cependant possible que vous ayez entendu parler de Blueberry. C'est lui, dans un style de dessin plus conventionel. C'est un de mes dieux. Il est mort en mars 2012, et le monde de la BD a encore du mal à s'en remettre.

L'ouvrage préféré de ma bibliothèque, un des premiers que je me suis offert après l'avoir lu et relu en bibliothèque, celui que j'ai le plus prêté et donc le plus abîmé, celui que je chérirai pourtant jusqu'à la fin de mes jours, c'est mon intégrale de l'Incal, de Moebius et Jodorowsky.

 

Tout à fait par hasard, en 1996, dans une librairie pas loin de chez moi et dans laquelle je n'étais pas habituée, je tombe sur le flyer que Jean Giraud va venir dédicacer un soir pour Mister Blueberry. Je bloque. Jean Giraud. Moebius. L'Incal. Je fonce au comptoir pour demander des précisions. Faut-il s'inscrire ?  Non, non, il suffit dêtre là un peu avant, ils fermeront la boutique pour être au calme.

LA CLASSE.

La semaine passe à toute allure. Le jour J arrive. J'ai choisi ma tenue avec soin; je me rappelle avoir mis un vernis très particulier, à l'exacte frontière entre le bleu et le vert, en me disant qu'il était immettable et qu'il allait l'apprécier. Quiconque a feuilleté l'incal avec ses couleurs originales comprendront. Quant aux autres, il leur suffira de savoir que justement, ils ont changé toutes les couleurs dans une édition ultérieure...

J'entre dans la librairie avec deux heures d'avance, mon Incal sous le bras.

Là, le drame. Le gars auprès de qui je me renseigne me dit qu'il fallait un ticket. Qu'ils réservaient la dédicace aux habitués de la librairie pour ne pas avoir trop de monde.
Drame.
Je ne fonds pas en larmes, mais presque, j'ai 17 ans, je suis en transe, je lui explique que c'est mon auteur préféré, que je veux juste le voir, que je ne dérangerai pas, promis, promis, juré, je reste au fond et je le regarde, bref, je le saoule tellement qu'il accepte. Nous serons deux dans ce cas là, présents mais sans ticket.

Il arrive. La boutique est pleine de monde, une trentaine de personnes, je ne suis pas grande, je ne le vois pas. Au bout de quelques temps, les gens ayant eu leur dédicace et partant graduellement, ça s'éclaircit. Je me rapproche. J'ai réussi à me poster derrière lui, pas trop près pour ne pas le déranger, mais pas trop loin pour pouvoir le regarder dessiner.

C'est formidable. Je pense être restée une bonne heure à le regarder. Il fait 3 coups de crayon, et au 4ème qui lie le tout, hop ! Un cheval. C'est magique.

A un moment, il se retourne vers moi -MOEBIUS ME REGARDE !!- pour regarder mon Incal :
"Tiens, vous avez l'édition intégrale ? Je peux la voir, je ne l'ai jamais vue encore ?"  -MOEBIUS ME PARLE !!-
"Elle est sympa, la couleur de vos ongles" -MOEBIUS A NOTE MON VERNIS !!-

Franchement, je ne sais absolument pas ce que je lui ai répondu. Je sais que j'essayais désepérement de paraitre intelligente, c'est tout.

Un peu plus tard, il se retourne vers moi et me demande "Depuis le temps que vous attendez, ce n'est pas votre tour maintenant ?"
Je fonds.  -MOEBIUS SE PREOCCUPE DE MOI !!-
Je lui explique le coup du ticket, ma promesse de ne pas l'embêter, tout ça. Il me fait un clin d'oeil "Je pense que je vais pouvoir rester un peu plus pour vous faire un petit quelque chose". Une soupape vient de sauter en dedans de moi. J'ai l'impression que la gravité ne m'affecte plus : la preuve, mes pieds flottent à 15 cm du sol...

Du coup, on a discuté un peu, le temps que la boutique se vide. C'est marrant, dans mon souvenir, il n'a discuté qu'avec moi, alors qu'il y avait des tas de gens qui devaient aussi avoir des tas de choses à lui dire. J'ai dû occulter, et je m'en fous.

Il m'a fait à la toute fin un immense John Difool, et j'ai même l'impression qu'il y a mis plus de coeur que les autres dessins d'avant. Et lui qui m'avait expliqué qu'il mettait toujours la date, il l'a oublié sur mon album...

Tout ça reste un des meilleurs souvenirs de ma vie.
Merci pour tout Moebius, vraiment, merci.

 

 

Posté par Maritxu à 12:05 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

03 novembre 2014

Le couple

Une année à le détester. Une année à avoir envie que tout se termine. Une année blanche où je me suis fait marcher dessus. Une année à encaisser sans répondre.

Je suis allée consulter. Moi, la fanfaronne, qui pensais que psy était vraiment la profession la plus inutile au monde, je suis allée en voir une. Pour faire le point sur moi. Pour me donner des pistes. Pour m'entendre dire que je n'étais pas la plus nulle et que c'était sa faute.
Elle m'a écouté. Ca m'a fait un bien fou. Etre écoutée sans jugement, être crue sans devoir sans cesse apporter des preuves, c'était un sentiment que j'avais oublié. Elle m'a répété souvent "et vous acceptez tout ça ?". Je l'ai pris comme un "Que faites-vous encore avec lui ?". J'avais tort. Il fallait comprendre "Vous n'avez pas à accepter ça." Il suffisait de dire "Non, ce comportement n'est pas acceptable".

J'ai explosé. Je lui ai balancé mon mal-être, j'ai mis le divorce sur la table. Sans rire. Droit dans les yeux.

Nous sommes restés ensemble, pour les enfants. Pour les enfants, et grâce à ma formidable belle-famille (surtout ma belle-soeur), nous sommes allés voir une psychologue de couple.

J'attendais ça. J'étais impatiente. J'étais angoissée qu'il triche.

Il n'a pas triché. Il a eu la même attitude devant elle qu'avec moi. J'ai pris conscience qu'il avait des blocages vis-à-vis de moi. C'est peut-être une impression, mais la psy s'est vraiment concentrée sur lui. Je pense qu'il a pris conscience de quelque chose aussi.

Une seule séance, et je note déjà le mieux. Beaucoup de choses sont non résolues encore, et je le lui ai dit. Mais le mieux est là, c'est certain. la discussion est réouverte. La semaine de Toussaint sans les enfants nous a permis de nous retrouver. Une seule séance. je n'en reviens pas.

Je recommence à me sentir bien. Parce que maintenant, je sais dire non. Je peux dire mes peurs sans qu'en face je ne sente une dépréciation de mes sentiments, ou carrément une haine de moi.

Nous faisons des efforts. C'est bien. Est-ce que ça vaut le coup ? Peut-être bien. Oui, peut-être bien.

Encore une fois, tout n'est pas réglé, et je n'ai pas envie qu'il m'accompagne à Noël, dans ma famille. C'est mon choix, pas celui de ma famille, et je le lui ai dit. Je lui ai dit aussi qu'il faudra qu'on en discute, devant la psy. Il n'a pas tempêté, pas essayé d'en parler, il a juste hoché la tête. A-t-il compris ? Je ne sais pas, je ne pense pas, mais il respecte ma décision.
Le jour où il la comprendra, on aura gagné.

Posté par Maritxu à 11:08 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
30 juillet 2014

Anniversaire

Par Maritxu

Dimanche, c'était mon anniversaire. 35 ans. Ca fait vieux 35 ans ? J'ai l'air vieille ? En fait, je m'en fiche un peu. J'ai d'autres choses à penser en ce moment.

Je n'avais rappelé la date à personne. Je suis allée seule voir mes enfants chez mes beaux-parents. Comme ils ne sont pas très à cheval ni sur les dates ni sur les célébrations, et qu'on avait en plus magistralement oublié l'anniversaire de mon beau-père la semaine dernière, je me suis bien gardée d'en parler.

Et le matin, j'ai eu des fleurs fraichement coupées, et une carte de mes enfants, qu'ils leur avaient fait faire. J'étais émue. Pas de cadeau  matériel, mais le meilleur cadeau qui puisse être : une sieste avec mes enfants.

Tout le monde était fatigué d'une journée "festival médiéval" de la veille, et malgré les protestations de mon grand, j'en ai pris un sous chaque bras, dans mon grand lit. Je ne savais pas si on réussirait à dormir, entre les gigotages de la Pucine et les "mais j'ai pas sommeil moi" du Demi-belge. Tout le monde s'est endormi contre moi en dix minutes à peine.

Et moi, coincée entre mes deux mouflets, j'ai sombré également en pensant que je n'échangerais ma place contre rien au monde. 

Nos trois respirations emmelées étaient mon plus beau cadeau d'anniversaire.

Posté par Maritxu à 11:11 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
10 juillet 2014

En attente.

par Maritxu

 

J'ai l'impression d'être dans un aéroport, en transit, descendue d'un vol et pas encore montée dans ma correspondance.
Pour des tas de raisons que j'évoquerai peut-être plus tard ici, je suis obligée de rester dans cette zone d'attente encore quelques semaines. Cela ne m'enchante pas. J'ai envie de faire plein de plans d'avenir, mais ça me fait pleurer, et "on" m'a conseillé de vivre dans le présent.
C'était vrai que je projetais trop et que j'oubliais de vivre l'instant. J'y travaille. Voyez, je pense même à vous, lecteurs du blog qui trouvent le temps long entre deux anecdotes enfantines.
Ma vie n'est pas drôle en ce moment, mais je m'occupe à la rendre plus belle. Pour l'instant, la seule façon de faire, c'est d'attendre. J'enrage d'être la spectatrice de ma propre vie.

Heureusement, les enfants sont là.

J'ai même eu des compliments sur Pucine à sa plaine de vacance !! On m'a rapporté qu'elle était facile, sage et qu'elle suivait les instructions. Surréaliste. Voyez, rien n'est impossible.

Posté par Maritxu à 11:39 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
30 septembre 2013

En fait, t'es un mec verni

Par maritxu

 

Un soir au creux du lit, je discute avec mon belge :

"En fait, t'es peinard toi, tu travailles comme un dingue et du coup je te passe tout, la maison tourne sans toi, tu rentres les enfants sont lavés, en pyjama, tu ne t'es occupé de rien, les lessives se font toutes seules, tu ne décides de rien le week-end, tu suis le mouvement, tu ne fais même pas ta propre valise, tu n'as pas à te préoccuper des factures, elles sont payées en temps et en heure, je pense à ta place à tes rendez-vous, même professionnels des fois, t'as même pas à chercher une copine, elle est déjà dans ton lit. En gros, tu restes avec moi par confort. Non ?"

"Et en plus, tu fais tout ça gratuitement, ça me coûterait vachement cher si je devais payer pour ça".

"..."

"ben quoi ?"

"Bon, je vais bouder 10 minutes, et je reviens."

"Tu l'as cherché non ?"

"Oui, oui, je sais, je te dis que je vais bouder 10 minutes et je reviens"

Posté par Maritxu à 11:49 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

23 septembre 2013

Madame, vous n'avez rien.

Par Maritxu

 

C'est un syndrome. Chez moi en tous cas.

Je m'occupe assez mal de moi, même si je me plains souvent. Ne me jetez pas la pierre, c'est un trait de caractère typiquement féminin, et pour une fois que je donne dans la fifille, je ne vais pas arrêter. (D'autant que ça ne marche pas DU TOUT avec mon Belge, alors je ne fais de mal à personne).
Donc, quand je vais chez le médecin, c'est que je ne vais pas bien, mais alors pas bien du tout, et qu'en plus, ça fait longtemps que ça dure. Et à chaque fois, je n'ai rien. Rien du tout. Rien de diagnostiquable en tous cas.

Tiens, l'autre jour, j'ai de la fièvre et des courbatures, je trouve 2 tiques dans mon bain (APRES MA FIEVRE, hein), donc, lien de cause à effet, paf, je me fends d'une visite. Je suis stressée-fatiguée, m'entends-je dire.

La semaine suivant, je crève de mal à la jambe, du coup, j'hésite fortement à aller chez le médecin, pour m'entendre dire encore une fois que c'est dans ma tête. Bon, j'ai trop mal, je vais en voir un autre (je ne suis pas maso), et -je vous le donne en mille- il ne me trouve rien. Pourtant, par acquis de conscience, il m'envoie passer un doppler. Ben j'avais bel et bien une phlébite ! Ca m'a grandement rassuré sur ma santé mentale.

Depuis la grossesse du Demi-belge, je me cogne des hémorroïdes. 6 ans. Et depuis un an, ces saletés commencent à vraiment handicaper ma vie. Je consulte enfin la semaine dernière. J'ai rien. Il ne peut rien faire, puisque selon lui, il n'y a rien à soigner. Super, je peux continuer à ne plus pouvoir marcher plus de deux heures en ayant la satisfaction de savoir que je n'ai rien. La douleur est dans ma tête aussi ?

Ha, et l'après-midi du même jour, j'ai hématoloque pour cette histoire de nouvelle phlébite. Devinez un peu ce que raconte la prise de sang ? Mais RIEN, ma bonne dame, elle ne raconte RIEN DU TOUT ! je n'ai AUCUNE anomalie de la coagulation !

Comme a dit la grand-mère de mon belge, je mourrai un jour en bonne santé, vous allez voir.

 

Posté par Maritxu à 12:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
05 juin 2013

La Baraka

Par Maritxu

Papa avait un don bien utile dans la vie : il trouvait des places de parking. Ca n’a l’air de rien comme ça, mais je vous assure que dans Paris, c’est formidable. Où qu’il aille, à quelque heure que ce soit, il se garait devant sa destination.
Bon, j’enjolive probablement, mais cette réputation était méritée parce que souvent vérifiée.

On peut croire en ce qu’on veut ou en rien, mais depuis qu’il est mort, on a tous l’impression que cette baraka nous a été transmise. C’est peut-être subjectif. Peut-être pas. C’est peut-être notre façon de le faire vivre en nous encore. Une occasion supplémentaire de penser à lui au quotidien. On n’en sait rien, mais on profite.

Parce qu’avoir des places à la demande, c’est un peu le pied.
Maintenant, je passe systématiquement devant ma destination, même si je trouve des places avant, juste au cas où. Et l’immense majorité du temps, je me gare à moins de 10m. Ma famille, c’est pareil.

Indépendamment de ça, j’ai décidé de pousser la chance plus loin.

Pour la garde de la Puce, j’avais décidé qu’un place en crèche c’était comme une place de parking, et donc je n’ai fait qu’une seule demande, dans la crèche que je voulais, à 50m de l’école du Demi-Belge.
Fangio.

Déjà quand je me suis inscrite, on m’avait laissé peu d’espoir. On verra bien, me suis-je dis.
Quand Pucine est née, on m’a dit que j’étais loin sur la liste d’attente. Septembre arrive, il y aura des entrées à l’école me suis-je dit.
Un mois après la naissance, j’étais toujours 7e sur la liste d’attente.
Deux mois après la naissance, je suis toujours 7e. Pour une entrée dans un mois.
Je passe en personne à la crèche, et là on m’explique que c’est mort, parce que des tas de gens me passent devant : ils donnent la priorité aux fratries. La nana me demande où j’en suis de mes autres demandes. Nulle part, évidemment. Je n’ai même pas une solution de secours.

Booon. Apparemment, les places en crèches ne sont pas comme des places de parking. Je change mon fusil d’épaule, dégaine l’artillerie lourde, à savoir la liste des crèches entre chez moi et mon boulot et je les appelle toutes. Elles sont toutes saturées. Je m’inscris sur 14 listes d’attente, au moins.

Le lendemain, une crèche me rappelle et me propose des jours épars dans la semaine, pour combler les trous de son emploi du temps. C’est toujours ça, et ça me permettra de reprendre au moins à mi-temps. J’accepte.
Le surlendemain, la crèche la plus proche de chez moi me rappelle : « j’ai un plein-temps qui vient de se libérer ». Exactement ce qu’il me fallait, à la date qu’il me fallait.

J’annule la première crèche, et quand on remplit les papiers, la directrice me précise : « En 20 ans de métier, des annulations comme ça je n’en avais jamais eu. C’est une sorte de miracle, vous savez ? »

Je sais.
Merci papa.

Posté par Maritxu à 12:14 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
17 avril 2013

Je tousse

par Maritxu

Je tousse, et pas qu'un peu. Une saleté de toux sèche d'irritation qui a fait dire à ma mère en boucle toute ma semaine de vacances, "ce serait bien d'arrêter de fumer, non ?". Elle a raison, mais non. En plus, Demi-belge tousse aussi, et à lui, personne ne lui demande d'arrêter de fumer.

J'avais dans un premier temps mon remède de grand-mère miracle qui fonctionne contre toute idée recue : l'oignon coupé en deux posé au pied du lit. Sans rire, quand j'ai lu ça sur internet, je me suis dit que c'était tellement simple, qu'il fallait essayer. Et ça marche.
Sauf que là, la toux n'est pas passé toute seule. Inutile d'aller chez le médecin, je sais parfaitement qu'il va nous diagnostiquer une magnifique trachéite, à mon fils et moi, on connait, on est des habitués. Je suis donc passée à la pharmacie hier pour acheter un sirop "toux sèche" pour enfants, histoire de compenser le sirop "toux grasse" vendu en France, qui, évidemment, n'avait eu aucun effet. Demi-belge a eu une rasade hier soir, et il a plutôt bien dormi. Moi aussi, je m'en suis servi, mais je dois être d'une autre nature, parce que je n'ai pas vu la différence.

J'étais donc en train de décéder de fatigue à tousser dans mon lit, vers 1h30 du matin, quand je sens mon Belge se lever et descendre à la cuisine. Je suis trop fatiguée pour ouvrir les yeux, ma bouche travaille déjà pour deux. Il revient avec un plateau complet :
- des pastilles au thym pour la toux
- DEUX oignons coupés
- un spray pour la gorge
- une casserole d'eau chaude avec des gouttes à l'eucalyptus dedans
- un mug bouillant de lait aux herbes de provence et au miel

"Tu m'empêches de dormir"
(N'est-il pas adorable ?) - Cette phrase, dans ce contexte particulier, peut être prise au premier ou au second degré, au choix. - Ou comment mon Belge arrive à être désagréable en faisant des choses gentilles.

Je goute mon lait. "Berk, t'as mis quoi dedans ?"
Il se marre : "Du cognac"
Croyez-le ou non, ce cocktail détonnant a eu raison de ma toux en 2 minutes. J'ai tout pris en une fois, et j'ai dormi comme un bébé.

Merci Chéri.

Posté par Maritxu à 09:16 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
19 décembre 2012

Un peu de féminisme

Par Maritxu

Une amie m’a dit un jour que je pouvais ranger mon féminisme si je m’estimais traitée à égalité avec les hommes. S’il est vrai que dans mon métier et dans ma vie en général, je prends ma place et je m’affirme à l’égal des hommes, il m’arrive de m’insurger. Je prends ma cape et mon épée, bougez pas, j’arrive.

Ce midi, à la radio, je prends en cours une émission sur l’avortement. Apparemment un collectif demande l’abrogation de la loi dépénalisant l’avortement en Belgique (loi de 1990 seulement). Au téléphone, des « pro-vie » clament le droit à la vie des fœtus. Je mets quelques minutes avant de percuter : que des hommes. Que des hommes qui se permettent de dire des choses telles que « on ne devrait pas obliger les femmes à avorter » « les grossesses sont un moment de joie pour la vie à venir » « la majorité des femmes qui se présentent à l’avortement ne veulent pas avorter en réalité » « c’est la vie d’un futur être humain qui est en jeu »

Et le droit des femmes à avoir une vie, ils y ont pensé un peu, ces défenseurs de fœtus ? Parce qui va se fader les nausées / hémorroïdes / varices / vergetures / gonflements de la grossesse ? Et les lochies après pendant 2 mois ? Qui va souffrir le martyre pour mettre au monde le bébé ? Qui ne va pas retrouver sa silhouette après l’accouchement ? Qui ne va pas avoir toutes ses primes au boulot parce qu’elle a renouvelé les générations sans un seul jour de congé pathologique ? Qui va peut-être être obligée de mettre sa carrière entre parenthèse parce qu’elle n’a pas trouvé de mode de garde ? Voire même ne pas commencer de carrière du tout pour celles qui sont jeunes ?

Les mecs, vous êtes bien marrants, mais ce n’est pas vous. C’est nous, et nous seules, sauf éventuellement pour le dernier point, mais reconnaissez que les hommes au foyer ne sont pas légion.

Comme si c’était facile d’avorter. Comme si ça ne déchirait pas les trippes. Comme si ça ne faisait pas physiquement mal. L’avortement n’est pas un moyen de contraception, c’est la solution de la dernière chance. Croyez bien que si on pouvait se passer d’un avortement, on le ferait. Je le sais. Même si c’était pour raisons médicales, j’ai avorté, et ce n'est pas facile. J'ai avorté la mort dans l’âme et un embryon mort en dedans de moi. Je remercie encore cette petite chose de ne pas m’avoir obligé à la tuer, parce que j'avais choisi.

Le jour où on obligera les hommes à prendre la pilule pour contrôler LEUR moitié de futur embryon, on en reparlera. Déjà qu’on a des règles tous les mois, nous, il est temps que les emmerdes de la procréation soient un peu mieux partagées dans ce monde.


Posté par Maritxu à 10:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
18 octobre 2012

Fail

Par Maritxu

J'ai acheté le tome 11 d'une série de gare dont je tairai le nom, parce que c'est VRAIMENT cul-cul la praline, j'ai un peu honte, mais je lis ça avec une délectation infinie, c'est comme ça. Je me rassure en me disant que je viens de finir un Simenon, j'ai eu mon quota de (vraie) littérature pour le mois.

Donc, je lis - avec délectation, toujours - mon tome 11. Et je me rends compte que j'ai du mal à suivre le fil. Les références à des événements que je n'ai pas lus sont nombreuses. Zut. J'ai pas lu le tome 10 ou quoi ?

Je fouille ma bibliothèque : si si, il est bien là. Certaines pages sont mêmes cornées, donc, je l'ai bien lu.

Je finis mon tome 11, et par acquis de conscience, je feuillette mon tome 10. Ca ne me dit rien. Enfin, pas grand chose. J'avance dans les chapitres en ayant l'impression de lire un bouquin tout neuf. A un moment, une petite feuille s'échappe du livre : c'est l'échographie de la Pucine, à 15 semaines de grossesse.

TOUT S'EXPLIQUE !

J'étais enceinte au moment de la lecture, avec un demi-neurone actif, et j'ai tout oublié. Voilà.


Posté par Maritxu à 09:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]