14 juin 2009
Brève au saut du lit
Par Maritxu
Hier matin, nous trainons un peu au lit avec Arthur... Son biberon bu, sa couche changée, il fait de l'escalade sur nos deux corps endormis et trouve ça formidable. Nous, non, évidemment, mais depuis quand les enfants s'en soucient ?
A un moment, il s'arrête et nous dit en nous regardant :
- Coin coin coin ?
- Où tu as bien pu voir un canard ici, toi ?
- Coin coin !
- Oui, un canard, on a bien compris.
- Meuhhh !
- Une vache ?
(il lève les yeux au ciel pour réfléchir)
- Rhon, rrrhon !
- Un cochon !
Il nous teste !
Je rêve, il n'a pas deux ans, il ne parle pas, et il vérifie qu'on connait bien nos animaux ! Le petit jeu a duré encore deux ou trois bruits, puis il s'est lassé. Il est quand même incroyable ce môme...
Puisqu'il arrive à se faire aussi bien comprendre avec pour tout vocabulaire Oui-Non-Maman-Chocolat et des bruits, il n'est pas prêt de parler !
29 mai 2009
On tourne en rond
Par Maritxu
Juste pour rire, voici un panneau que notre route a croisé dernièrement :
Sachant que ma carte indiquait "tout droit", quelle route doit-on prendre ? Inutile de dire qu'on s'est perdus !
Ils sont fous ces belges, dirait Obélix.
25 mai 2009
Vegetal City - Brussels
Par Maritxu
Après plusieurs mois passés la tête dans le guidon, et des désillusions en pagaille, samedi dernier, on a fait une pause, tant bébé que boulot. Nous sommes allés, mon belge et moi, en amoureux, voir une exposition de Luc Schuiten à Bruxelles : Végétal City.
Luc Schuiten, pour celles et ceusses qui l'ignorent, est architecte. Loin d'être un architecte traditionnel, il s'inspire de la nature pour créer des « habitarbres » dans un contexte bioclimatique. C'est de l'archiborescence. Mon belge est donc sensible à ce genre de travail, qui allie des formes et techniques innovantes avec des matériaux naturels, voire vivants, et les économies d'énergies.
Pour ma part, je connais Luc Schuiten via la bande dessinée, puisqu'il a collaboré avec son frère, François Schuiten, dessinateur de talent (la Tour, Mary l'enfant penchée, les Cités Obscures...) pour une série de trois tomes formant les Terres Creuses.
Le plus remarquable de ces albums est sans aucun doute Nogegon. En effet, si l'histoire se lit sans aucun souci, toute la bande dessinée est en fait un palindrome. Tout est symétrique : les dialogues dans la mesure du possible, le découpage, les dessins, même le titre !. On ne s'en aperçoit pas du premier coup (certaines de mes connaissances avaient l'album et n'avaient jamais percuté), et c'est là le véritable tour de force de cette BD.
Voici juste un aperçu pour vous faire une idée (les photos sont tellement mauvaises que je ne pense pas que j'aurai des problèmes avec les droits d'auteurs) :
Bref, tout ça pour dire que nous étions ravis d'aller voir cette exposition.
Au guichet, la dame qui nous sert nous dit : « ha, vous allez voir Végétal City ? Justement, vous avez de la chance, Luc Schuiten est juste là, il vient prendre des photos » Noooon ? Évidemment, nous sommes allés lui faire part de notre admiration pour son travail. Il a été d'une gentillesse et d'une amabilité confondante. Il s'est même montré tellement intéressé par le travail de mon belge qu'il nous a donné sa carte, pour des éventuelles collaborations.
Je plane sur un petit nuage à 1,20m au dessus du sol. L'expo, passionnante, est passée comme dans un rêve...
C'est tellement formidable de rencontrer quelqu'un qu'on admire, et qui se révèle si humain, si accessible, si gentil...
Voilà, il n'était même pas midi, et c'était déjà une journée exceptionnelle.
Et en plus, il a fait tellement beau que j'ai attrapé un coup de soleil !
20 mai 2009
Dans la voiture
Par Maritxu
Dans la voiture, toute seule avec mon bébé, il m'arrive souvent de commenter la route (mon chéri de Belge préféré avait gardé pour lui la façade de l'auto-radio, alors pas de musique). Donc, je commente. Comme Arthur ne parle pas encore, c'est un véritable monologue ponctué de "ehh", "blblblbl" et autres "ooohh".
- Dis donc, on avance pas très vite, il y a un autobus devant nous.
- ohhhh
- Ha, tiens, non, ce n'est pas un autobus, c'est une remorque. Et il y a des chevaux à l'intérieur.
- Haaaa
- Oui des chevaux mon coeur. Comment ça fait les chevaux ? Hiiihiiii
- Haaaahaaaaaaa
- Non, Arthur, pas Haa : Hiii
- Haaaa. AAAAHHH. AHAHAAAAAHHHAAAA
C'est qu'il insiste, ce bébé... Je me retourne et je le vois en train de montrer avec insitance ... ses cheveux.
Ben, oui, cheveux, il connait, chevaux, pas encore !
J'ai bien ri !
12 mai 2009
Haaaa, la Belgique...
Par Maritxu
Si proche et pourtant si différent !
On se dit qu'on parle la même langue, et finalement, ce n'est pas si simple que ça... Déjà, ce n'est pas exactement la même langue, il y a des tas de différences (qui me font bien rire entre nous).
Pour commencer, comme toute personne déménageant en Belgique, et à plus forte raison parce que je suis une étrangère, j'ai dû m'inscrire à la commune. Oui, à la commune, pas à la mairie. D'ailleurs, dans cette commune, il n'y a pas de maire, mais un bourgmestre (!) et pas non plus de conseillers municipaux, mais des échevins (haha!). Bon, bref. Je vais donc à la commune pour m'inscrire, et la gentille dame me dit que comme j'ai inscrit toute ma famille en même temps, elle ne me fait payer qu'une fois. Payer ? Comment ça ? Ben oui, en Belgique, tout est payant. Pour s'inscrire, c'est 7€50, qu'en toute bonne française se baladant avec un porte-monnaie vide je n'ai pas ! La dame est sympa, elle me laisse aller au crache-fric pour que je tire de l'argent, parce que évidemment ils ne prennent pas la carte bleue mais uniquement la carte « proton » (mais qu'est ce C'EST ?)et que les chèques sont inconnus dans ce pays. Ça commence bien...
Comme on vient d'emménager et que le frigo est vide, je vais au ravitaillement, avec mon bébé sous le bras. Il y a une enseigne à côté de chez nous, qui est réputé pour ses prix bas, tant mieux. Dès que j'ai passé la porte du magasin, je comprends pourquoi les prix sont bas : ils font de sérieuses économies sur la présentation. Des rayonnages comme chez Bricodépôt, très hauts, tout est encore en caisses, je suis complètement perdue ! Je mets un temps fou à prendre mes marques, trouver ce qu'il me faut et arriver enfin aux caisses... Là, mon regard s'évade et tombe sur le panneau « cartes acceptées ». Damned, où est la carte bleue ? Où est la visa ? Bingo, ils ne la prennent pas. J'ai 130€ de courses dans mon chariot, un bébé qui en a plus que marre, pas de portable parce que j'ai eu l'excellente idée de l'oublier à la maison, et aucun moyen de paiement. Ravie, je suis ravie. Je suis rentrée comme une furie à la maison, j'ai arraché la carte bancontact de mon belge, je lui ai collé le braillard dans les pattes et je suis repartie aussi sec (encore heureux qu'il ait été à la maison...) Évidemment, pour couronner le tout, ma seconde sortie du magasin a été le top départ pour la pluie. Ça continue bien !
Puisque je vois bien que si je veux me nourrir dans ce pays, il va vite falloir que je m'équipe d'un moyen de paiement local, on prend un rendez-vous à la banque pour avoir un compte commun belge. On n'imaginait pas la galère dans laquelle on allait s'embarquer. 1h20 pour créer un compte, oui mesdames-messieurs, 1h20. Alors pourquoi ? C'est très simple, c'est relié au premier chapitre de mon épopée : en Belgique, tout le monde doit s'inscrire quand il déménage. Avec leurs nouvelles cartes d'identité à puce, le domicile est donc mentionné sur la carte en permanence. Sauf que voilà, en France, c'est pas obligatoire. Tellement pas que j'ai encore l'adresse de mes parents sur ma carte alors que j'ai déménagé trois fois depuis. Et que mon Belge, du fait de son statut d'expatrié en France, avait retrouvé une carte à l'ancienne avec RIEN AU VERSO, ce qui a occasionné d'autres situations cocasses (oui, une secrétaire a crû bon de ne pas transmettre une photocopie du verso de sa carte -ben oui, y avait rien- et du coup, on lui a fermé sans le prévenir son compte professionnel pour défaut d'identité). Je m'égare. Revenons à nos moutons. Nous avons donc deux personnes qui ne rentrent pas dans les cases pour ouvrir un compte. Un contrat de location ne compte pas comme preuve de domicile en Belgique. Ben non, ce serait trop simple. On s'en est sortis avec nos passeports que j'avais par miracle dans mon sac. Là, c'était l'inverse, j'avais une adresse, pas mon belge. Hilarant, non ? En fait je ne trouve pas.
Bref, j'ai de quoi m'occuper, si ça continue comme ça...
Et ce sont mes parents qui vont recevoir mon code de carte, évidemment !
19 avril 2009
Sur le départ
Par Maritxu
Nous sommes dimanche soir et c'est la déprime.
Depuis deux mois, nous n'avons plus de nounou pour Arthur, et dans l'attente de mon chômage imminent, il vadrouille entre Paris et la Belgique, chez ses grands-parents. Je ne le vois pas souvent, le week-end, ou le soir quand une mère ou belle-mère vient squatter la semaine à la maison. Les séparations sont toujours dures, mais celle-ci, peut-être parce que c'est la dernière, l'est encore plus. Je n'ai pas pu retenir mes larmes ce soir, quand son papa l'a emmené en Belgique...
Voilà, c'est notre dernière semaine lilloise, nous déménageons samedi prochain.
Je suis un peu désabusée... D'habitude, quand on déménage, c'est toujours une amélioration, mais là, l'appartement que nous avons trouvé en Belgique est moins bien que l'actuel. Je n'ai pas envie de faire mes paquets, je sais bien que c'est parce que je n'ai pas envie de déménager...Il faut dire que le nouvel appartement a été choisi en fonction du lieu de travail de mon belge : il fallait qu'il puisse y aller à vélo. Et l'entrepôt qu'il a trouvé pour son activité est dans un village un peu perdu : il n'y a pas grand chose à louer. On a pris ce qu'on a trouvé ! Moi qui ne voulais pas habiter à la campagne... et on n'a même pas de jardin en plus !
Bref, ce sera du provisoire, et c'est pas motivant.
Bon, la déprime, c'est fini !
Soyons positifs : jeudi prochain, fin du boulot qui me gonfle ! Vendredi prochain mon frère vient pour le déménagement et ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu ! Je vais avoir le temps de profiter de mon chômage pour aller à la bibliothèque, à la piscine... Ça fait un an que je n'ai pas mis les pieds dans une bibliothèque ! Mon chéri de mari belge va être plus disponible avec son nouveau boulot (qui va forcément marcher, soyons POSITIFS) Enfin, j'ai trouvé un rêve, un but à atteindre une fois que tout ça sera passé : trouver un job dans la BD, voire créer un magasin de BD. Sûrement pas pour tout de suite, mais c'est si agréable d'avoir un but ultime...
Allez, on y croit, on y croit !
Pour vous consoler du ton tristounet de cette note, voilà une bien belle photo d'Arthur à la soirée Hawaï d'hier !
Le maillot de bain en chaussons, c'est pas la classe ?
14 avril 2009
Médecins sans scrupules
Ma tutrice de stage, dans son infinie bonté, m’a donné toute une série de rapports de conférence, de formation sur les cours de français précoce, c’est-à-dire les classes en rapport avec un public assez jeune. Le côté pratique de la chose, c’est le nombre considérable d’idées d’activités que renferment ces papiers, très pratique puisque je n’ai aucune expérience dans le domaine.
Et en plein milieu de ces activités ludiques, amusantes, et rigolotes (faites pour des enfants, des adolescents, ou jeunes adultes) je tombe sur l’activité suivante (qui, je vous rassure, ne fait parti d’aucun manuel, c’est simplement une idée lancée par la formatrice – ou qui que ce soit d’autre) :
« Vous êtes un groupe de médecins, et vous vous apprêtez à faire une transplantation cardiaque. Voici la liste des patients sur la liste d’attente. Il n’y a pas de considération de sexe, d’âge, de groupe sanguin. Faites votre choix. »
Ensuite vient une liste de six personnes, du genre « Madame Nesbitt : veuve depuis cinq mois, trois enfants à charge, peu de revenus », ou « Monsieur Bidule : chercheur au centre de recherche contre le cancer, a aidé à de grandes avancées dans ce domaine », bla bla bla.
La consigne est donc simple : vous avez un cœur, si personnes qui vont prochainement mourir si elles ne profitent pas de ce transplant. « Faites votre choix en argumentant avec vos camarades. »
Je ne sais pas vous, mais moi, je trouve ça d’une part hyper glauque, et d’autre part, moyennement moral…
09 avril 2009
Cataluňa!
Me revoilà, de nouveau en vadrouille (sans quoi ce n’est pas intéressant…)
Je me retrouve donc en Catalogne
pour les trois mois qui viennent. Je fais un stage à l’Alliance Française de
Sabadell, à une quarantaine de minutes en train de Barcelone-la-touristique.
L’AF, pour ceux qui ne le savent pas, c’est une institution qu’on retrouve
partout dans le monde (il y en a une dans quasiment toutes les capitales) qui
propose des cours de français aux gens sur place (souvent à un prix non
raisonnable), et sont aussi en général un centre culturel. Mon stage, grosso
modo : je vais participer à l’élaboration de projets comme la fête de fin
d’année, ou un échange entre petits français et petits catalans. Je vais aussi
faire de l’observation de classe chez les petits (à partir de 6 ans), et des
plus grands (jusqu’à 18 ans - ou pas loin), et sans doute, participer aux dites
classes ! Il est aussi question de réorganisation totale des classes enfants et ados... à voir.
Donc voilà pour le stage.
Je suis arrivée il y a maintenant une semaine et demie (déjà…), et je m’habitue petit à petit à cette nouvelle vie. Mes colocs (catalanes) sont très sympas, parlent plus catalan que castillan, mais bon, c’est pas très grave, vu l’état de mon castillan !
Et mardi, j’ai enfin visité Barcelone ! Je ne m’y suis pas ruée dès le premier jour parce que, d’abord, j’avais stage, ensuite, il a plu des trombes d’eau, et puis… encore des devoirs à rendre pour la fac.
J’ai donc fait ma touriste totale : Sagrada Familia et parc Güell. Je ne suis pas rentrée dans la Sagrada, parce que déjà il y a une queue de dingue, et c’est pas spécialement donné, et tout le monde m’a dit que ça n’en valait pas la peine, c’est aussi joli de l’extérieur. J’y rentrerai peut-être plus tard.
Le parc Güell… Mon dieu, quel
monde !! D’autant que la moitié du parc était fermée pour rénovation
(chouette)… C’est tellement touristique que j’ai eu du mal à apprécier la
beauté du lieu. En plus, j’étais toute seule, et visiter seule… y a un côté pas
terrible : on ne peut pas dire à quelque « oh regarde ! »,
« aha, t’as vu ? »… Donc bon, c’est un peu triste. Je tenterai d'y retourner avec des gens. Quand la totalité du parc sera ouverte aussi, ce serait chouette.
Je ne vous mets pas de photos, il suffit de googlesier "barcelona", "sagrada familia" et "parc Güell" pour trouver des photos identiques aux miennes, sinon meilleures!
31 mars 2009
Arthur est une arsouille
Par Maritxu
Comme évoqué précédemment, à l’inverse de tout bébé normalement constitué, Arthur, 18 mois, sait dire « maman » et pas « papa ». Ou plutôt devrais-je dire, il ne veut pas le dire.
Dans la voiture ce week-end, on imite de klaxon de Oui-Oui. (pour notre plus grand malheur, Arthur est archi fan de Oui-Oui. On a relu dix-sept mille fois le même livre, et vu les vidéos à peine moins).
Eûrk-eûrk !
Ca l’amuse beaucoup. Il répète, ravi, content de nous voir contents.
Au fur et à mesure, mon belge transforme le bruit :
Eûrk-eûrk !
Peûrk-peûrk !
Pouârk-pouârk !
Pârk-pârk !
Pâ-Pâ !
Bon, vous aurez compris le but de la manœuvre, on y est. Papa est prononcé. On n’a surtout rien dit, pas ri, pas fait le lien avec papa ou maman. Et ça continue :
Pâ-pâ ! Pâ-pâ !
Un blanc.
Maman ?
Aaaaarg ! Raté !
Comment on dit papa, mon cœur ?
Maman !
20 mars 2009
Réactivation prochaine !
Par Maritxu
Voilà voilà, six mois déjà… Six mois que ce blog se meurt.
Ma sœur Amaia et moi nous excusons platement de la pause prolongée de ce blog. Ce n’était pas voulu. Je ne sais pas si vous l’aviez remarqué, mais il s’intitulait initialement « blog à quatre mains entre Lille et Paris ». Puis, « entre Lille et Tullamore ». Il aurait dû s’appeler, ces six derniers mois, « entre Lille et Lille ». En effet, nous sommes devenues voisines pour un temps. Et nous nous sommes rendues compte que notre proximité nuisait à ce blog. Nous nous sommes rendues compte que c’était avant tout un outil de communication entre nous, une façon de partager des choses. Maintenant qu’il suffisait de traverser deux rues pour se voir, nous partagions bien plus de choses en vrai, et n’éprouvions ni l’une ni l’autre l’envie de poster.
Mais prochainement … (tan tan tannnn), ce blog aura encore un nouveau sous-titre :
« Blog à quatre mains entre Namur et Barcelone ».
Croyez bien que mon déménagement belge et les péripéties catalanes d’Amaia vont occasionner de nombreuses notes !
En plus, mon demi-belge de bébé Arthur va peut-être enfin apprendre d’autres mots que oui (prononcez « ich ») et maman, et cela donnera je l’espère le sujet de nombreuses notes…
Je sais bien que le lectorat que nous avions est perdu, sauf les irréductibles (merci Marie), mais je pense cette note nécessaire pour les éventuels passants.
A bientôt !













