31 août 2012

C'est difficile de garder un lien

Par Maritxu

Quand on habite loin.
Quand on est à l’étranger et que le téléphone est plus cher.
Quand on a des enfants qui vous prennent tellement de temps qu’on n’émerge qu’à 21h30 des obligations, et qu’il est déjà presque trop tard pour appeler.
Quand c’est toujours moi qui relance.
Quand il faut planifier au millimètre ses vacances pour arriver à caser quoi que ce soit.
Quand mon mari travaille trop, et est rarement disponible.
Quand, du coup, il faut entretenir son couple dès que l’occasion se présente au lieu d’entretenir ses amitiés.
Quand on a besoin de souffler toute seule aussi.
Quand on se pose des questions qu’on n’ose pas poser, alors que tout devrait être simple.
Quand le lien qui était pourtant si fort se dilue dans l’absence.
Quand ça fait tellement longtemps qu’on ne s’est pas vues que proposer une rencontre devient difficile, alors qu’on en a envie.
Quand les promesses d’organisation ne tiennent pas.
Quand les copains sont dans la merde et qu’ils n’appellent pas.
Quand on est prévenus d’une grossesse avec le faire-part de naissance.
Quand on est même carrément prévenu d’un mariage par Facebook.

Des fois, c’est triste et foutu, des fois, c’est réparable.
Cette fois-ci, j’ai tout envoyé baladé, mes enfants ne seront pas si traumatisés que ça si je ne suis pas là quand ils rentrent de vacances, merde, faut bien que leur père serve un peu à quelque chose. Puis ça fait une semaine qu’ils ne m’ont pas vue, ils ne vont pas mourir avec 8 heures de plus. Je rentrerai le soir, et je profiterai des mes copines.
Limite, je rentrerai le lendemain.
On verra.


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29 août 2012

Première fois au cinéma

Par Maritxu

« Mais non Maman, j’y suis déjà allé avec l’école »
Chut.
Première fois au cinéma avec moi, donc c’est une première tout de même.

De son propre aveu, la salle est beaucoup plus grande qu’avec l’école (YES). C’est un dimanche pluvieux de vacances, la moitié de Namur a eu la même idée que nous. Arrivés avec un quart d’heure d’avance, sans billet, les pubs ont déjà démarré quand on arrive enfin dans la salle. Cela peut sembler court pour un parisien habitué aux salles bondées, mais ici à Namur, c’est exceptionnel de passer 15 minutes dans une queue. D’ailleurs, ici, on dit « file ». Bref. Je m’égare.

Quand on rentre dans la salle, donc, l’écran est allumé. On passe devant pour se trouver deux places. Demi-Belge ne lâche pas l’image des yeux : c’est gigantesque. Il est impressionné. Juste le temps de se rendre compte que sa voisine vient de passer une semaine avec lui en stage de vacances (oui, la Belgique, c’est VRAIMENT tout petit), et l’obscurité se fait.
Ca commence par un joli court-métrage sans paroles. C’est mignon, et, forcément, court. Quand c’est fini, Demi-Belge se retourne vers moi tout content : « C’était bien ! On s’en va maintenant ? »
Non mon chéri.

Le film commence. On a choisi « Rebelle ». La scène d’introduction est bien fichue, avec un gros ours qui fait peur. Demi-Belge a eu peur. Mais pas trop. Enfin, si un peu, mais j’ai peur de rien, moi, tu sais Maman.
Le film passe. Ca se castagne beaucoup, sur le ton de la rigolade.
« T’aimes bien mon cœur ? »
« Moi j’aime pas trop la bagarre, ça fait un tout petit peur, mais pas beaucoup »

L’ours revient, évidemment. Dès les premières minutes, une petite fille devant nous est sortie, en larmes, dans les bras de son papa. Je sens que le mien n’est pas rassuré. Pourtant, il n’a peur de rien, rappelez-vous.
« Finalement si, j’ai peur maman ».

Il a terminé la séance sur mes genoux, bien serré contre moi.

Il retournera avec plaisir au cinéma, bien sûr, mais on choisira biiiiiien le film. C'est vrai que l'image et le son d'un cinéma, ça change la donne et les sensations par rapport à l'écran de notre ordinateur. (Je rappelle que nous n'avons pas la télé, donc encore moins de 16/9ème)

Quant à moi, j’ai passé un excellent moment, merci.


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25 août 2012

Madeleines

Par Maritxu

 

Hier, j'ai fait ça :

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Et croyez-moi, elles étaient aussi délicieuses que belles. Pucine et Demi-Belge se sont régalés, et même mon Belge-chéri a reconnu qu'elles étaient bonnes. C'est dire.

Merci au blog de Piroulie sur lequel j'ai trouvé la recette ! J'ai fait celle de Lenôtre, en remplaçant le citron par un bouchon de fleur d'oranger.

 

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22 août 2012

Opposer la raison aux sentiments

par Maritxu

Tout le monde a entendu parler de l’ignoble affaire Dutroux. La Belgique en est encore toute retournée, et elle a donné lieu à de profonds remaniements dans les services de police. Moi qui suis maman à présent, j’ai du mal à en entendre parler sans éprouver une envie de vomir.
Sa femme, Michelle Martin, est elle aussi en prison. Elle y a passé suffisamment de temps pour pouvoir demander une libération conditionnelle. Il est question qu’elle aille vivre dans un couvent. Il y a évidemment une levée de boucliers dans un sens comme dans l’autre. Je suis plutôt dans le camp de ceux qui croient en la seconde chance, qu’un homme (ou une femme en l’occurrence) ne doit pas être défini uniquement sur ses actes passés. Qu’une conditionnelle ne se donne pas à la légère, surtout après des actes aussi dramatiques et médiatisés que ceux dont elle s’est rendue coupable. De plus, un couvent est une situation idéale pour vivre en recluse.

Sauf que le couvent en question est dans la même ville que celle où Pucine est à la crèche.
Dans la même rue.
C’est le numéro à côté.

De savoir que ma fille-chérie-prunelle-de-mes-yeux sera à moins de 80m de quelqu’un qui a aidé à enlever, torturer et tuer des enfants, et qui en a laissé sciemment deux mourir de faim, tout mon être se hérisse.
Faut que j’arrive à rationnaliser.

C’est pas facile.


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21 août 2012

Doudou

(Maritxu, évidemment, avec un titre pareil)

Il n'y a pas si longtemps, j'ai fait un article sur les doudous, expliquant en long et en large pourquoi je n'avais jamais acheté de doublon de doudou au demi-belge. (http://sortinghat.canalblog.com/archives/2011/12/14/22964166.html, en attendant de mettre un lien pour de vrai, dès que j'ai un ordinateur sans restriction, aka Maritxu, arrête de bloguer au bureau)

Bon, je sens que je vais changer mon fusil d'épaule rapidement.

Pucine avait donc un doudou à la maison, et un doudou à la crèche. Je ne sais pas comment se passe sa relation avec son doudou à la crèche, mais à la maison, c'est de plus en plus fusionnel.

Entre mes vacances et celles chez les mamies, elle a vécu avec son seul doudou-maison (c'est un lapin, appelons-le doudou-lapin) pendant un mois. Quand nous sommes retournées à la crèche, j'ignorais comment allaient se passer les retrouvailles avec son doudou-ours (celui de la crèche, vous avez compris). j'ai donc ammené l'autre en refort.

Et je l'ai oublié le soir en repartant.

Grave erreur.

Grave, grave, grave.

Tout s'est très bien passé jusqu'au moment du coucher. J'ai bien expliqué à ma fille que j'avais oublié son lapin, et qu'il faudrait qu'elle en choisisse un autre pour la nuit. Arrivée dans son lit, je sentais bien pourtant qu'elle cherchait quelque chose. Je l'ai laissée tout de même, espérant qu'elle s'endorme.

10 minutes de hurlements plus tard, on est remontés la chercher, elle empêchait son frère de dormir.

Plutôt contente de redescendre, elle a joué un peu avant de tomber de fatigue.

Evidemment, elle n'a pas retrouvé son doudou dans son lit.

On décide de la laisser hurler. 20 minutes plus tard, je craque, c'est horrible. J'essaie de la calmer, j'y arrive presque, en lui faisant un massage. Elle est sur le ventre, dans mon lit, et ne bouge plus du tout; elle profite. Je crois l'avoir endormie, et j'arrête en douceur. Dès que mes mains ont quitté son dos, elle se redresse d'un bond. Raté. Comme elle est détendue tout de même, j'essaie de la recoucher. Il y a belle lurette que son grand frère dort.

Au bout d'une demi-heure de cris d'agonie à faire peur, sans interruption, je retourne la chercher. Toutes les peluches, poupées, vêtements à moi que je lui présente sont balancés avec la dernière énergie. Même la tétine y passe. Elle est en manque, je ne vois pas d'autres explications.

On la recouche enfin, parce qu'elle hurle couchée, la face contre le canapé : elle n'en peut plus, mais elle VEUT son doudou.

Elle a déclaré forfait à 22h30, et s'est endormie au milieu d'un hurlement.

On n'est pas sortis de l'auberge mes amis. Quel caractère !

Et je file acheter un doudou de rechange. Plus jamais ça !


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20 août 2012

Bisous

Par Maritxu

En ce moment, Demi-Belge est une machine à me faire des bisous. Est-ce la conséquence de 2 semaines loin de moi pour cause de "il-est-en-vacances-et-moi-pas" ? Possible. Mais, si c'est merveilleux le premier quart d'heure, ça devient envahissant au bout d'une demie-journée, et au bout de deux jours, j'en ai un peu marre. Alors je lui demande gentiement d'arrêter de me faire des bisous comme ça, à tout bout de champ, il faut quand même me laisser respirer.

Il me dévisage outragé (fallait s'y attendre) :

- Mais Maman, tu peux pas m'empêcher de te faire des bisous ! Ca veut dire que je t'aime et moi je t'aime tout le temps !

Bon, ok. Tu peux.

Dieu que j'espère que la deuxième fasse un complexe d'Oedipe et qu'elle tombe amoureuse de son père. Il verra un peu.

Jusqu'à présent, c'est pas gagné, elle arrive à toutes berzingues dès que son frère me fait un calin, et hurle à la mort en tapant sur ma main quand j'ai l'audace de donner la main à une autre petite fille.

Je les couve trop ou quoi ?


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18 juillet 2012

Et si ?

par Maritxu

Souvent, quand ma vie part en cacahuète, je me pose la question. Et si j’avais choisi cette option-là, que ce serait-il passé ? Sachant ce que je sais, aurais-je fait la même chose ?

Je suis globalement contente de ma vie et de mes choix professionnels. Je pense honnêtement que je n’aurais eu aucun débouché en lettres par exemple, mon esprit est résolument scientifique. C’est plutôt dans la sphère amoureuse que ces questions se posent.

Je me suis investie dans certaines relations (une en particulier) qui ont été un échec au final. Aurais-je seulement débuté ces relations le sachant ? Je ne crois pas. Pas toutes en tous cas. Mais du coup, me voilà célibataire à une époque où je ne l’étais pas. Que pouvait-il se passer ? Aurais-je pu rencontrer quelqu’un ?
Je me dis que si je devais être à nouveau célibataire, avec mon corps de mes 20 ans et ma mentalité d’aujourd’hui, j’aurais fait des ravages. J’étais très complexée à l’époque. Je me trouvais grosse (j’en hurle de rire rétrospectivement), j’étais peu sûre de moi, je faisais beaucoup de bruit pour cacher le fait que j’étais mal à l’aise, très attentive à ce que les autres pouvaient penser de moi. Je n’osais jamais faire le premier pas. Limite, je fuyais quand on me draguait, ou je ne le voyais carrément pas.

Je me rappelle notamment un steward dans un avion (beau gosse en plus) qui avait très lourdement insisté pour que je remplisse le papier pour s’abonner aux vols fréquents, et à qui j’ai expliqué deux fois poliment que je ne prenais pas assez souvent l’avion pour que ça valle le coup. Deux heures après être sortie de l’aéroport, je percute que je suis la seule de toute l’allée à qui il a proposé ça. Quelle conne. J’aurais dû tiquer quand il a demandé « juste le nom et le numéro de téléphone ça ira ». Quelle conne, vraiment.

Bref, revenons à nos digressions.
Par exemple, que ce serait-il passé si j’avais seulement osé aborder « les yeux verts » à cette si mémorable soirée à l’ENPC ? Il aurait peut-être été en couple, mais au moins, je ne me serais pas trainé le regret de ne pas le savoir encore aujourd’hui. On s’est croisés au moins 5 fois tout au long de la nuit, en se regardant de loin, de façon insistante, chacun dans son groupe de potes, sans que jamais l’un fasse un pas vers l’autre. On m’enterrera avec mes regrets !

Et puis, Charles ? Charles était à la fac avec moi. Mais Charles n’était pas dans mon amphi, et on ne se croisait que très rarement. Mais à chaque fois qu’on se voyait, on quittait tout pour venir bavarder ensemble, 5 à 10 minutes avant que nos cours respectifs commencent. Avec lui, il y avait moyen, je le savais. Et comme il n’a jamais rien tenté, je suis restée dans mon coin. Et pourtant… Le genre de garçon que tu présentes à tes parents, beau, intelligent, solide. Et si ça se trouve un nul au lit, et un connard dans l’intimité, mais je ne le saurais jamais. Et franchement, Charles est un grand regret.

Mais, dans tous ces peut-être, aurais-je eu les magnifiques enfants que mon Belge m’a fait ? Dès que cette pensée atteint mon cerveau, je m’arrête de divaguer. Ho. Stop. Mes enfants sont la prunelle de mes yeux, et l’idée seulement qu’ils puissent ne pas exister me hérisse.
Finalement, on ne change rien à ma vie.
Rendez-moi mes enfants !


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15 juillet 2012

Les rêves

Par Maritxu

 

- Dis-moi, tu as fait des rêves cette nuit ?

- Oui, j'ai fait des rêves méga-super-géniaux, mais je ne m'en souviens pas parce que je dormais trop bien.

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05 juillet 2012

Bref

Par Maritxu

Un soir comme un autre, on regarde une connerie sur l'ordi. Le téléphone sonne, Chéri décroche, ce sont surement les enfants, c'est l'heure du coup de fil du soir.

Je pige assez vite, à entendre la conversation, à base de "Ouais" "t'es dingue" "put**", et autres joyeusetés, qu'il ne s'agit pas des enfants, mais d'un pote. Une fois qu'il a raccroché, Belge vient se coller amoureusement contre moi et commence à me faire des bisous dans le cou... Je suis RAVIE de ce moment tendresse, mais je m'interroge : quel pote peut bien lui faire cet effet-là ??

- "Dis, mon coeur.... (oui ?) Ya Steph qui va passer ... (donc, c'est Steph. Mais pourquoi ??) ....
....
... Pour regarder le match de foot."

OK. j'ai compris.

 

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28 juin 2012

Vacances

par Maritxu

Ce soir, premier soir de vacances scolaires pour mon Demi-Belge (mais quelle idée de finir l’année un jeudi, je vous demande un peu ?) et donc, ce soir, début du planning de garde des vacances.

Si vous êtes adeptes du dernier moment, des vacances choisies au pied levé, de l’improvisation, un conseil : ne faites jamais d’enfants. Entre le grand en congé d’école, la petite et sa crèche à congés imposés, mon boulot qui me réclamait mes dates de vacances d’été dès mars, et les différents mariages de l’année, autant dire que tout est planifié depuis belle lurette.
Faut dire que le choix est grand au beau royaume de Belgique. Notre petit village permettrait de fourguer notre demi-belge scolarisé pendant tout l’été à différents organismes chargés de l’occuper pendant que nous gagnerions péniblement de quoi le faire manger. A des tarifs tout à fait convenables, en plus. Plaines de vacances organisées par la commune, ateliers organisés par le centre culturel, stages sportifs organisés par un organisme national, et je passe autant de sorties ponctuelles de visites diverses et variées… On a de la chance, on a même pu se permettre de choisir, et en plus, comme on habite la commune, on était prioritaires. Pour une fois que tout roule ! Mais bon, il faut aussi caser la Puce, qui n'aura d'autre recours que les mamies quand la crèche fermera ses portes...

Ce soir donc, l’agenda prévoyait l’arrivée de ma belle-mère pour garder le Demi-Belge vendredi pendant que la Puce irait à la crèche. Nous avions un diner de famille commun prévu le samedi, et il était prévu que ma belle-mère et les loupiots partiraient ensuite passer une semaine chez elle. Mais, mais… finalement, il fait beau (enfin !) et ma belle-mère préfère les emmener tout de suite, pour profiter du jardin. Elle a raison. Mais psychologiquement, je n’étais pas prête à les lâcher dès ce soir.
Vous avez noté l’imparfait ? Etais.
J’attends ce soir avec appréhension, mais avec soulagement aussi. Prendre un peu de temps pour moi, savoir à quelle heure je vais me réveiller, ne pas prévoir les repas, finie la corvée de bain, ne pas avoir d’horaires imposés, sauf par moi-même…

Mauvaise mère ? Non, même pas la plus petite once de culpabilité. Je crois que j’ai besoin de vacances, moi aussi.


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