24 août 2016

Les amis

C’est un sujet difficile, pour moi en tous cas. Selon la définition Facebook, il faut avoir le plus d’amis possible, et que ça se sache. Si la qualité de la vie dépendait de ça, je serais bien mal barrée, croyez-moi.

Je pense que je paye mes choix de vie, qui m’ont tous plus ou moins coupé de mes amis. Ceux qui restent n’en sont que plus précieux.

Déjà, j’ai beaucoup déménagé étant enfant, il ne me reste donc absolument personne de la primaire, puisque c’est seulement en CM2 que mes parents se sont fixés dans un village. Je n’étais pas très populaire à l’école ; j’étais très complexée et puis qui aime la première de la classe, celle qui dit qu’elle a raté et récolte un 18 ?

J’ai donc été dans un autre lycée que celui dans lequel tout le monde allait, pour faire des études littéraires - que je n'ai finalement pas faites, scientifique que je suis, mais aussi pour faire table rase. Ça a marché. J’ai passé 3 belles années, mais curieusement, le groupe d’amis que j’y avais n’a pas survécu. Nous ne nous revoyons plus, ni moi ni les autres.

Etudes à Paris, sans y habiter. C’était difficile de rester tard aux soirées… Et puis je m’étais encombrée d’un amoureux agoraphobe, qui refusait toutes les sorties avec mes amis. A force, je n’étais plus invitée, puisque je refusais toujours… A la rupture, j’ai réalisé que j’avais fait une connerie. Quant aux amis de ma promotion, nous nous sommes tous retrouvés éparpillés aux quatre coins de la France – voire du monde. Quand nous réussissons à nous voir, c’est toujours à l’unité. J’avais moi-même déménagé à Lille, où je ne connaissais personne, pour mon premier job.

J’y ai rencontré leBelge, qui m’a entrainé dans ses projets fous en Belgique, où je ne connaissais évidemment personne non plus. De toutes façons, d’une manière générale, j’étais la baby-sitter de mes propres enfants, cloitrée à la maison, et comme nous avions de moins en moins d’argent, nos seules sorties étaient familiales ; et dans le village où nous habitions, strictement des amis-collègues à lui. A la rupture, j’ai réalisé que j’avais fait une connerie. (Le sentiment de déjà-vu est fait exprès).
Encore.

Il ne me restait personne de proche, géographiquement. Enfin, si, deux. Deux survivors qui ont réussi le tour de force de m’apprécier au moment où je m’appréciais le moins dans ma vie. Deux qui ont su me trouver intéressante alors que je n’étais qu’un gouffre de solitude.

Alors, à 36 ans, j’ai d’abord commencé par me reconstruire. Il m’a fallu un an. Puis, avec l’aide de la famille et du peu qu’il me restait, je suis sortie. Toute seule, dans un premier temps avec un coup de pied au cul, et puis de plus en plus facilement. C’est difficile de se faire des amis, je veux dire, des vrais amis, pas des collègues, des connaissances de soirée ou pire des coups d’un soir, quand on travaille et qu’on n’a que la moitié du temps de libre ; c’est difficile, mais ce n’est pas impossible. C’est juste long.

Je ne peux que me promettre de faire mentir l’adage et de ne surtout pas réitérer une troisième fois la même erreur.

Ceux que j’ai me sont précieux. Je les ai choisi avec soin, ou ils sont restés à la force de leurs bras – je n’avais vraiment plus rien pour les retenir.

A tous ceux-là : merci.

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08 juillet 2016

Les chaussures

Je n'aime pas faire les magasins. Je suis très difficile avec les chaussures, parce qu'il faut qu'elles aillent avec mon bas de contention et mon style de vie : rien entre les orteils, une sangle à l'arrière, et EN PLUS, il faut évidemment qu'elles me plaisent, ce qui n'est pas évident.

Ca fait donc des années que je me traine les mêmes godasses d'été fermées, qui me font un peu mal au pied (oui, un seul) quand je les porte sans chaussettes.

Hier, soldes. Inhabituel pour moi. Comme d'habitude, je ne trouve rien qui me plait, mais depuis un certain temps, je m'oblige à rentrer dans les boutiques pour tenter de trouver des jolies choses, à un moment où je n'en ai pas forcément besoin. Histoire d'en avoir, au moment où j'en aurais besoin !

Je rentre dans cette boutique de chaussures pas très convaincue : la vitrine ne me plait pas plus que ça. Toutes les chaussures sont étalées par taille au milieu de la boutique, sur des trétaux. Je fais du 40, c'est tout au fond, j'ai le temps de bien regarder et de me persuader qu'il n'y a rien pour moi ici.

Et puis elle est là. Bleue ciel, sans paillettes, avec un lacet comme attache. Mon style. Elle détonne avec toutes les autres. Des Kickers, evidemment, c'est pas comme si j'en avais pas déjà aux pieds :) Il n'y a qu'une seule pointure, la mienne. L'autocollant est bleu, alors que les soldes affichent rouge-jaune-vert / 10-20-30%.

Je demande la paire complète à la vendeuse, elles me vont comme des chaussons. C'est la dernière paire.
50%

On trouve toujours chaussure à son pied, finalement...

 

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27 juin 2016

Quote

Dans la famille, nous avons un super pouvoir. Nous regardons un film, et nous pouvons dès le premier visionnage en citer des pans entiers. A force de les revoir, nous connaissons certains (de nos) classiques par coeur, du début à la fin.

- Petit apparté : il est certain que nos classiques ne sont pas DES classiques au sens strict du cinéphile hein; moi je parle surtout de l'homme de Rio, de la grande vadrouille, ou de Last action hero. Du grand cinéma, quoi. -

Mes enfants sont en train de prendre le pli, par mimétisme. l'autre jour, Pucine etait tranquillement dans le salon à s'occuper de ses petites affaires, quand elle dit, dans son jeu : "C'est grand, c'est rond, c'est bien."

Mon frère se retourne d'un bloc vers moi en la désignant du doigt "Elle ne vient pas de quoter X-men, là ??"

Sisisi. Ma fille de 5 ans quote X-men, et je pète de fierté.

Mur

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07 juin 2016

J’ai demandé à la rencontrer

J’ai envie de lui dire qu’on n’est pas ici pour parler du Belge, et que donc je me bornerai à dire que je n’essaierai jamais de le lui reprendre, elle peut se tranquilliser là-dessus, et puisque ceci est dit, on peut maintenant passer à autre chose.

Je ne suis pas son ennemie. Loin de là. Elle fait déjà partie du processus d’éducation de mes enfants, elle en fera de plus en plus partie dès qu’ils habiteront ensemble, et que le Belge « oubliera de rentrer ». Je ne le lui souhaite pas, bien entendu. Mais c’est ce qui va se passer. Et bien entendu, je ne le lui dirai pas comme ça.

J’ai un bon a priori sur elle. Les échos que j’ai des enfants sont très bons. Elle a vraiment l’air chouette. Les cadeaux qu’elle leur fait sont tout à fait ciblés, leur font plaisir, et sont la preuve qu’elle s’y intéresse réellement.

J’ai besoin qu’on parle d’eux, des choses qu’ils aiment, de leurs envies, de leur position dans ce divorce. C’est pas parce que ça se passe bien jusqu'à présent qu’il faut baisser la garde.

Je veux qu’elle sache qu’elle peut m’appeler à n’importe quel moment pour avoir un conseil. Après tout, je ne sais pas si elle a l’habitude de côtoyer des enfants, et si le Belge n’est pas disponible, il faut qu’elle sache qu’elle peut compter sur moi.

J’aimerais qu’on discute des horaires de dessins animés, de coucher, de menus, de sorties, de protection, d’école, de goûters d’anniversaire, de tout ce qui fait leur vie.

Je vais pas vous mentir, hein.
Je suis terrorisée.

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10 avril 2016

Au musée

J'achète mon ticket :

- Bonjour, une entrée pour l'expo Sarcophagi.
- Bien sûr. Vous êtes étudiante ?
- Haha, non, c'est gentil à vous de le penser, mais non.
- Ok. Tarif moins de 26 ans ?
- Toujours pas. Loin de là !
- D'accord, 13€. Mais vous n'êtes pas déjà venue ?
- Super. En moins de 2 minutes, vous avez mis le doigt sur les deux problèmes principaux dans ma vie : je fais jeune et je ressemble à tout le monde. Merci.

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03 mars 2016

Des petites satisfactions

Le Belge me réclame des sommes folles que je n'ai pas, la maison est bien en deçà de la valeur qu'il pensait lui faire atteindre, ce qui fait que même si on arrive à la revendre, ça ne couvrira pas les frais - et de très loin -, il n'est absolument pas d'accord avec ce que la loi lui accorde... Bref, cette première entrevue chez le notaire est loin d'avoir été une réussite, c'est le moins que l'on puisse dire.
Il m'a aussi attaqué sur l'argent des impôts qu'on a reçu sur le compte commun et auquel il n'a pas touché, justifiant ainsi de ne pas payer la pension alimentaire.

Hier soir, grand rangement dans mes papiers administratifs, je suis retombée sur ce fameux avis de remboursement des impôts.

C'est lui qui me doit des sous.

 

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29 février 2016

J'en ai eu ...

Des qui ne répondent pas.
Des qui s’enflamment à l’écrit.
Un qui m’a offert des fleurs alors qu’on ne s’était pas encore rencontré.
Deux qui étaient nobles.
Un qui était riche.
Un qui m’a fait passer un test de personnalité.
Des mariés.
Des faux profils.
Des avec lesquels je parlais anglais.
Un qui m’a envoyé des photos osées.
Des qui habitent à perpète.
Un que j’ai planté au bout de 5 minutes de rencontre.
Un qui m’a traité de monstre sans cœur et sans éducation.
Un qui avait plein de tatouages.
Des qui m’ont rappelé.
Des que je n’ai pas rappelé.
Des qui voulaient des enfants.
Un écrivain éthéré.
Un dont je suis tombée amoureuse.
Un qui restera un espoir déçu.
Un dont je me suis fait un ami.
Un qui ronflait tellement que j’ai été dormir ailleurs.
Un qui était daltonien.

Un seul blond, tous les autres grands, bruns, maigres – ou pas gros.
Le « Mathieu Kassovitz du pauvre » ;)

 

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04 janvier 2016

Non, merci.

Le célibat, à 36 ans, ce n’est qu’une seule grande question « Mais pourquoi tu es toute seule ? Tu es jolie/marrante/intelligente (rayez la mention inutile), tu devrais facilement te retrouver quelqu’un ! »

Sauf, que non, merci. Je ne cours pas après l’Homme. Certes, c’est agréable d’en rencontrer. Oui, je pourrais « facilement » me mettre avec n’importe qui. Mais je ne cherche pas à me caser absolument, et surtout pas avec n’importe qui. Je ne sais pas ce que je dirai dans quelques temps, quand je serai devenue vieille, moche et aigrie, mais pour l’instant, il est hors de question de me mettre en couple juste pour être en couple.

« C’est pour ne pas finir tes jours toute seule… »

Ben non, même cette excuse-là ne fonctionne pas. Les gens meurent, figurez-vous et souvent, ce n’est pas inclus dans les plans de vie. On peut parfaitement se retrouver veuve au seuil de la retraite (Coucou Maman !).

En ce début d’année 2016, je vous le dis, c’est le meilleur que j’attends, et il est non négociable.
Je suis autonome financièrement, alors je n’ai besoin de personne.
J’ai déjà des enfants, alors je n’ai aucune horloge biologique à satisfaire.
J’ai des problèmes de divorce par-dessus la tête à gérer, alors je n’ai plus aucune envie de me marier.
J’ai une idée assez précise de ce que je ne veux pas chez un homme, alors que le champ de ce que veux est assez ouvert.

Ce sera réellement réfléchi si je décide de me mettre en couple. Après une longue période d’essai. Histoire de vérifier qu’il n’y a pas de problèmes psychologiques derrière.

« Et pourtant, tu es un cœur d’artichaut ! », me diront ceux qui me connaissent bien. Oui, oui, c’est vrai. Mais ce n’est pas incompatible. Je peux tenter ma chance avec certains, et m’exposer à une rupture douloureuse, que j’aurais d’ailleurs probablement moi-même provoquée, mais tant pis.
L’amour est suffisamment beau quand on l’éprouve pour valoir quelques pleurs.

Alors je cherche ma perle rare, celui qui m’acceptera comme je suis.
Celui avec lequel je partagerai des intérêts communs, mais aussi des différences.
Celui qui aura besoin de moi exactement comme j’aurai besoin de lui.
Et tant pis si je ne le trouve jamais. Il me restera toujours mes enfants et ma famille.

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15 décembre 2015

This awkward moment

Ce moment où tu descends du train, et où tu dois prendre la ligne 4, ta ligne à toi, la dorsale Nord-Sud de Paris, celle que tu as pris un nombre incalculable de fois, Porte d'Orléans - Porte de Clignancourt, tu te sens encore de nommer toutes les stations dans l'ordre.

Le nez au vent, ton ticket de métro arraché de haute lutte au distributeur, tu fonces dans les couloirs connus.

Et là, tu doutes. Mairie de Montrouge - Porte de Clignancourt. Merde. Je me suis trompée de direction. Où est la porte d'Orléans ? Tu te retournes, tu cherches le violet de la 4 ailleurs. Non, il n'y en a qu'ici...... Oh.
Montrouge est au sud. Comme la Porte d'Orléans.

Ils ont prolongé MA ligne, sans me prévenir. Depuis combien de temps ?

Rendez-moi ma porte d'Orléans !

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19 octobre 2015

Le bar à jeux

J'ai un nouveau bar à jeux. Le concept est super simple : il y a un mur entier de jeux à disposition gratuitement, et on paye seulement les conso. L'ambiance est super, quoique un peu jeune, et je partage beaucoup d'intérêts communs avec les gens que je rencontre ici. Bref, c'est mon nouveau bar préféré. (NON, je ne vire pas cougar. Promis)

J'y entraine mes enfants ce dimanche, pour que Demi-Belge apprenne à jouer aux cartes Pokémons au lieu de bêtement les collectionner. On a rendez-vous avec un type que j'ai rencontré à un quizz dessins animés nommé Baloo (ne me demandez pas son vrai nom), qui est un archétype du geek à lui tout seul. Il est super.

Evidemment, j'offre à boire à tout le monde.

Au bout de quelques minutes, la Puce me dit :
"Il a un gout bizarre, Maman, ce jus d'orange"

C'est normal ma chérie. Parce que tu as demandé de la grenadine.

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