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Nobody expects the Spanish inquisition
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24 janvier 2008

L'irlandais en s'amusant (ou presque)

L'irlandais, vous vous en doutez, n'est pas une langue facile à prononcer. Une fois que vous aurez compris que craic (fun) se prononce « crac », failte (welcome) se dit « faltcha », you'll get the picture.

Mais, comme dans beaucoup de langues difficiles, la prononciation des noms propres irlandais est un délice. Surtout comparé à la façon dont ils s'écrivent.

(prononciation approximative, évidemment, c'est pas facile de transcrire ces noms de façon simple)

Les usuels: Connor, Seán (Shonn), Seamus (Shimeus) et Cormac.

Ca se corse: Ciarán et Kieran (Kiran), Cían (K-i-an), Niall (Naïaul), Fergal, Geoff (Jeff), Killian (Kil-i-an), Colm (Colom) Declan (bien prononcer Déclan, et pas Diclan – ils s'offusquent, « dick » n'est pas un joli mot en anglais).

Plus la peine de ne serait-ce que penser à les prononcer comme ils s'écrivent: Cathal (Caral – prononcer le « th » un peu comme la jota espagnole – et encore), Eoghan et Eoin (Owen), Padraig (Porrig), Oisín (Oïjin), Diarmuid (attention: Daïarmid), Eamon (Imonn).

Il y a des filles aussi (mais pas dans mon école ;-): Niamh (Nive), Aine (Ogna), Aoife (Ifa), etc.

Et dire que je m'y suis habituée. :D

Et puis, bien sûr, j'ai quantité de James, John, Jack, Michael, Paul, Jamie (ah, mes Jamie... ^^), Shane, Ben, Denis, Rory, etc!

Et j'ai un Ken. :-)


Cela dit, dans les sept classes à majorité d'élèves irlandais que j'ai, je n'ai qu'un Seamus.  Quand je vois que le seul sorcier irlandais dans Harry Potter s'appelle Seamus Finnigan, je me sens lésée. Surtout que y a pas un seul Finnigan non plus.

EDIT: Pour répondre à la question de Maritxu, qui est "combien de O'Machin j'ai dans mes élèves": tous les garçons s'appellent O'Truc, Machin ou Bidule. Tous, sans exception. Tout simplement parce que c'est la façon de désigner un homme en irlandais. Son nom est précédé du "O", bien connu de tous, et les filles sont appelées "Ni'Machin/Truc/Bidule". Certains l'ont gardé dans la traduction anglaise, c'est tout...^^ Donc théoriquement, tous mes élèves ont ce "O" accroché à leur nom de famille.

(et puis dans les filles, j'ai oublié les Sinéad [shinaid], Maire [Moïra], Mairead [Meraid]...^^ Et aujourd'hui j'ai découvert que Seamus était la version irlandaise de James/Jacques! On en apprend tous les jours en Irlande, c'est fou.)

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24 janvier 2008

Comptines

Par Maritxu

Quiconque a été un jour un enfant a entendu « un grand cerf dans sa maison ».

Quiconque a un jour côtoyé un enfant de moins de 3 ans a mimé « un grand cerf dans sa maison ».

Quiconque a un jour essayé de chanter cette comptine en duo avec un autre adulte s’est aperçu qu’on n’a pas exactement les mêmes paroles !

En effet, deux versions de cette magnifique, inépuisable et transgénérationelle chanson existent :

Celle-ci

Dans sa maison, un grand cerf
Regardait par la fenêtrecerf
Un lapin venir à lui
Et frapper à l'huis :
"Cerf, cerf, ouvre-moi
Ou le chasseur me tuera !"
"Lapin, lapin, entre et viens
Me serrer la main !"

Et celle-là

Un grand cerf, dans sa maison,
Regardait par la fenêtre,
Un lapin venir à lui,
Et crier ainsi:
"Cerf, cerf, ouvre-moi,
Ou le chasseur me tuera !"
"Lapin, lapin, entre donc,
Me serrer la main."

D’un point de vue strictement personnel, j’avoue me servir de la version 2 avec une touche de version 1, encore qu’à mon avis, Arthur se fiche éperdument de ce que je raconte, étant vachement plus intéressé par les gestes.

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu’un deuxième couplet existait également !! Je le livre à vos yeux fébriles et ébahis (vous avez noté comme une biographie de Gotlib reçue à Noel peut avoir des conséquences sur les adjectifs qu’on emploie au quotidien ?) :

Le petit lapin entra

Et le chasseur s'en alla.

Le grand cerf fit à manger :

Carottes et navets.

"Cerf, cerf, grand merci !

Tu es mon meilleur ami"

Et le lapin réjoui

Reparti chez lui !

Edifiant. Je suis bien contente d'être venue.

D’ailleurs, en parlant de comptines pour enfants, je suis persuadée que « à la claire fontaine » n’est pas la douce et belle chanson qu’on voudrait nous faire croire. Petit rappel du texte :

A la claire fontaine, m'en allant promener,

J'ai trouvé l'eau si belle que je m'y suis baignée.

Il y a longtemps que je t'aime, jamais je ne t'oublierai. 

Sous les feuilles d'un chêne je me suis fait sécher,

Sur la plus haute branche, un rossignol chantait…

Chante, rossignol, chante, toi qui as le cœur gai,

Tu as le cœur à rire, moi je l'ai à pleurer. »…

« C'est pour mon ami Pierre qui ne veut plus m'aimer,

Pour un bouton de rose que je lui refusai. »…

« Je voudrais que la rose fût encore au rosier

Et que mon ami Pierre fût encore à m'aimer. »

Sans rire, vous pensez que son copain Pierre lui refuse son amitié pour une bête fleur ? Ne pourrait-on pas penser que le fameux « bouton de rose » est une jolie expression pour parler du sexe féminin ? Ce ne serait a priori pas la première fois qu’on le comparerait à une fleur…

Donc, à la lumière de ce nouvel éclairage, on comprend mieux pourquoi Pierre fait la gueule : sa copine n’a non seulement pas voulu lui offrir son pucelage, mais en plus elle l’a donné à quelqu’un d’autre !

Alors, les comptines de nos enfants seraient-elles des poèmes libertins d’un autre siècle ?

23 janvier 2008

Enorme !

Par Maritxu

Récemment, au hasard de mes pérégrinations internettives (je dis c'qu'j'veux!), je suis tombée sur ça :

vin

Et j'ai bien ri ! J'adore : "le vin c'est le lait des vieillards" !! Je pense que mon grand-père va apprécier ces précieux conseils de Monsieur Pasteur en personne.

Bon, pour être tout à fait franche, j'ai vu la citation sur la page Facebook d'une copine et j'ai par la suite retrouvé le document originial. Rendons à César-sofi ce qui lui appartient...

20 janvier 2008

Des nouvelles de l'Irlande

    Ca fait longtemps.

    La rentrée a été éprouvante, d'abord à cause du voyage: je suis rentrée avec ma colocataire, française et assistante comme moi, qui déteste l'avion. L'occasion rêvée pour essayer un nouveau trajet! Que je ne referai pas, bien trop long... Jugez vous-même: nuit sur Paris, Eurostar to London, train jusqu'à Reading (à l'ouest de Londres), où nous avons attendu que Lars, assistant d'allemand, vienne nous chercher en voiture, pour aller jusqu'à Fishguard, sur la côte galloise. Là, nous avons attendu (encore) le ferry. Arrivée à Rosslare vers 3h du matin, et voiture jusqu'à Tullamore. Tout un périple! Maintenant, je peux dire « je l'ai fait », mais plus jamais, merci.

    Nous avons pu ainsi constater qu'en matière de langage vernaculaire impossible à prononcer, les Gallois se débrouillent assez bien! Voyez plutôt: Blaenplywf, Pant-y-dwr... Quite scary, isn't it?

    Mes élèves se portent toujours aussi bien... Trop bien parfois, même. Mes premières années sont toujours aussi chou, ils n'ont (Dieu merci!) pas grandi pendant les vacances. Je m'occupe des troisièmes années “ordinary level”, ceux qui se fichent du français comme de la dernière bouteille de Lucozade qu'ils ont bu à déjeuner. Encore que, cette horrible bouteille doit leur tenir plus à coeur que mon cours. Je fais passer des oraux blancs aux sixièmes années, terrorisés. Ca me fait tout drôle d'être l'examinateur, après avoir passé tellement d'oraux dans ma jeune vie. Je n'aime pas les voir si stressés, les pauvres petits! Ils tremblent comme des feuilles, ils bafouillent, ils parlent anglais plutôt que français, ils soupirent, ils abandonnent dix fois en dix minutes d'entretien... et ils sont tellement souriants quand ils quittent la classe!

    Petit moment entre étrangères, au cinéma, devant PS: I Love You. La moitié du film (ou presque) se passe dans notre belle contrée d'Irlande, avec du pur accent irlandais... accompagné des bonnes expressions. Ainsi, lorsqu'un personnage répond que “oh, no, thanks, I'm grand”, il y a trois étrangères qui sont les seules à rigoler dans la salle pleine d'Irlandais... parce qu'il n'y a qu'en Irlande qu'on entend “grand” à toutes les sauces! “Thanks a million, you're grand” (merci, t'es trop sympa), “I'm grand” (je vais bien), etc.

    Et puis, hier on est sorties, et on a bu une pinte de Guinness à quatre, pour Lars. Encore que, comme dit Teresa, pour lui rendre vraiment hommage, il aurait fallu en boire six ou sept.

11 janvier 2008

Pour Lars

Et le cœur ! Ah le cœur, il est en mille morceaux le cœur, quand on est un géant de cent trente ans ! On a connu l’amour et la mort, qui l’ont arraché plus d’une fois ! Alors on compense avec des ombres. C’est comme du ciment. Tu viens d’avoir un grave accident de cœur. Tu vas avoir tendance à rapetisser sous le poids des choses, mais tu vas devoir grandir d’un seul coup, tu vas te claquer des scolioses de partout dans le corps et dans le cœur si tu ne te rééduques pas comme il faut, oui oui ! Il te faut de quoi recoller les morceaux ! oui oui ! Voilà ton ombre, garçon, fait-il en trifouillant quelque chose dans mes épaules. C’est pas facile à traîner tous les jours, mais dedans il y a de quoi te réparer de l’intérieur.

C’est comme s’il m’enduisait tout le corps d’un baume apaisant, c’est un peu froid, mais ça fait du bien.

(…)

- J’ai quelques recommandations à te faire pour essayer de sortir vivant de tout ça : D’abord tu dois combattre seul. Ne mêle personne à ça, même ceux que tu aimes, surtout ceux que tu aimes. Je ne te dis pas de vivre en reclus, au contraire, mais le combat intérieur tu dois l’effectuer seul. Ton ombre est une arme qui peut devenir redoutable pour déjouer la mort. Tu apprendras à t’en servir. Il faut seulement un peu de pratique.

« Ensuite, tu ne dois pas utiliser les portes qui mènent au pays des morts. Se battre contre la mort ne veut pas dire aller la voir de près. La seule manière de tuer la mort, c’est de rester en vie. Reste tourné vers la vie. L’ombre fonctionne comme une sorte de vaccin, elle contient la mort, mais tu ne dois pas y toucher. Ne déconne pas avec ça, c’est ce qui fait le plus souvent échouer le traitement. Ca et les gens qui n’ont pas voulu de la vie. Mais ceux-là seraient morts de toute façon.

Extrait de "Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi" de Mathias Malzieu

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10 janvier 2008

Déprime du dimanche soir

Par Maritxu

Dimanche soir, 20h30.

Le téléphone sonne.

-  Bonsoir, c’est la nounou d’Arthur.

-  Bonsoir, vous allez bien ? Qu’est-ce qui se passe ?

-  Heu, je voulais vous dire que ça ne va pas avec Arthur.

-  Comment ça ? Vous avez un problème pour demain matin ?

-  Non, non, je veux dire que je sens bien qu’il n’arrive pas à s’adapter à moi, et que ça ne va pas marcher entre nous.

-  Attendez, mais on vient à peine de commencer l’adaptation ! Vous ne l’avez eu que trois demi-journées et en plus il a dormi toute une matinée !

-  Non, je suis sure que ça ne va pas, il est tout raide dans mes bras.

-  Mais laissez-lui le temps et laissez-vous le temps aussi de vous habituer l’un à l’autre !

-  Non, y a pas que ça, vous avez marqué « septembre » pour la fin du contrat, et ça me gène.

-  Mais pourquoi ? C’est renouvelable un contrat !

-  Oui, mais vous vous laissez la porte ouverte pour le mettre en crèche, c’est ça ?

-  Mais s’il est bien chez vous, je le laisserai évidemment chez vous, c’est le bien-être de mon bébé que je cherche !

-  Sur l’autre contrat, on a rien marqué, et la maman m’a dit qu’elle me le laisserai jusqu’à ce qu’il rentre à l’école. Vous comprenez, s’il s’en va en septembre, moi je vais m’attacher, et ça va être très dur de le laisser, je vais pleurer et ça va être très dur.

-  Mais vous vous rendez bien compte que je ne peux pas m’engager vis-à-vis de vous pour trois ans ?? On ne sait pas ce qui peut se passer en trois ans ! Et contrairement à l’autre maman, moi, je m’engage jusqu’en septembre ! Elle, si elle n’a rien rempli, elle ne s’engage à rien, c’est pas honnête !

-  Non, c’est pas ça, et puis on m’a proposé un autre contrat, où le bébé arriverait en mai et en attendant la maman me réserve.

Paf.

Ben voilà, contre ça je ne peux pas lutter. Quand on est payé à rien garder, c’est sûr que c’est plus sympa que de tenter l’adaptation d’un râleur.

Dans les dents.

-  Mais je comprends bien que je vous mets dans l’embarras (-sans blague-), et si vous voulez, je peux vous garder Arthur pendant 15 jours, le temps que vous trouviez quelqu’un d’autre.

Comme si, après ça, j’avais envie de lui laisser mon gamin, tiens.

Connasse.

PS : Bon, on a retrouvé quelqu’un en urgence, mais forcément c’est plus loin, il y a des périscolaires, mais bon, elle a l’air bien quand même. Du coup, faut recommencer toute l’adaptation alors que j’ai repris le boulot et que Belge-chéri avait des rendez-vous hyper importants à l’autre bout de la Belgique, évidemment. Merci tout plein à belle-maman qui est venu camper chez nous pour faire le tampon, même si elle ne lit pas ce blog. Tout peut arriver un jour.

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