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Nobody expects the Spanish inquisition
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6 juin 2017

Demi-belge a cassé la tablette

C'est un accident. La tablette lui a glissé des mains et est retombée - bien mal - sur le pied du lampadaire.

Ma famille est là pour la brocante de mon bled, nous sommes tous dans le salon, et le silence qui suit le bruit de la chute est total. Je me relève de mon canapé : "qu'est ce qui s'est passé ?"

Demi-belge ramasse la tablette, la regarde, me regarde, grimace, reregarde la tablette.

"Je suis désolé !" Juste avant de se répandre en larmes. "Je suis désoléééééhhééééé, je l'ai pas fait exprèèèès"

Le temps qu'un "encore heureux" m'échappe, j'ai plusieurs sentiments qui essaient de s'exprimer.
La colère : il a fait une bêtise.
Le soulagement : il n'a rien.
La tristesse : cette tablette était mon cadeau de Noël.
Le fatalisme : c'est un accident.
Le rationnalisme : boarf, c'est lui qui s'en servait le plus et c'est lui qui ne pourra plus jouer à Clash of Clans.
La fierté : il s'est excusé tout de suite.
L'éducation en marche : quelle punition est adaptée pour ça ?
L'exposition : tout le monde me regarde, ma mère, mon frère, ma fille et, évidemment, mon fils en larmes. Faut réagir. Je dois réagir. C'est mon rôle, ma position.

Comment ?

Décision : "Ben tant pis. Tu as fais une bêtise, je vais pas te dire que c'est pas grave parce que ça vaut cher, mais c'est toi qui es le plus puni dans cette histoire. Tu veux un câlin pour te calmer ?"

Quelques minutes de câlin plus tard, je lui propose de s'isoler dans sa chambre, parce que les hoquets de pleurs ne se calment pas.
Il redescend quelques temps après, tout rouge, et vient d'assoir près de moi.

"J'aurais préféré avoir une fessée, parce que j'ai fait une bêtise."
"Mais pourquoi ? C'était un accident !"
"Je sais pas. Je l'aurais mérité je pense."

Cette remarque m'interpelle. J'essaie d'en trouver l'origine. Je ne me rappelle même pas quand je lui ai mis une fessée pour la dernière fois, il ne fait globalement pas de bêtises. Il s'auto régule de toutes façons. Après mûre réflexion, je pense avoir trouvé.

Il n'y a dans cette histoire qu'un seul coupable : lui. Si je l'avais puni, il aurait pu m'en vouloir, et détourner ainsi son attention ou son ressentiment sur moi. Comme je n'ai rien fait que consoler son chagrin, il se retrouve tout seul face à ses actions. Et c'est pas facile. Mais c'est plus pédagogique.

Comme quoi, des fois, ne rien faire est préférable. Enfin, de mon point de vue.

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22 juin 2020

le vélo

Mon meilleur pote, un jour, m’a embarqué dans un petit tour cycliste. Un autre ami m’a fourni un vtc. J’ai galéré, j’ai sué sang et eau, mais j’ai énormément aimé cette expérience.

Sauf que je n’avais pas de vélo à moi.

Ma maman m’a prêté le sien qui rouillait dans le garage, et nous avons pris avec les enfants l’habitude d’aller faire les courses à vélo. 3 kilomètres aller-retour, j’étais contente de trouver un sport compatible avec mes enfants.

Il y a quelques mois, il a fallu acheter un nouveau vélo à mon fils qui devient grand. Son choix s’est porté sur un VTT adulte, beaucoup trop grand pour lui (mais c’était vraiment celui-là qu’il voulait) et à peine trop petit pour moi… donc pédalable sans trop de désagréments.

Et puis, dans le même temps, je suis sortie avec un gars qui faisait du vélo extrême. Il en faisait beaucoup trop, beaucoup trop fort, mais figurez-vous que ce n’est même pas pour ça que je l’ai quitté. Nous avons fait UNE sortie ensemble. Il m’a à peine attendue, a passé son temps au téléphone, a choisi un vélo single speed pour lui, au lieu d’un normal avec des vitesses, donc on n’avait nécessairement pas le même rythme, bref, j’étais beaucoup moins à l’aise avec lui qu’avec mes amis. Paradoxe. Du coup, j’avais comme une espèce de gêne à m’y mettre réellement : ça aurait dû être avec lui que j’aurais aimé apprendre à rouler, personne d’autre n’était plus indiqué, sur le papier. Mais c’était impossible de planifier quoi que ce soit avec lui. Tant pis.

Quand je l’ai quitté, j’aurais pu m’y mettre. Sauf que. Tout ce qui touche au vélo me le rappelle, et ces souvenirs sont douloureux, même encore maintenant. J’ai donc eu une période de rejet… J’estime qu’elle était normale. Mais je n’avais pas oublié mes belles sensations avec mon vélo, et mon meilleur ami est un très bon cycliste, avec lequel il est plaisant de rouler…

Pour mes 40 ans, je me suis fait offrir par ma maman un magnifique VTC, qui m’a permis de m’y remettre facilement… Tout est plus facile avec du bon matériel ! Je pense toujours à mon ex, oui, mais je crois que j’y penserai toute ma vie avec regrets, alors autant avancer et tenter de gommer des souvenirs douloureux.

Depuis ce confinement, c’est devenu mon échappatoire obligée, presque quotidienne quand les enfants étaient chez leur père. Je me suis améliorée, régulièrement, patiemment, allongeant progressivement mes sorties, augmentant la dénivelée, toute seule, confinement oblige.

Quand le coronavirus s’est calmé, et qu’on a pu revoir des gens, j’ai estimé que j’étais prête à rouler avec d'autres personnes. Jamais je n’aurais osé avant, je m’excusais tous les vingt mètres d’être aussi nulle, aussi lente, aussi lourde. Là, j’avais fait des progrès, et quelque part, j’étais fière de le montrer.

Mon pote a eu le bonheur d’être d’accord avec moi, et de m’encourager. Il m’a appris à changer un pneu, il est là pour m’aider dans mes réglages et mes questions.

J’aime le vélo. Je veux croire que ce n’est pas à cause de cet ex, que je n’essaie pas de me rapprocher de lui par ce biais, inconsciemment. Je sais qu’il a refait sa vie (encore), et si bien sûr je suis jalouse et triste, je sais qu’il faut que je tire un trait sur lui. Ça fait un an que j’essaie. Je sais que quand je le regrette, c'est en réalité sur ma petite personne que je pleure. Je veux plutôt croire que c’est une super belle façon de passer du temps seule ou avec mes amis, qui sont d'ailleurs tous meilleurs que moi - pour l’instant !  Mais attendez que j’achète mon propre VTT au lieu d’utiliser celui de mon fils, et vous allez voir ce que vous allez voir…

J’ai l’impression qu’un nouveau monde s’ouvre à moi, rempli de montées, de descentes, de paysages, de découvertes, de vent dans les cheveux, de points de vue différents.

7 février 2019

Un matin, tous les matins.

Tous les matins, Demi-belge rentre dans ma chambre à 7h00, en s'excusant platement s'il est un peu en retard, parfois, parce qu'il était plongé dans sa bande dessinée. Ma radio fonctionne déjà depuis un quart d'heure, mais j'attends ce doux réveil avec délices. Il est encore en pyjama et se couche sous les couvertures avec moi, se love contre moi, pour ce câlin matinal que je n'échangerais pour rien au monde. On se murmure des mots doux, on écoute la radio, on commente nos rêves, on parle de la journée à venir.

Vers 7h10 en général, il décide que ça suffit, et qu'il est temps de se lever. C'est toujours lui qui donne le top départ, jamais moi. Il redescend s'habiller et se brosser les dents.

Ce matin, il est remonté à 7h15. "Tu t'es rendormie !" avec un petit ton accusateur et le poing sur la hanche. Je me marre, me cache la tête sous la couverture, prise en faute, et je finis par me lever. Il repart en rigolant aussi.

Je m'habille, et je répète le scénario avec Puce : c'est à mon tour de me coucher à côté d'elle pour la réveiller en douceur. Quand elle a ouvert un demi-oeil, je la laisse émerger complètement et je vais me brosser les dents. Elle a toujours du mal à sortir du lit, je la laisse profiter le plus longtemps possible...

Entre 7h30 et 7h40 on arrive à être prêts, habillés, brossàdentés, coiffés.

Nous descendons tous ensemble pour le petit déjeuner, quoique non, depuis quelques temps Demi-belge nous attend parfois au salon en finissant sa BD... Il grandit... Avant, on aurait dit qu'il avait peur de descendre tout seul...

Pendant qu'ils avalent leurs corn-flakes, je prépare leurs tartines et il choisissent en direct ce qu'ils veulent manger le midi. Quand je suis d'humeur généreuse, je rajoute des bonbons. Ils lisent les blagues des yaourts en tube avant que je les mette dans leur sac. Ils ne vont à la cantine qu'un jour par semaine, le mardi. Le reste du temps, c'est "repas froid", à la mode belge.

Quelles qu'aient pu être les variations dans ces matinées si bien rodées, quand on sort de la maison, les cloches du village sonnent 8h00. On ne s'explique pas bien comment on fait, mais c'est toujours comme ça.

Je les accompagne dans la petite montée en face de chez nous, et je les laisse ensuite continuer le chemin tous seuls, pendant que je récupère ma voiture et mon travail.

Voilà le canevas de nos matins. Orion s'est greffée avec bonheur aux câlins matinaux, et on peut dire qu'elle aide au réveil de Puce, tandis qu'elle nuit à son habillage... En effet, c'est tellement plus sympa de caresser le chat que d'enfiler un pantalon !

Et puis, certains matins sont plus gais que d'autres, avec de bonnes surprises...  Comme hier, où Puce est sortie de sa chambre en même temps que je descendais l'escalier (le fait qu'elle se soit levée toute seule est en soi exceptionnel, mais en plus elle s'était habillée !), et que nous avons éclaté de rire en nous regardant: nous avions choisi exactement les mêmes vêtements !

24 janvier 2018

La brûlure

Cela fait plusieurs jours que Puce se plaint. Tout le temps, de tout. D'un mal de tête, d'un mal de ventre, du temps, de son frère, de l'école, des réveils, bref, vous avez compris, les sujets ne manquent pas.

Cela fait plusieurs jours également que je suis au bord de l'implosion parce qu'ils ne m'écoutent pas. Pas pour les choses importantes, non, mais pour les mille appels du quotidien "mets tes chaussures", "viens manger", etc. Ce n'est pas qu'il n'obéissent pas, c'est qu'ils diffèrent continuellement jusqu'à ce que je sois à la limite de me fâcher pour s'exécuter. C'est fatiguant. Cette fin d'hiver est décidemment difficile.

Et puis, hier, dans une stupide lubie de préparer des flans maison, je me suis brûlée. Bien salement.

(Note pour plus tard: ne JAMAIS PLUS plonger un doigt dans du caramel pour goûter. C'est atrocement chaud le sucre fondu)

Au bord des larmes de douleur, j'ai eu tous les bons réflexes, et seule l'extrémité de mon index a été défigurée. Mais évidemment, j'avais pas préparé le diner encore, et toute la dynamique de la soirée était encore à mettre en place.

Malgré les aiguilles chauffées à blanc qui irradiaient de mon doigt, j'ai pu très nettement percevoir le changement : mes enfants ont arreté toutes leurs plaintes, se sont pliés en quatre pour m'aider, ont été autonomes comme je l'aurais peu imaginé (et pourtant, ils étaient déjà forts), ont mis de côté toute leur mauvaise humeur saisonnière, tout ça entouré de moult bisous et de compassion.

Je ne le répèterai jamais assez, mes enfants sont formidables. Vraiment, définitivement.

 

PS1 : Vous vous inquiétez du flan ? Vous n'avez pas de coeur. Il était infect. *Tout ça pour ça*
PS2 : Dormir avec un doigt plongé dans un verre d'eau avec des glaçons est des plus inconfortable.
PS3 : Vous vous rendez compte que je viens d'écrire une tartine avec un index en moins ? J'ai la plus belle cloque de ma vie.
PS4 : En Belgique, on dit une cloche. Voilà.

17 juillet 2017

3 semaines

Une fête, deux anniversaires, un festival. Et quelques autres imprévus j'espère. Des bandes dessinées à descendre. Un arbre à dessiner puis à peindre dans mon escalier. Du sport auquel me remettre. Voilà le programme pour ces trois prochaines semaines. C'est beaucoup. Et pourtant, c'est tellement peu, pour meubler ces trois semaines de silence dans lesquelles aucun "Mammmaaaaaannnn" ne retentira.

Quelle idée d'avoir autant de minutes à moi, moi qui en ai tant manqué ces deux dernières semaines ?
Pourquoi regretter d'avoir une maison pour moi toute seule quand on a passé les 15 derniers jours entassés ?

Allez, déjà un jour. Plus que 20.

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4 septembre 2015

Capucine(s)

Retour de vacances, station-service, on cherche de quoi manger sur le pouce.
Ma fille est évidemment en vadrouille, je l'appelle pour lui demander son avis.

La vendeuse qui place des produits en rayon tique en m'entendant : "ça c'est rigolo, la jeune fille qui est à la caisse s'appelle aussi Capucine, ce n'est pourtant pas si commun comme prénom". Je renchéris, en disant que même si la popularité de ce prénom est en hausse, c'est assez rare d'en rencontrer une d'une vingtaine d'année.

Lorsque je fais la queue pour payer, je m'apprète donc à relever l'homonymie à la caissière (une jolie brune), quand j'entends une maman dire derrière moi : "Allez Capucine, on y va maintenant !"

Voilà, voilà : sur cette aire d'autoroute, nous avions donc 3 Capucines, 4 ans, 10 ans et 20 ans, une blonde, une rousse, une brune. Toutes les trois belles comme des coeurs.

Il y a des jours, faudrait jouer au loto.

13 juin 2017

Sortie d'école.

- Maman, tu ne dois pas venir me chercher à l'école demain.
- Je sais ma douce, c'est Papa qui doit venir.
- Non, Papa non plus il ne doit pas venir, personne.
- Comment ça ?
- C'est le papy de Laure qui viendra me chercher, je joue un petit peu avec elle, et APRES Papa viendra me chercher.
- Je ne suis pas au courant de ça. Il est au courant ton père ?
- Beeeeenn, pas encore. On a décidé ça avec Laure aujourd'hui à la récréation.
- Donc, ses parents ne sont pas au courant non plus ?
- Beeeeeeeeeeeennnnn, je ne crois pas, non.

Mon Dieu. 6 ans dans une semaine. Ca commence déjà.

19 octobre 2015

Le bar à jeux

J'ai un nouveau bar à jeux. Le concept est super simple : il y a un mur entier de jeux à disposition gratuitement, et on paye seulement les conso. L'ambiance est super, quoique un peu jeune, et je partage beaucoup d'intérêts communs avec les gens que je rencontre ici. Bref, c'est mon nouveau bar préféré. (NON, je ne vire pas cougar. Promis)

J'y entraine mes enfants ce dimanche, pour que Demi-Belge apprenne à jouer aux cartes Pokémons au lieu de bêtement les collectionner. On a rendez-vous avec un type que j'ai rencontré à un quizz dessins animés nommé Baloo (ne me demandez pas son vrai nom), qui est un archétype du geek à lui tout seul. Il est super.

Evidemment, j'offre à boire à tout le monde.

Au bout de quelques minutes, la Puce me dit :
"Il a un gout bizarre, Maman, ce jus d'orange"

C'est normal ma chérie. Parce que tu as demandé de la grenadine.

10 juin 2011

Préparation à l'accouchement

Hier, j'avais préparation à l'accouchement : la poussée. Juste le cours que je n'avais jamais eu, et que j'étais super contente d'avoir. Même si j'ai déjà fait ça une fois, avoir des techniques de respiration est déjà un énorme pas en avant pour moi, et j'étais impatiente de savoir ce que la sage-femme disait de la gestion des contractions. On refait les différentes techniques de respiration déjà vues aux précédents cours : l'abdominale, la pulmonaire et la complète. C'est vraiment tout bête, mais je suis sure que ça va m'aider. Je suis contente de partir au combat avec de nouvelles armes. Puis elle explique les respirations de poussée. Bon, ça, ok, c'était presque naturel pour moi la première fois, je n'ai rien appris. Et puis ? C'est tout ? Et les contractions, la douleur, toussa toussa, on en fait quoi ? Ben rien. A part respirer, pas de remède miracle. Quand j'ai posé franchement la question, elle a répondu qu'on pouvait mettre de la musique, essayer l'homéopatie avant, les huiles essentielles, les fleurs de Bach... Bref, je ne dirais pas "des conneries" pour ne pas choquer les gens qui y croient dur comme fer, mais justement, à mon avis, il faut y croire pour que ça marche. Et moi je suis plus que sceptique. Et si la musique adoucit la douleur, le pourcentage de réduction doit se situer vers 0,5%. Quand on est à une douleur de 250%, le gain est pas terrible.
24 novembre 2010

L'apparence

Par Maritxu Récemment, j’ai découvert quelqu’un. Dans le mauvais sens du terme. C'est-à-dire qu’à la suite de confidences d’une personne qui n’a aucune raison de me mentir, j’ai découvert qu’on pouvait se tromper du tout au tout sur quelqu’un qu’on croyait connaître. Et que la réalité peut être franchement ignoble. C’est troublant. On en vient à se poser des questions sur tout le monde. Je suis effarée par l’importance du paraître chez certaines personnes. En même temps, si on a quelque chose à cacher, évidemment qu’il faut « faire semblant », et dissimuler. Moi qui suis plutôt (trop) franche de nature, c’est un comportement que j’ai du mal à comprendre. Qu’en fait je n’imaginais même pas avant qu’on me mette le nez dessus. Je fais toujours spontanément confiance aux gens. Je me demande si après cet épisode il ne va pas falloir que je fasse preuve d’un minimum de circonspection. C’est un pan entier de ma naïveté qui vient de s’effondrer. Le monde peut être laid. Sans que ça se voie au premier coup d’œil. C’est triste. Inversement, et heureusement, la grandeur d’âme d'autres n’est pas non plus visible au premier abord. Désolée pour cet article qui ne sert à rien, parce que je n’expliquerai rien de plus, mais j’avais besoin d’exprimer ça. Ecrire est vraiment un exutoire pour moi.
15 novembre 2011

Ou ne pas se vexer pour rien

Oui, je ne le répèterai jamais assez, c'est à des détails qu'on sait qu'on est en Belgique et pas en France.

Nous sommes en automne et les oiseaux migrent. Mon beau-père, qui adore la nature, s'y intéresse de près. Lorsqu'au milieu d'un logorrhée de jolis petits noms à l'adresse de ma fille, il l'appelle "ma petite grue", je tique, mais je ne dis rien.
Au bout de la troisième fois, quand même, je pose la question.

Effectivement, ça n'a pas la même signification en Belgique.
Mon beau-père a promis d'arrêter. 

6 octobre 2010

De l'art de se remettre en question

Par Amaia

Je ne me considère pas comme quelqu'un de très cultivé, bien au contraire. Je veux dire, d'accord, j'ai fait prépa, et j'ai bouffé du classique (complètement à l'insu de mon plein gré) pendant deux ans. Mais soyons honnêtes un instant: c'est ressorti presque aussitôt le contrôle/ la colle/ la dissertation finis.
Mais, surtout, j'ai l'impression d'avoir une culture "grand public": ce que j'aime et que je connais est en général plus ou moins connu d'à peu près tout le monde.

Or so I thought.

Je suis un cours d'anglais à la fac, un cours d'oral. Certaines personnes sont étrangères, d'autres ont fait des études n'incluant pas nécessairement d'anglais, mais je crois que la plupart ont quand même un cursus de LLCE ou au moins LEA en anglais. Ce qui implique cours de civi, recherches personnelles, littérature.

Et je vais faire un exposé sur Monty Python dans ce cours. Je me doute que personne ne connait le "Flying Circus", mais je me disais qu'à défaut de tout connaître par cœur, la majorité des gens connaîtraient "Sacré Graal", comme on connait tous "Le Père Noël est une ordure", au moins de nom.
Et bien non. La majorité de mes camarades n'ont jamais entendu parler des Monty Python, que ce soit "Sacré Graal", "La vie de Brian" ou "Le Sens de la vie". Suis-je folle de croire qu'en trois ans (minimum) d'études anglaises, c'est fou que le nom de Monty Python n'ait jamais été prononcé?

En plus, j'ai cité "Saturday Night Live", et même la prof, anglophone, n'en avait jamais entendu parler non plus! Qu'un Français ne connaisse pas, encore, je me raisonne, mais un anglophone... Je trouve ça dur de ne pas savoir d'où viennent des acteurs comme Bill Murray, Dan Ackroyd ou John Belushi (les Blues Brothers).

Mais peut-être ce n'est pas si connu... mais pour moi, c'est comme si un Français de ma génération (et avant) n'avait jamais entendu parler de "L'école des fans" ou de Jacques Martin.

6 juin 2011

Antidote

Hier soir, comme tous les soirs, bain pour mon demi-belge. Il joue à faire la cuisine, touille, fouette, transvase, et au bout d'un moment, il me tend une petite fiole. "Tiens maman, j'ai fait un médicament pour toi" "ha bon ? et il guérit quoi ?" "c'est pour que tu meurs jamais" Chouette ! Un médicament comme ça se doit d'être partagé, et du coup, toute la famille a eu droit au flacon, qu'il fallait (faire semblant d') avaler intégralement. Papa a même dû s'y reprendre à plusieurs fois, parce qu'il faisait TROP semblant : il fallait quand même avoir de l'eau plein la bouche pour que ça marche. On a bien rigolé. On vous tient au courant si on meurt, du coup. Et si ça marche, et qu'on ne meure jamais, n'oubliez pas l'ingrédient principal, essentiel (et unique) : eau du bain.
11 août 2010

Les vacances d'Arthur - 2

La découverte de la montagne se fait avec plaisir. La maison est assez grande pour un petit garçon de presque trois ans, nous avons emporté un petit camion Fisher Price avec lequel sa mère, sa tante, son oncle et tous les cousins ont joué étant petit et qui reprend du service avec l’arrière-petit-fils. Il y a derrière la bâtisse un petit ruisseau et surtout un enclos avec une jument bien malade (couverte de verrues sur les pattes et le ventre, la pauvre), qui mange nos carottes avec un plaisir non dissimulé.

Arthur apprend à dire « montagne », « tracteur », « a-rri-vé » (et pas aviré) correctement, et il se reprend parfois de lui-même.

Puisque c’est un moulin à parole, c’est le temps des perles qui nous font hurler de rire….

Par exemple, sur la montagne, on trouve des animaux, qu’Arthur voit très bien de la voiture, au milieu des arbres sur l’autre versant… mais on y trouve aussi selon lui des cow-boys et des indiens ! Les Pyrénées sont la « new frontier » ?

 

De la maison on a vue sur toute la vallée, et parfois Arthur montre la montagne en face de son petit doigt en disant : « ooh ! Un ours !! ». Il en a compté pas moins de cinq, et en plus ils étaient bleus. Je crois qu’il faut qu’on fasse attention.

 

Et la montagne est composée de deux types d’arbres : les sapins et les arbres. La faute un peu aux adultes, incapables de reconnaître les types d’arbres…

 

Dès qu’on croise un tracteur, un camion ou une voiture, ou n’importe quoi, on a droit à une description très fidèle de la ou les couleurs de l’objet ou l’animal… Un peu de vert, beaucoup de rouge, et beaucoup de bleu aussi, le tracatateur ! (« le quoi ? » « le traaaat… teur ! »)

 

Et puis, la conversation mythique… En deux jours nous avons : cassé la poubelle de la salle de bains et fait pipi au lit, alors on se demandait ce qui allait arriver le troisième jour ! Je défends à Arthur de vomir dans son lit (je dors dans la même chambre), et puis je lui demande :

(moi) Arthur, tu sais ce que ça veut dire « vomir » ?

(Arthur) Aaaah, oui ! Vomir la soupe ! (il en a mangé la veille et a moyennement apprécié)

(Madie, qui s’insurge) Ah non ! La soupe, c’est très bon, on ne la vomit pas. En revanche, on vomit la bière…

(Grand-Pa) Oui, la bière, oui. D’ailleurs, j’en connais un, qui a dû souvent vomir à cause de la bière…

(moi) Un qui boit beaucoup de bière, et oui, ça peut faire vomir, en effet… Mais on ne dira pas qui c’est, ah non… Dis, Arthur, la bière, c’est pour qui ?

(Arthur, grand sourire) C’est pour Papa !

 

Et puis une autre… c’est le soir, et le lendemain on accueille un frère de Madie et sa femme, qui font étape dans les Pyrénées. On explique donc au demi-belge que c’est aussi sa famille, et il répond sans sourciller :

- Oui, comme mon copain Youf ! (le chien des grands-parents côté Belge…)

8 septembre 2010

Le jour et la nuit

Par Maritxu

Le demi-belge est capable du pire comme du meilleur. Hier il a été exécrable, en chouinant toute la soirée, se plaignant de tous les maux de la Terre (il avait seulement le nez qui coulait), et notamment d’un mal d’oreille atroce, contre lequel le Doliprane – Perdolan (rayez le nom du médicament qui n’existe pas dans votre pays) n’a rien fait.
Il m’a tout chipoté, surtout la bouffe, et il a fallu que je remette les pendules à l’heure pour qu’il accepte de manger 5 malheureuses cuillères de soupe.
Il a mis 2 heures à s’endormir, en voulant aller dans mon lit, puis non, puis si, en s’endormant sur l’histoire et en voulant jouer tout de suite après, en hurlant qu’il voulait un bisou de son papa, qui évidemment travaillait tard ce soir-là, bref, je me suis impressionnée en gardant mon calme, il ya vait de quoi le jeter par la fenêtre.
Je n’ai pas coupé au réveil en pleurs du milieu de la nuit, comme cerise sur le gâteau.

Aujourd’hui, c’est l’inverse, il a été charmant, rigolo, blagueur, il a fait parler sa marionnette Sigurd (c’est un suédois, il vient d’Ikéa), m’a fait moult bisous z’et calins, a tout mangé sa soupe, sans rechigner, et même la compote, oui madame ! Il n'a même pas mal à l'oreille cette arsouille. En sortant du bain, pourtant, on a eu un moment de flou, et j’ai eu peur d’embrayer sur une soirée comme la veille, mais non, ouf, on a glissé sur la pente du bonheur.

Mon demi-belge a d’ailleurs fait preuve d’une maturité étonnante en me livrant ce commentaire sans que je le lance sur le sujet, c’est venu comme ça, paf :
« Moi, aujourd’hui, je suis gentil, hier j’étais pas gentil, mais aujourd’hui oui. Moi je suis d’accord pour manger et moi je veux Kirikou ! » (ben oui, on n’a rien sans rien)

Quand même, des fois, il me sidère.

9 juillet 2010

J'ai un chéri prévenant

Par Maritxu

Enfin, un peu trop. Mon chéri est un petit peu accro aux câlins, et ce même lorsque ce n’est pas le moment DU TOUT. Genre, quand je dors.

Exemple : pas plus tard que hier soir, j’étais crevée et je suis allée me coucher tôt. Quand mon amoureux est venu me rejoindre, je dormais à poings fermés, ce qui ne l’a pas empêché de venir m’ennuyer… Je l’ai repoussé en râlant, et en me promettant de mettre les choses au point rapidement.

Le lendemain, donc, je choisis mes mots avec soin pour essayer de faire comprendre à l’amour de ma vie que les câlins, oui, mais il y a une limite. Il se vexe un petit peu, et j’essaye la méthode par l’exemple :
   - Tu vois, par exemple, hier soir, je dormais…
   - Parlons-en d’hier soir, j’ai rien compris ! Tu dormais en travers du lit, je t’ai mis une main sur le bras pour que tu te pousses et je me suis pris une beigne !

*Oups.*

Mauvais exemple.
Mettons que je n’aie rien dit.

1 juillet 2010

Nouveau boulot

Par Maritxu Juste une mise en lumière de ce qui change par rapport à mon ancien job en France : - Je suis fonctionnaire, avec toute la glande que ça implique - Je finis à 16h tapantes, alors que je terminais à 19h en France, et que tout le monde me faisait les gros yeux parce que j’étais la première à partir - Je suis payée plus (voire « pas mal » plus) - Je n’ai AUCUNE responsabilité, mon chef signe tout ce que je fais - Les impôts sont prélevés à la source, ce qui fait que je n’ai pas besoin de provisionner un mois de salaire en septembre - Je récupère mes heures supplémentaires - J’ai des tickets-restaurant qui peuvent servir aussi bien au restaurant qu’à faire les courses (5,55€ par jour travaillé, quand même) - Je suis payée plus cher quand je vais sur le terrain m’amuser Les points noirs : - Je n’ai pas de voiture de société - Je m’ennuie (mais du coup, vous avez plus à lire) Je pense pouvoir m’adapter.
3 février 2011

Bonne nouvelle !

Bon, il ne doit pas rester grand monde à l'ignorer, mais il faut que j'annonce quelque chose (au moins à toi Salpi, coucou !) Je tricote depuis quelques mois... Mon demi-belge va avoir un petit frère ou une petite soeur au mois de juin ! Ca bouge déjà dans mon bidou, et j'accueille cette nouvelle vie avec un plaisir immense. Enfin une bonne nouvelle au milieu de toutes ces mauvaises ! Ce qui est amusant, c'est que je me suis rendue compte aujourd'hui que moi, j'attends moins ce bébé que je n'attends la réaction de l'aîné à l'arrivée du bébé. Autant j'aimais mon demi-belge avant qu'il ne naisse, autant j'attends la naissance pour aimer ce second. C'est peut-être parce que justement, je me suis sentie tellement coupable de ne pas aimer tout de suite mon premier tout taché ? Ce qui est sûr, c'est que les trois premiers mois, j'étais à la limite du déni. Je ne voulais pas me réjouir, après la fausse joie de l'année dernière. Je ne voulais pas le dire, pas en parler, pas être félicitée. Je m'étais fixé comme limite pour être heureuse - vraiment - l'écho suivante de celle qui avait révélé le problème de l'année dernière. C'était en janvier, mon père est mort le soir même... il a quand même eu le temps d'entendre le sexe du bébé. Merci la vie ! Maintenant, j'ai même ressorti un pantalon de grossesse tellement j'assume !
3 juin 2008

Vivre au loin...

J'ai presque appris l'indépendance... Enfin, en tout cas, être suffisamment loin de ma famille pour ne pas revenir tous les weekends. Soyons honnête, je ne sais toujours pas me servir un fer à repasser (c'est en partie dû au fait que je ne m'en sers jamais de toutes façons) (mais ne m'en sers-je pas justement parce que je ne sais pas m'en servir? Telle est la question), et je mange pas mal de pâtes. Mais bon, se sentir indépendante, c'est bien... Et du coup, c'est étrange. Je rentre en France, et je rentre en Irlande. Back to France, back to Ireland. C'est un peu pour ça le “presque”: ce n'était que du provisoire.

J'ai appris à être loin des gens que je connais. Et, oui, c'est dur, mais pas autant que je l'aurais cru. Ce qui me conforte dans mon idée: voyager, j'adore. Ce n'est pas que ma famille et mes amis ne me manquent pas, bien au contraire! Nombre de fois, j'aurais voulu être en France pour sortir avec les filles, déjeuner avec les parents, monter à Lille voir la soeur et le neveu, faire un tour chez le frère pour lui piquer des films... Mais j'avais encore plus envie que tous ces gens soient en Irlande avec moi, pour leur faire partager. Là est la différence... Rentrer, oui, bien sûr! Mais pour repartir aussi. En Irlande ou ailleurs. J'ai la bougeotte, je crois...^^ J'ai déjà tellement d'autres idées pour partir: l'Espagne, l'Allemagne, les pays de l'Europe de l'est (encore que plus pour des vacances), le Québec, le Canada, et même un peu les États-Unis. Si je n'étais pas célibataire, peut-être penserais-je autrement. J'espère que tout ça ne restera pas que des idées en l'air...

5 mai 2011

Curieux

Il est amusant de voir le comportement des gens.
J'avais annoncé il y a quelques temps que nous avions le prénom. On était tellement contents d'avoir trouvé, qu'on l'a finallement fait deviner aux membres de la famille, puis carrément donné aux gens qui nous le demandaient.
Je me suis rendue compte que les personnes qui posaient la question étaient justement celles à qui je n'aurais pas eu envie de le donner spontanément. Alors que les amis ne demandaient rien. Faut-il faire le raccourci que je n'aime pas les personnes qui, par leur attitude, confirment leur statut de sans-gêne ?
Oui.

Bon, sinon j'ai préparation à l'accouchement à la clinique tout à l'heure, je suis un peu en retard pour commencer (31 SG), j'espère que je ne vais pas me faire gronder et que j'aurais le temps de finir le cycle... Parce que accoucher d'un garçon, je sais faire, d'une petite fille, non ! (c'est ce que j'ai expliqué à mon demi-belge ce matin)

16 novembre 2010

Dialogue

par Maritxu

- Dis mon coeur, avec quoi on regarde ?
- heuuu, les lunettes !
- Ahaha ! Non, moi j'ai des lunettes parce que je ne vois pas bien, mais maintenant - j'enlève mes lunettes - avec quoi on regarde ?
- Les yeux !
- Avec quoi on entend ?
- Les oreilles !
- Avec quoi on sent ?
- Le nez !
- Avec quoi on fait des bisous ?
- Maman !

J'adore mon fils.

25 juin 2010

Des fois, je ne comprends pas les gens

Par Maritxu

Quand
on refuse la télévision pour ses enfants sous prétexte que ça abrutit, qu’on refuse le micro-ondes sous prétexte que ça fait des mauvaises ondes,

alors que
on boit une bière sous prétexte que c’est pas vraiment de l’alcool ou qu’on fume des joints sous prétexte qu’on n’arrive pas à arrêter, alors qu’on est enceinte,

je suis sidérée.

Mais bon. J'imagine que je ne suis pas en droit de juger.

12 octobre 2010

Le parler belge - morceaux choisis

Par Maritxu

L’autre jour, mon Belge, voulant m’expliquer un machin rotatif m’affirma qu’il tournait dans le sens anti-horloger. Si ce terme est compréhensible, j’ai tout de même éclaté de rire. « Mais ça n’existe pas ce mot ! On dit sens anti-horaire ! »
Un doute l’a assailli, et il s’est rangé à mon avis.
Plus tard, quand je raconte cette anecdote au bureau, mes collègues sont surpris : ils emploient TOUS cette expression. Zutre. Heureusement qu’il reste le sens trigonométrique pour rassembler les peuples…
Et voilà, encore un truc typique belge auquel il va falloir que je m’habitue.

En écoutant la radio, j’en ai à la pelle des exemples comme ça. J’ai mis un temps infini à comprendre que quand la radio annonce un fantôme sur une route, il ne s’agit pas d’une entité surnaturelle, mais bien d’un conducteur qui roule à contre-sens.
Et puis, la prononciation !! Des fois, ils prononcent à l’anglaise, alors que mon oreille est habituée à une prononciation française, et des fois, c’est l’inverse. Par exemple : cobaye, qu’un français prononcera « cobaille », devient « cobé » en belge. Un anti-virus super connu (Kaspersky) que le français prononce à l’anglaise (-skaille) est francisé dans la bouche du belge (-ski !). Weird, comme dirait l’autre.

La bonne nouvelle c’est que je commence à contaminer mon Belge avec ma culture française puisque qu’il a eu un doute !

10 août 2010

Les vacances d'Arthur - 1

Par Amaia.


Arthur est un petit garçon comme beaucoup d’autres : entre maman (et éventuellement papa) et quelqu’un d’autre, il choisira toujours la première option. Même quand on n’avait pas franchement l’intention de lui donner le choix.

Lorsque Maritxu est dans le coin, donc, si vous tentez de vous occuper d’Arthur, vous risquez fort de vous heurter à l’affirmation suivante : "ze veux ma maman". Notez l’accent mis sur le possessif, comme si on allait lui refiler par erreur la maman de quelqu'un d’autre.

Jusque-là, tout est plutôt normal : qui mieux que maman pourrait s’occuper de lui ? Je pense qu’on s’accorde tous là-dessus, et si on regrette de ne pouvoir soulager la maman en vacances, on s’amuse bien à regarder le neveu/fillot gesticuler et faire n’importe quoi.

Mais Madie, Grand-Pa et moi-même étions quand même (presque) contents de laisser Maritxu à Pau (direct vers la Belgique, merci RyanAir), pour qu’on puisse "enfin" profiter du demi-Belge, là-bas, dans les montagnes pyrénéennes. Pour pallier à la détresse de voir maman partir en avion, Madie avait prévu le coup : la boite de cinq tracteurs, reçue à l’aéroport. Ce fut un franc succès, il ne les a pas quittés du séjour.

L’autre succès de cette histoire, c’est qu’en une petite demi-heure en voiture, on est passé du dialecte arthurien "tracatateur" à un français plus correct "traaat… teur !!". On l’a repris pendant quelques jours, mais ouf, enfin, on a pu arrêter de chercher l’horodateur quand Arthur nous parlait d’un tracteur.

On lui répète donc pendant tout le voyage, qu’on va voir les montagnes ("matongn" - il parle subitement vietnamien), et vingt minutes avant d’arriver, il s’endort dans la voiture. Il se réveille dans un apéro avec beaucoup trop de gens pour un petit garçon fatigué, mais grâce à Tool, "le sien marron et avegue botou de blanc", Arthur devient plus agréable, à force de faire des "doudouces" ("Non, Arthur, on dit des calins") au chien, qui heureusement ne s’en lasse pas.

S’ensuit une après-midi où, entouré de cinq filles à ses pieds, Arthur nous a fichu une paix royale. Tellement royale qu’on l’a récupéré la figure couverte de rouge à lèvre ! Les filles (plus agées, de cinq à huit ans) jurent qu’il a fait ça tout seul sans qu’elles s’en aperçoivent, et l’intéressé prétend que "c’est était pour fairrre un clown, moi". Mouais. L’accusation n’est que moyennement convaincue par la défense, mais tant pis, on s’en contentera.

La journée se termine un peu moins bien, car après la sieste, le demi-Belge est tout perdu et désemparé, et réclame sa maman à chaudes larmes. Après négociations, menaces, tentatives de calins et tentative de fuite, il finit par se réfugier dans mes bras, m’appelle brièvement "maman", ce que je refuse de suite ! Je lui propose d’être sa maman d’adoption jusqu’au retour en Belgerie, et il accepte d’un petit oui. Ça m’ira pour ce soir, demain est un autre jour !

27 août 2010

Enigmes

Par Maritxu

J’aime bien les énigmes sur internet. J’ai découvert ce type d’activité quand j’étais enceinte de mon demi-Belge. J’ai fait plusieurs sites, comme Ouverture facile, la Grande Enigme, le Panda malicieux, 99 énigmes… ce dernier était le plus rigolo pour moi, parce que j’y ai joué alors qu’il venait à peine de se créer, et c’est tellement plus amusant de chercher avec plusieurs personnes en même temps, au lieu d’arriver après la bataille et de chercher tout seul dans son coin ! C'est dommage, il n'existe plus...

J’aime le challenge de la question posée. J’aime quand l’humour s’en mêle. J’aime apprendre des choses en cherchant les réponses sur internet. J’aime chercher, chercher, chercher à m’en arracher les cheveux, et puis, enfin, trouver la bonne réponse.
A l’occasion d’une énigme logique, j’avais fait un petit programme Excel qui était censé m’afficher « oui » quand j’aurai aligné la bonne combinaison. Ca faisait 3 jours que je moulinais ; j’ai hurlé de joie en plein bureau quand c’est arrivé !

Voilà en ce moment, je joue sur un site qui s’appelle "prise 2 tête". Il porte bien son nom. Il se différencie des autres sites par des modérateurs très efficaces qui fliquent le net et on ne trouve donc AUCUNE indication quand on est bloqué. J’en suis à la 45f, et ma logique part en lambeaux…

Au secours !

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