Déprime du dimanche soir
Par Maritxu
Dimanche soir, 20h30.
Le téléphone sonne.
- Bonsoir, c’est la nounou d’Arthur.
- Bonsoir, vous allez bien ? Qu’est-ce qui se passe ?
- Heu, je voulais vous dire que ça ne va pas avec Arthur.
- Comment ça ? Vous avez un problème pour demain matin ?
- Non, non, je veux dire que je sens bien qu’il n’arrive pas à s’adapter à moi, et que ça ne va pas marcher entre nous.
- Attendez, mais on vient à peine de commencer l’adaptation ! Vous ne l’avez eu que trois demi-journées et en plus il a dormi toute une matinée !
- Non, je suis sure que ça ne va pas, il est tout raide dans mes bras.
- Mais laissez-lui le temps et laissez-vous le temps aussi de vous habituer l’un à l’autre !
- Non, y a pas que ça, vous avez marqué « septembre » pour la fin du contrat, et ça me gène.
- Mais pourquoi ? C’est renouvelable un contrat !
- Oui, mais vous vous laissez la porte ouverte pour le mettre en crèche, c’est ça ?
- Mais s’il est bien chez vous, je le laisserai évidemment chez vous, c’est le bien-être de mon bébé que je cherche !
- Sur l’autre contrat, on a rien marqué, et la maman m’a dit qu’elle me le laisserai jusqu’à ce qu’il rentre à l’école. Vous comprenez, s’il s’en va en septembre, moi je vais m’attacher, et ça va être très dur de le laisser, je vais pleurer et ça va être très dur.
- Mais vous vous rendez bien compte que je ne peux pas m’engager vis-à-vis de vous pour trois ans ?? On ne sait pas ce qui peut se passer en trois ans ! Et contrairement à l’autre maman, moi, je m’engage jusqu’en septembre ! Elle, si elle n’a rien rempli, elle ne s’engage à rien, c’est pas honnête !
- Non, c’est pas ça, et puis on m’a proposé un autre contrat, où le bébé arriverait en mai et en attendant la maman me réserve.
Paf.
Ben voilà, contre ça je ne peux pas lutter. Quand on est payé à rien garder, c’est sûr que c’est plus sympa que de tenter l’adaptation d’un râleur.
Dans les dents.
- Mais je comprends bien que je vous mets dans l’embarras (-sans blague-), et si vous voulez, je peux vous garder Arthur pendant 15 jours, le temps que vous trouviez quelqu’un d’autre.
Comme si, après ça, j’avais envie de lui laisser mon gamin, tiens.
Connasse.
PS : Bon, on a retrouvé quelqu’un en urgence, mais forcément c’est plus loin, il y a des périscolaires, mais bon, elle a l’air bien quand même. Du coup, faut recommencer toute l’adaptation alors que j’ai repris le boulot et que Belge-chéri avait des rendez-vous hyper importants à l’autre bout de la Belgique, évidemment. Merci tout plein à belle-maman qui est venu camper chez nous pour faire le tampon, même si elle ne lit pas ce blog. Tout peut arriver un jour.