21 août 2013

Les "ui" prononcés par les belges

par Maritxu

 

J'ai toujours râlé parce que mon fils, à la belge, rajoute des "o" dans des mots qui n'en contiennent pas. Et mon Belge l'a toujours défendu, évidemment.

Couisine
La plouie
Il a fouit
Un pouits
Houit
...

Et dire que mon Belge me soutient mordicus que c'est comme ça qu'on leur apprend à prononcer... Les bras m'en tombent.

Récemment, nous sommes allés en Hollande. Les sorties d'autoroute sont mentionnées par le panneau "UIT'.
Je me marre en lisant "huit !"
Mon Belge éclate de rire et me reprend : "heuijt" (en fait, c'est un son chuintant propre au hollandais que je suis incapable de retranscrire, mais croyez-moi, on n'entend ni un "u", ni un "i") 
"Tu vois", rajoute t-il, "les français n'ont pas la vérité universelle, il a plusieurs façons de prononcer le "ui" en fonction des pays."

Bon. Un point pour lui.

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20 août 2013

En vacances...

Par Maritxu

 

C'est l'été, Demi-Belge a (presque) oublié que la télé existe, et court dans tous les sens en s'inventant moult jeux. Il prend sa soeur sous son aile et l'emmène dans le jardin :
- Viens Pucine, on part en éclairage voir s'il y a des ennemis. Tu as peur ?

 

Lors d'une fête tardive, Pucine ne veut pas dormir. Trop de monde, trop de choses à faire, trop d'énervement. Une fois n'est pas coutume, on tente de l'endormir dans la poussette à la nuit tombée, en faisant le tour d'un stade.
- Là ! LA ! Lune ! Lune !
- Oui Pucine, c'est la lune. Dors.
*On fait le tour du stade*
- Là ! Une n'aut' ! Lune ! Lune !
- Non Pucine, c'est la même. Dors.

 

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20 juin 2013

Capucine a 2 ans

Par Maritxu

Elle saute partout à pieds joints,
Elle répète approximativement tout ce qu'on lui dit, baragouine deux-trois choses compréhensibles,
Elle adore le chocolat,
Elle fait beaucoup moins de caprices (mais encore trop),
Elle est prête pour le pot, mais refuse catégoriquement de faire quoi que ce soit dedans (paradoxal, je sais),
Elle met ses chaussures et s'habille toute seule quand l'envie lui prend,
Elle est une sacrée coquine avec déjà un bon sens de l'humour,
Elle embête raisonnablement son frère,
Elle a une peur panique des cheveux et autres poussières qui flottent dans le bain,
Elle se désintéresse complètement des dessins animés,
Elle est capable de lire un livre sans images (à l'envers) pendant une demi-heure, mais s'énerve toujours avant de finir un puzzle à gabarit,
Elle fait les plus chouettes câlins du monde,
Elle dit merci et bonjour spontanément,
Elle trie les légumes et la viande dans son assiette (devinez lesquels elle mange),
Elle fait des danses de la joie quand elle est contente,
Elle a appris à répondre "YES" à la question "Metallica ?",
Elle s'inquiète dès que son frère disparait de son champ de vision 20 secondes,
Elle ronfle,
Elle oppose un "non" sonore dès qu'on l'invite à monter se coucher,
Elle est fan des sacs et des chaussures, surtout si ce n'est ni sa pointure, ni à elle tout court,
Elle refuse de finir son assiette si elle aperçoit un petit suisse (ou pire, une mousse au chocolat),
Elle boit du lait au biberon matin et soir,
Elle imite son frère en tout,
Elle gribouille religieusement, page par page, l'agenda que je lui ai donné,
Elle est capable de se rouler de colère par terre dans la rue (mais de moins en moins souvent),
Elle a des yeux bleus à tomber,
Elle s'est fait une dread lock que j'ai dû couper, depuis, à mon grand désespoir, elle a une frange,
Elle a une si mignonne façon de mettre sa bouche en cul-de-poule quand elle est concentrée ou quand elle veut faire un bisou,
Elle ne tire aucune leçon des bleus qu'elle se fait,
Elle préfère le jus d'orange,
Elle n'a peur de rien dans un château gonflable,
Elle attend toujours son frère pour sortir de son lit le matin, 
Elle part en voyage tous les deux jours environ, harnachée de 5 sacs au moins et un chapeau au choix, et elle file dans la cuisine en nous faisant des grands signes de la main avec des "awâr !"
Elle ne gère pas sa fatigue, et dans ces cas-là, nous fatigue,
Elle ne s'endort pas systématiquement en voiture,
Elle fait un bisou à ses poupées en les couchant,
Elle n'est pas d'accord avec moi sur la façon de changer la couche de son bébé,
Elle fait la loi avec son petit index levé, légèrement penchée en avant et un péremptoire "peux pas !" à la bouche,
Elle a un caractère bien trempé... et devient pourtant assez obéissante,
Elle adore jeter des trucs à la poubelle. Ou dans la machine à laver.
 
Nous, on l'aime tous très très très fort...
Bon anniversaire ma Pucine !

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14 juin 2013

Saint Nicolas

Par Maritxu

 

- Dis Maman, Saint Nicolas, il est vrai ?
- Haaa, voiilà la question que je redoutais que tu poses un jour.
- Pourquoi tu redoutais ?
- Parce que je ne suis pas sure que tu aies envie d'entendre la vérité.
- Si ! Moi je veux que tu me dises la vérité ! Toujours !

*Je m'approche et je m'agenouille devant lui. Tout le reste de la conversation se fait à voix très basse*

- Saint Nicolas, c'est comme le père Noël, il n'existe pas.
- ...
- Je savais bien que ça ne te ferai pas plaisir.
- Mais... C'est pas possible ! Comment les cadeaux arrivent alors ?
- Réfléchis un peu.
- ...
*je me désigne avec le doigt*
- C'est... toi ?
- Ben oui.
- Ah.
- Mais tu sais, ce serait chouette qu'on y croie encore un peu, parce que Pucine n'a même pas encore compris qui c'était. Alors on va dire que c'est un secret.
*Il retrouve le sourire et s'anime au fur et à mesure que je parle*
On va dire qu'il existe, sauf que tu sais que c'est pas vrai. Et on va y croire encore un peu, parce que c'est une belle histoire.
- OUI !
- Alors on est d'accord.

Plus tard :
- Tu sais maman, moi je sais qu'il existe Saint Nicolas, parce que je l'ai vu, il est venu chez Papy et Mamie, et il est même venu à l'école, alors ça prouve bien qu'il existe, hein ?
- Bien sûr mon coeur.

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05 juin 2013

La Baraka

Par Maritxu

Papa avait un don bien utile dans la vie : il trouvait des places de parking. Ca n’a l’air de rien comme ça, mais je vous assure que dans Paris, c’est formidable. Où qu’il aille, à quelque heure que ce soit, il se garait devant sa destination.
Bon, j’enjolive probablement, mais cette réputation était méritée parce que souvent vérifiée.

On peut croire en ce qu’on veut ou en rien, mais depuis qu’il est mort, on a tous l’impression que cette baraka nous a été transmise. C’est peut-être subjectif. Peut-être pas. C’est peut-être notre façon de le faire vivre en nous encore. Une occasion supplémentaire de penser à lui au quotidien. On n’en sait rien, mais on profite.

Parce qu’avoir des places à la demande, c’est un peu le pied.
Maintenant, je passe systématiquement devant ma destination, même si je trouve des places avant, juste au cas où. Et l’immense majorité du temps, je me gare à moins de 10m. Ma famille, c’est pareil.

Indépendamment de ça, j’ai décidé de pousser la chance plus loin.

Pour la garde de la Puce, j’avais décidé qu’un place en crèche c’était comme une place de parking, et donc je n’ai fait qu’une seule demande, dans la crèche que je voulais, à 50m de l’école du Demi-Belge.
Fangio.

Déjà quand je me suis inscrite, on m’avait laissé peu d’espoir. On verra bien, me suis-je dis.
Quand Pucine est née, on m’a dit que j’étais loin sur la liste d’attente. Septembre arrive, il y aura des entrées à l’école me suis-je dit.
Un mois après la naissance, j’étais toujours 7e sur la liste d’attente.
Deux mois après la naissance, je suis toujours 7e. Pour une entrée dans un mois.
Je passe en personne à la crèche, et là on m’explique que c’est mort, parce que des tas de gens me passent devant : ils donnent la priorité aux fratries. La nana me demande où j’en suis de mes autres demandes. Nulle part, évidemment. Je n’ai même pas une solution de secours.

Booon. Apparemment, les places en crèches ne sont pas comme des places de parking. Je change mon fusil d’épaule, dégaine l’artillerie lourde, à savoir la liste des crèches entre chez moi et mon boulot et je les appelle toutes. Elles sont toutes saturées. Je m’inscris sur 14 listes d’attente, au moins.

Le lendemain, une crèche me rappelle et me propose des jours épars dans la semaine, pour combler les trous de son emploi du temps. C’est toujours ça, et ça me permettra de reprendre au moins à mi-temps. J’accepte.
Le surlendemain, la crèche la plus proche de chez moi me rappelle : « j’ai un plein-temps qui vient de se libérer ». Exactement ce qu’il me fallait, à la date qu’il me fallait.

J’annule la première crèche, et quand on remplit les papiers, la directrice me précise : « En 20 ans de métier, des annulations comme ça je n’en avais jamais eu. C’est une sorte de miracle, vous savez ? »

Je sais.
Merci papa.

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17 avril 2013

Je tousse

par Maritxu

Je tousse, et pas qu'un peu. Une saleté de toux sèche d'irritation qui a fait dire à ma mère en boucle toute ma semaine de vacances, "ce serait bien d'arrêter de fumer, non ?". Elle a raison, mais non. En plus, Demi-belge tousse aussi, et à lui, personne ne lui demande d'arrêter de fumer.

J'avais dans un premier temps mon remède de grand-mère miracle qui fonctionne contre toute idée recue : l'oignon coupé en deux posé au pied du lit. Sans rire, quand j'ai lu ça sur internet, je me suis dit que c'était tellement simple, qu'il fallait essayer. Et ça marche.
Sauf que là, la toux n'est pas passé toute seule. Inutile d'aller chez le médecin, je sais parfaitement qu'il va nous diagnostiquer une magnifique trachéite, à mon fils et moi, on connait, on est des habitués. Je suis donc passée à la pharmacie hier pour acheter un sirop "toux sèche" pour enfants, histoire de compenser le sirop "toux grasse" vendu en France, qui, évidemment, n'avait eu aucun effet. Demi-belge a eu une rasade hier soir, et il a plutôt bien dormi. Moi aussi, je m'en suis servi, mais je dois être d'une autre nature, parce que je n'ai pas vu la différence.

J'étais donc en train de décéder de fatigue à tousser dans mon lit, vers 1h30 du matin, quand je sens mon Belge se lever et descendre à la cuisine. Je suis trop fatiguée pour ouvrir les yeux, ma bouche travaille déjà pour deux. Il revient avec un plateau complet :
- des pastilles au thym pour la toux
- DEUX oignons coupés
- un spray pour la gorge
- une casserole d'eau chaude avec des gouttes à l'eucalyptus dedans
- un mug bouillant de lait aux herbes de provence et au miel

"Tu m'empêches de dormir"
(N'est-il pas adorable ?) - Cette phrase, dans ce contexte particulier, peut être prise au premier ou au second degré, au choix. - Ou comment mon Belge arrive à être désagréable en faisant des choses gentilles.

Je goute mon lait. "Berk, t'as mis quoi dedans ?"
Il se marre : "Du cognac"
Croyez-le ou non, ce cocktail détonnant a eu raison de ma toux en 2 minutes. J'ai tout pris en une fois, et j'ai dormi comme un bébé.

Merci Chéri.

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19 mars 2013

La délégation

par Maritxu

En fait, je ne l'avais pas racontée !

Donc, comme annoncé dans le post précédent, la Pucine a un don pour la délégation. J'avais déjà évoqué le fait qu'elle était très bruyante et pas patiente pour les choses qui demandent de la précision. Non seulement elle ne n'est pas beaucoup améliorée, mais en plus, elle a trouvé la parade pour arriver à ses fins : elle délègue.

Exemple :

Pucine entame un puzzle. Pas les vrais, non, ceux à gabarit : il faut juste faire rentrer les formes dans le plateau en bois. Elle saisit le picot à deux doigts - bien. Je lui montre où va la pièce. Oui, je sais, MEME CA elle ne sait pas faire encore. Elle la met à l'envers - Pas bien. Elle force. Elle crie. Je lui dis de tourner sa pièce. Elle essaie une demi-seconde et me tend l'objet de son ire. TA.

"Non, ma douce, moi je sais faire les puzzles, c'est à toi d'apprendre."

TAAAAAAAAAAAATTAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHAAAAAAAA

"Ok, ok, arrête de crier, je le fais."

C'est à se demander pourquoi je l'appelle ma douce.

Bon, je n'ai pas envie que vous pensiez que ma fille est un monstre, elle a aussi des bons côtés. Par exemple, par une magie inexplicable, elle, si brutale, est capable de rester une demi-heure complète à feuilleter un livre à moi, sans image, juste pour le plaisir de tourner les pages. L'honnêteté me pousse à préciser que même s'il y a des images, le livre est systématiquement à l'envers. Et que je me fais incendier quand je lui mets dans le bon sens.

Mais bon sang, de qui tient-elle ce fichu caractère ??


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Déjà mars...

Par Maritxu

Déjà en mars, et j'abandonne le blog... Pourtant, les enfants grandissent et je suis en train de laisser passer des perles.

Entre le Demi-Belge, qui s'intéresse à de plus en plus de choses, et la Pucine, qui baragouine, devient de plus en plus indépendante, j'ai de la matière.

Bon, une du Demi-Belge :

Il ne vous aura pas échappé que nous avons changé de Pape. Passer à côté de cette information relève de l'exploit. Donc, même mon fils est tombé sur une photo d'un magazine affiché dans la rue de Benoit XVI.
- Maman, c'est qui lui ? C'est un curé ? (N'oublions pas que Demi-belge est dans une école catholique. Ne me jetez pas la pierre, c'est la seule du village. Il a catéchisme tous les mercredi matin. Moi, j'essaie de rectifier derrière)
- Finement observé ptit gars. C'est même mieux qu'un curé, c'est le chef des curés. On appelle ça un pape.
- Pourquoi il est dans le journal ?
- Parce qu'il a décidé qu'il était trop vieux pour être pape. Il prend sa retraite. Certaines personnes pensent que c'est bien, et d'autres pensent qu'il faut être pape jusqu'à la mort, comme les autres papes ont fait. Toi, tu en penses quoi ?
-silence-
- J'ai le droit de rien en penser ?
- Tu as parfaitement le droit mon coeur, si tout le monde faisait comme toi et s'occupait de ses affaires, tout irait mieux.

Une autre. Je voulais carrément en faire une note et intituler ça " le mariage gay expliqué à mon fils ". Puis j'ai eu des lessives à faire.

- Maman, qu'est-ce que ça veut dire adopter ?
- Adopter un enfant, c'est lui donner une famille quand il n'a plus de papa et de maman.
- C'est quand les mamans n'aiment plus leurs enfants alors ?
- Pas de tout ! Les mamans aiment toujours leurs enfants. Mais des fois, les mamans meurent, tu sais. Ou elles ne peuvent vraiment vraiment pas garder leur bébé, pour des tas de raisons compliquées, mais c'est rare. Alors quelqu'un décide de confier le bébé tout seul à quelqu'un qui veut aimer un bébé, et qui ne peut pas en avoir.
- Comme quand il y a deux mamans alors ?
- EXACTEMENT ! Pour faire un bébé, tu sais ce qu'il faut ?
- Oui. Un papa, et une maman.
- Bien. Donc, quand il y a deux mamans, ou deux papas qui sont amoureux, ils ne peuvent pas avoir des enfants tout seuls.
- Oui.
- Alors ils adoptent quand ils ont envie d'avoir un enfant, et ils décident d'aimer cet enfant qui est tout seul. Comme ça, l'enfant est heureux, et les parents aussi. C'est clair ?
- Oui. C'est bien comme ça.

Je suis bien consciente que je ne livre que des conversations en moment, avec le demi-belge, mais ce sont vraiment ces conversations avec lui que je trouve intéressantes. Et puis de toute façons, c'est mon blog, débrouillez-vous avec.

Pucine, quant à elle, a un véritable don pour la délégation. Plus tard, cette enfant sera un chef quelquonque, à n'en pas douter.
Zut, je crois que j'ai déjà blogué ça. Bon, une autre.

Son vocabulaire s'étend. C'est amusant pour nous parce que le Demi-Belge n'a jamais voulu répéter des mots, et s'était inventé un vocabulaire bien à lui. Alors, les "popopom" pour "pommes" et autres "ssoooss" pour chaussures (ou chaussettes d'ailleurs) nous émeuvent aux larmes. Ok, je pousse un peu. Mettons que ça nous fait rire.

En revanche, elle lance, et je n'ai toujours pas trouvé de parade pour ça. Dès qu'elle est contrariée dans ses objectifs, c'est à dire 24 fois par jour, elle manifeste son désaccord par des hurlements stridents, et en lançant au loin tout ce qui se trouve à sa portée, doudou inclus. Evidemment, la proximité d'une baignoire remplie devient hautement dangereuse, parce que le doudou sus-mentionné a fini plus d'une fois dans la flotte, à 20 minutes du dodo, et même si elle le balance avec la dernière énergie quand elle ne veut pas dormir, il est quand même nécessaire à son endormissement. Cette gamine est pleine de paradoxes, je sais, ce n'est pas ma fille pour rien.

Pour l'empêcher de lancer, j'ai essayé la gentillesse, gronder, menacer, taper sur les doigts, rien n'a changé. A la première fessée, j'ai décidé que j'allais changer mon fusil d'épaule parce que décidement, je n'aime pas taper sur mes enfants. J'ai essayé le coin, ça a fonctionné une fois. A la suivante, elle avait bien compris qu'elle pouvait revenir hurler au milieu du salon toute seule, et je ne voyais pas comment j'allais bien pouvoir l'attacher à son coin. Parce que la petite fille est maligne, la crapule. Etape suivante, salle de bain fermée. Succès mitigé. Je ne l'y mets plus depuis qu'elle a pigé que mettre le réhausseur contre la porte lui permet d'atteindre la poignée et qu'elle s'est cassé la goule en ouvrant. Le lit ? Vous croyez vraiment que les barreaux vont la retenir longtemps ? La dernière fois, je suis rentrée in extrémis, elle avait déjà presque tout escaladé.

Je n'ai plus d'autres solutions, alors j'ai repris au début. J'explique calmement.

Je l'aurai à l'usure, vous allez voir.


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19 décembre 2012

Un peu de féminisme

Par Maritxu

Une amie m’a dit un jour que je pouvais ranger mon féminisme si je m’estimais traitée à égalité avec les hommes. S’il est vrai que dans mon métier et dans ma vie en général, je prends ma place et je m’affirme à l’égal des hommes, il m’arrive de m’insurger. Je prends ma cape et mon épée, bougez pas, j’arrive.

Ce midi, à la radio, je prends en cours une émission sur l’avortement. Apparemment un collectif demande l’abrogation de la loi dépénalisant l’avortement en Belgique (loi de 1990 seulement). Au téléphone, des « pro-vie » clament le droit à la vie des fœtus. Je mets quelques minutes avant de percuter : que des hommes. Que des hommes qui se permettent de dire des choses telles que « on ne devrait pas obliger les femmes à avorter » « les grossesses sont un moment de joie pour la vie à venir » « la majorité des femmes qui se présentent à l’avortement ne veulent pas avorter en réalité » « c’est la vie d’un futur être humain qui est en jeu »

Et le droit des femmes à avoir une vie, ils y ont pensé un peu, ces défenseurs de fœtus ? Parce qui va se fader les nausées / hémorroïdes / varices / vergetures / gonflements de la grossesse ? Et les lochies après pendant 2 mois ? Qui va souffrir le martyre pour mettre au monde le bébé ? Qui ne va pas retrouver sa silhouette après l’accouchement ? Qui ne va pas avoir toutes ses primes au boulot parce qu’elle a renouvelé les générations sans un seul jour de congé pathologique ? Qui va peut-être être obligée de mettre sa carrière entre parenthèse parce qu’elle n’a pas trouvé de mode de garde ? Voire même ne pas commencer de carrière du tout pour celles qui sont jeunes ?

Les mecs, vous êtes bien marrants, mais ce n’est pas vous. C’est nous, et nous seules, sauf éventuellement pour le dernier point, mais reconnaissez que les hommes au foyer ne sont pas légion.

Comme si c’était facile d’avorter. Comme si ça ne déchirait pas les trippes. Comme si ça ne faisait pas physiquement mal. L’avortement n’est pas un moyen de contraception, c’est la solution de la dernière chance. Croyez bien que si on pouvait se passer d’un avortement, on le ferait. Je le sais. Même si c’était pour raisons médicales, j’ai avorté, et ce n'est pas facile. J'ai avorté la mort dans l’âme et un embryon mort en dedans de moi. Je remercie encore cette petite chose de ne pas m’avoir obligé à la tuer, parce que j'avais choisi.

Le jour où on obligera les hommes à prendre la pilule pour contrôler LEUR moitié de futur embryon, on en reparlera. Déjà qu’on a des règles tous les mois, nous, il est temps que les emmerdes de la procréation soient un peu mieux partagées dans ce monde.


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26 novembre 2012

Dimanche pluvieux

Par Maritxu

C'est dimanche, et comme le titre l'indique, il pleut. La matinée a été remplie de dessins animés pour le Demi-Belge, de hurlements pour la Pucine, et de tentatives de lecture de BD pour moi. Belge dort dans le canapé à côté, perclus de courbatures : nous avons cassé du mur dans la nouvelle maison toute la journée de la veille. On avance, c'est bien. La maison est un véritable chantier maintenant.
C'est l'après-midi, il pleuvine et on s'ennuie. On pourrait, il faudrait faire quelque chose, mais personne n'a envie de lancer quoi que ce soit. On entend des tambours au loin. Tiens ? Des tambours ? Mais la saison des marches est finie dans le village, non ?
Ca se rapproche... Ce sont bien des tambours, il y a même une fanfare. Demi-Belge, viens à la fenêtre, viens regarder les costumes. Non ? Ton 4ème film de la journée est plus intéressant ?
DEMI-BELGE, C'EST SAINT NICOLAS DEHORS !!!

En une demi-minute, toute la famille est dans la rue pour recevoir ses bonbons et suivre le cortège. Qui nous amène à la salle communale, où, comme tous les ans, un spectacle est donné gratuitement.
On a perdu le Demi-belge pendant une heure et demie, disparu au premier rang. Nous nous tassons au fond, avec la Pucine debout sur mes genoux, très intéressée par les marionnettes liégeoises et l'emphase des comédiens. Encore une fois, le spectacle est de qualité, adapté aux enfants, mais qui a quand même bien fait rire les adultes. Encore une fois, Demi-Belge est ressorti avec un sachet de bonbons, et un bisou de Saint Nicolas, ravi. Encore une fois, je me félicite d'habiter un village si vivant, si convivial.
Floreffe, ou comment transformer un après-midi pluvieux en un début de Noël. Merci.

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