Sambre
Par Maritxu
En ce moment, à la citadelle de Namur, il y a deux Sambre… Une qui coule, et l’autre qui se joue !
Il se trouve que dans ma bibliothèque, les volumes de Sambre, de Yslaire, figurent à une bonne place. Alors quand, au début de l’été, j’ai vu fleurir les publicités pour une pièce de théâtre se basant sur cette histoire, dans le cadre somptueux de la citadelle, je n’ai pas hésité longtemps avant de prendre mes billets !
« Un spectacle itinérant en plein air » disait l’affiche. Mais du théâtre tout de même ? Ma curiosité est piquée, je ne demande qu’à voir… en priant pour qu’il fasse beau.
Me voici donc à la citadelle, attendant de voir. Que vont-ils faire de l’histoire que j’ai lue ?
Tous les spectateurs sont dans une zone plus ou moins fermée de la citadelle, sur le site de l’ancienne poudrière. On voit bien qu’il y a différents lieux, un cimetière, deux bâtiments, une table, des gradins…
C’est le fossoyeur qui ouvre le bal. Il nous invite à nous rendre à l’enterrement d’Hugo Sambre, décédé peu de temps auparavant.
Et la magie commence…
Ils n’ont pas touché à une seule ligne du texte original : tout est là. Les attitudes, les costumes, même les acteurs ressemblent aux personnages. Le fait d’être physiquement proches d’eux augmente encore l’impact de cette histoire si sombre et si violente. Tout est soigné, jusqu’aux yeux rouges de Julie.
Le public est magistralement géré. Nous sommes pour ainsi dire inclus dans l’histoire, nous en faisons partie. Si les acteurs partent à Paris, le cocher nous invite à les suivre… et c’est l’entracte ! Lorsqu’un bal se donne, nous sommes debout, tous autour de l’action. Les acteurs naviguent entre nous pour jouer leur scène. C’est fantastique. Quel boulot !
Tout est tellement minuté qu’il ne reste aucun temps mort pour applaudir. Il faudra attendre la fin pour ça. La nuit est déjà tombée et les canons de la Commune tonnent. Nous sommes en 1848, et même à cette époque, les histoires d’amour finissent mal.
C’est triste, c’est poignant, c’est beau. C’est novateur.
Bravo à tous les acteurs de cette plongée dans un autre univers, un autre temps, pendant presque trois heures.



