Première fois
Par Maritxu
Première fois... A presque 2 ans, Arthur a déjà expérimenté des tonnes de premières fois, avec plus ou moins de bonheur, et ces "premières fois" vont encore jalonner sa vie, à un rythme moins élevé bien sûr.
Cependant, il y avait jusqu'à aujourd'hui, une "première fois" dont je me serais bien passée. Aurjourd'hui donc, pour la première fois, je lui ai donné une fessée. Je ne suis pas fière.
J'ai un point de vue particulier sur la fessée. Petite, j'en ai reçu, ("des tas !" a dit ma mère), et je ne m'en souviens d'aucune. A mon sens, c'est parce qu'elles étaient données à bon escient. Par contre, j'ai un souvenir cuisant des tapes sur les doigts que Papa nous donnait le soir quand on avait été odieux. Pourtant, elles ne faisaient pas mal, ces tapes, mais la honte de voir papa nous enguirlander -ce qui n'arrivait pas si souvent- était suffisante pour nous faire pleurer à chaudes larmes.
Moralité : les punitions doivent tomber immédiatement !
De ma philosophie de la vie, j'estime qu'il est idiot de taper un enfant et de lui apprendre à ne pas taper ni sa fmille ni ses copains dans le même temps. Ce n'est pas cohérent et les enfants ne sont pas des imbéciles. Jusqu'à présent, ses punitions se limitaient à la mise au lit, sans jouets, sans doudou, sans tétine, pas plus de 3 minutes, sinon je pense qu'il oublie pourquoi il a été puni. Souvent, la simple menace du lit suffisait à faire passer la colère et/ou la connerie en cours.
Parfois, une tape sur les doigts, quand le lit est inaccessible (en sortie particulièrement). Là aussi, la menace est souvent efficace.
Mais ce midi...
Depuis quelques temps, j'ai du mal à le faire manger correctement. Si ce bébé pouvait se nourrir exclusiement de fromage et de viande, il serait ravi. Seulement voilà, tous les nutritionnistes sont d'accord, il faut des légumes pour une alimentation équilibrée. Arthur a une technique assez extraordinaire pour faire le tri dans sa bouche et ne recracher QUE les légumes, tout en gardant la viande. Je n'ai pas encore compris comment il arrivait à faire ça ! Malheureusement, quand un plat arrive avec une couleur franchement légume, il le refuse en bloc. Même pas la peine de tricher en rajoutant du kiri.
Pour pallier ce manque d'appétit légumesque, j'ai instauré le chocolat récompense à la fin de l'assiette. Après des débuts difficiles, il a bien compris le principe et réclame son kinder dès la dernière cuillère en vue.
Ce midi, donc, j'avais amoureusement préparé du poisson, des carottes et des nouilles. Sauf que le poisson est blanc et ressemble donc aux nouilles. Quand je fais du poisson pané, la chapelure l'incite à gouter, au moins ! Mais là, rien, nada, niet, que dalle. Il a à peine vu l'assiette arriver qu'il s'est mis à hurler et à se tortiller dans tous les sens pour échapper aux légumes.
Je me fais pourtant le même plat que lui, tous les jours, pour lui prouver que je ne cherche pas à l'empoisonner. Pour lui prouver que c'est mangeable. J'essaie la diversion : les jeux sur la tablette, un livre à lire... Tout part valdinguer par terre, il est tellement en colère qu'il balance tout, sans regarder (il m'a d'ailleurs cassé une assiette récemment). J'étais très calme, pas énervée, mais j'ai décidé que là, vraiment, ça suffisait, et c'est tombé.
Il en est resté comme deux ronds de flans.
Les pleurs, de hystériques sont passés à convulsifs, et il s'est progressivement calmé. Sauf que dès que je lui ai représenté l'assiette, ça a recommencé...
Au final il a mangé (un peu), mais après un passage par le lit et un devant la télé pour voir Oui-Oui.
Cette fessée n'a servi à rien, et je m'en veux de la lui avoir donnée. Je sais que la fatigue accumulée de ces derniers jours et la chaleur ne sont pas étrangers à son attitude vis-à-vis de la bouffe, mais quand même ! Je ne peux pas céder à ses caprices ! Si vous avez des conseils, je suis preneuse...