Nobody expects the Spanish inquisition

07 novembre 2016

L’art du non-dit

Depuis quelques temps, je vois quelqu’un. Cette romance improbable est le fruit d’une rencontre de bar, entre deux personnes bourrées qui voulaient s’amuser. C’est simple, si ce type m’avait été présenté sur papier, je n’aurais même pas tourné la tête. Nous sommes très différents, à bien des points de vue.

Et puis on s’est revus, une seconde fois, une troisième fois, et encore, on s’est découverts, on s’est trouvés tellement d’intérêts en commun, on était tellement bien ensemble qu’on a décidé de tenter quelque chose, malgré tout.

Quelque chose… Mais quoi, finalement ?

Je ne sais pas où je me situe avec lui. Je ne suis pas bien sûre de mes propres sentiments, qui existent pourtant, mais ce dont je suis certaine c’est que lui évite soigneusement d’en parler.

Quant à moi, j’ai du mal à me sentir en couple. Je me surprends dans beaucoup de situations à me définir comme célibataire, alors que dans les faits, non. Quand on me pose la question franchement, j’hésite. Je réponds que c’est récent, que je ne sais pas encore. Qu’il n’a de toutes façons pas rencontré mes enfants, alors que ce n’est pas vraiment sérieux. Je me rends compte que j’ai peur, peur, peur de m’engager, de recommencer quoi que ce soit.

Selon mes amis au courant, selon les siens qui me cuisinent, c’est pareil pour lui. Il n’est pas prêt, pas sûr d’être amoureux.

Alors on n’en parle pas. Cette situation me convient très bien. J’ai mes enfants la moitié du temps, et l’autre moitié, j’ai un amoureux des bras tendres et doux. Il est attentif et facile à vivre. En gros, il est tout ce que le Belge n’était pas. On découvre un peu les activités de l’un ou de l’autre au dernier moment, parce qu’on ne discute pas quand j’ai mes enfants (– un texto par jour !), mais le temps que l’on passe ensemble est toujours bien.

Et puis, quand il me demande pour quelle raison un de mes meilleurs amis s’est fait larguer, je me retrouve muette…  Je me vois mal lui avouer qu’elle l’a largué parce qu’il n’était pas amoureux d’elle, et qu’elle sentait bien qu’ils ne finiraient pas leur vie ensemble. Mais qu’il est triste quand même. Non, je me vois mal lui dire ça. Je sens arriver gros comme une maison la discussion que je ne veux pas avoir avec lui, si je lui raconte ça. Je n’ai pas envie qu’on fasse le point sur nos sentiments respectifs, je ne veux pas perdre toute cette douceur maintenant. J’ai d’autres chats à fouetter. Il me stabilise, il me plait, tant pis s’il n’est pas amoureux de moi, s’il ne le sera jamais. Je le garde tant que je peux. « Profite ! » m’ont dit tous mes potes. J’ai posé mes incertitudes et mes questions, mis un mouchoir dessus, et oui, je profite, tant que ça dure.

Alors j’ai répondu : « Pour de bonnes raisons. »

Et comme il est respectueux, il a cru que je protégeais l’histoire de mon ami, et il n’a rien demandé de plus.

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24 août 2016

Les amis

C’est un sujet difficile, pour moi en tous cas. Selon la définition Facebook, il faut avoir le plus d’amis possible, et que ça se sache. Si la qualité de la vie dépendait de ça, je serais bien mal barrée, croyez-moi.

Je pense que je paye mes choix de vie, qui m’ont tous plus ou moins coupé de mes amis. Ceux qui restent n’en sont que plus précieux.

Déjà, j’ai beaucoup déménagé étant enfant, il ne me reste donc absolument personne de la primaire, puisque c’est seulement en CM2 que mes parents se sont fixés dans un village. Je n’étais pas très populaire à l’école ; j’étais très complexée et puis qui aime la première de la classe, celle qui dit qu’elle a raté et récolte un 18 ?

J’ai donc été dans un autre lycée que celui dans lequel tout le monde allait, pour faire des études littéraires, mais aussi pour faire table rase. Ça a marché. J’ai passé 3 belles années, mais curieusement, le groupe d’amis que j’y avais n’a pas survécu. Nous ne nous revoyons plus, ni moi ni les autres.

Etudes à Paris, sans y habiter. C’était difficile de rester tard aux soirées… Et puis je m’étais encombrée d’un amoureux agoraphobe, qui refusait toutes les sorties avec mes amis. A force, je n’étais plus invitée, puisque je refusais toujours… A la rupture, j’ai réalisé que j’avais fait une connerie. Quant aux amis de ma promotion, nous nous sommes tous retrouvés éparpillés aux quatre coins de la France – voire du monde. Quand nous réussissons à nous voir, c’est toujours à l’unité. J’avais moi-même déménagé à Lille, où je ne connaissais personne, pour mon premier job.

J’y ai rencontré leBelge, qui m’a entrainé dans ses projets fous en Belgique, où je ne connaissais évidemment personne non plus. De toutes façons, d’une manière générale, j’étais la baby-sitter de mes propres enfants, cloitrée à la maison, et comme nous avions de moins en moins d’argent, nos seules sorties étaient familiales ; et dans le village où nous habitions, strictement des amis-collègues à lui. A la rupture, j’ai réalisé que j’avais fait une connerie. (Le sentiment de déjà-vu est fait exprès).
Encore.

Il ne me restait personne de proche, géographiquement. Enfin, si, deux. Deux survivors qui ont réussi le tour de force de m’apprécier au moment où je m’appréciais le moins dans ma vie. Deux qui ont su me trouver intéressante alors que je n’étais qu’un gouffre de solitude.

Alors, à 36 ans, j’ai d’abord commencé par me reconstruire. Il m’a fallu un an. Puis, avec l’aide de la famille et du peu qu’il me restait, je suis sortie. Toute seule, dans un premier temps avec un coup de pied au cul, et puis de plus en plus facilement. C’est difficile de se faire des amis, je veux dire, des vrais amis, pas des collègues, des connaissances de soirée ou pire des coups d’un soir, quand on travaille et qu’on n’a que la moitié du temps de libre ; c’est difficile, mais ce n’est pas impossible. C’est juste long.

Je ne peux que me promettre de faire mentir l’adage et de ne surtout pas réitérer une troisième fois la même erreur.

Ceux que j’ai me sont précieux. Je les ai choisi avec soin, ou ils sont restés à la force de leurs bras – je n’avais vraiment plus rien pour les retenir.

A tous ceux-là : merci.

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08 juillet 2016

Les chaussures

Je n'aime pas faire les magasins. Je suis très difficile avec les chaussures, parce qu'il faut qu'elles aillent avec mon bas de contention et mon style de vie : rien entre les orteils, une sangle à l'arrière, et EN PLUS, il faut évidemment qu'elles me plaisent, ce qui n'est pas évident.

Ca fait donc des années que je me traine les mêmes godasses d'été fermées, qui me font un peu mal au pied (oui, un seul) quand je les porte sans chaussettes.

Hier, soldes. Inhabituel pour moi. Comme d'habitude, je ne trouve rien qui me plait, mais depuis un certain temps, je m'oblige à rentrer dans les boutiques pour tenter de trouver des jolies choses, à un moment où je n'en ai pas forcément besoin. Histoire d'en avoir, au moment où j'en aurais besoin !

Je rentre dans cette boutique de chaussures pas très convaincue : la vitrine ne me plait pas plus que ça. Toutes les chaussures sont étalées par taille au milieu de la boutique, sur des trétaux. Je fais du 40, c'est tout au fond, j'ai le temps de bien regarder et de me persuader qu'il n'y a rien pour moi ici.

Et puis elle est là. Bleue ciel, sans paillettes, avec un lacet comme attache. Mon style. Elle détonne avec toutes les autres. Des Kickers, evidemment, c'est pas comme si j'en avais pas déjà aux pieds :) Il n'y a qu'une seule pointure, la mienne. L'autocollant est bleu, alors que les soldes affichent rouge-jaune-vert / 10-20-30%.

Je demande la paire complète à la vendeuse, elles me vont comme des chaussons. C'est la dernière paire.
50%

On trouve toujours chaussure à son pied, finalement...

 

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27 juin 2016

Quote

Dans la famille, nous avons un super pouvoir. Nous regardons un film, et nous pouvons dès le premier visionnage en citer des pans entiers. A force de les revoir, nous connaissons certains (de nos) classiques par coeur, du début à la fin.

- Petit apparté : il est certain que nos classiques ne sont pas DES classiques au sens strict du cinéphile hein; moi je parle surtout de l'homme de Rio, de la grande vadrouille, ou de Last action hero. Du grand cinéma, quoi. -

Mes enfants sont en train de prendre le pli, par mimétisme. l'autre jour, Pucine etait tranquillement dans le salon à s'occuper de ses petites affaires, quand elle dit, dans son jeu : "C'est grand, c'est rond, c'est bien."

Mon frère se retourne d'un bloc vers moi en la désignant du doigt "Elle ne vient pas de quoter X-men, là ??"

Sisisi. Ma fille de 5 ans quote X-men, et je pète de fierté.

Mur

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07 juin 2016

J’ai demandé à la rencontrer

J’ai envie de lui dire qu’on n’est pas ici pour parler du Belge, et que donc je me bornerai à dire que je n’essaierai jamais de le lui reprendre, elle peut se tranquilliser là-dessus, et puisque ceci est dit, on peut maintenant passer à autre chose.

Je ne suis pas son ennemie. Loin de là. Elle fait déjà partie du processus d’éducation de mes enfants, elle en fera de plus en plus partie dès qu’ils habiteront ensemble, et que le Belge « oubliera de rentrer ». Je ne le lui souhaite pas, bien entendu. Mais c’est ce qui va se passer. Et bien entendu, je ne le lui dirai pas comme ça.

J’ai un bon a priori sur elle. Les échos que j’ai des enfants sont très bons. Elle a vraiment l’air chouette. Les cadeaux qu’elle leur fait sont tout à fait ciblés, leur font plaisir, et sont la preuve qu’elle s’y intéresse réellement.

J’ai besoin qu’on parle d’eux, des choses qu’ils aiment, de leurs envies, de leur position dans ce divorce. C’est pas parce que ça se passe bien jusqu'à présent qu’il faut baisser la garde.

Je veux qu’elle sache qu’elle peut m’appeler à n’importe quel moment pour avoir un conseil. Après tout, je ne sais pas si elle a l’habitude de côtoyer des enfants, et si le Belge n’est pas disponible, il faut qu’elle sache qu’elle peut compter sur moi.

J’aimerais qu’on discute des horaires de dessins animés, de coucher, de menus, de sorties, de protection, d’école, de goûters d’anniversaire, de tout ce qui fait leur vie.

Je vais pas vous mentir, hein.
Je suis terrorisée.

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10 avril 2016

Au musée

J'achète mon ticket :

- Bonjour, une entrée pour l'expo Sarcophagi.
- Bien sûr. Vous êtes étudiante ?
- Haha, non, c'est gentil à vous de le penser, mais non.
- Ok. Tarif moins de 26 ans ?
- Toujours pas. Loin de là !
- D'accord, 13€. Mais vous n'êtes pas déjà venue ?
- Super. En moins de 2 minutes, vous avez mis le doigt sur les deux problèmes principaux dans ma vie : je fais jeune et je ressemble à tout le monde. Merci.

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03 mars 2016

Des petites satisfactions

Le Belge me réclame des sommes folles que je n'ai pas, la maison est bien en deçà de la valeur qu'il pensait lui faire atteindre, ce qui fait que même si on arrive à la revendre, ça ne couvrira pas les frais - et de très loin -, il n'est absolument pas d'accord avec ce que la loi lui accorde... Bref, cette première entrevue chez le notaire est loin d'avoir été une réussite, c'est le moins que l'on puisse dire.
Il m'a aussi attaqué sur l'argent des impôts qu'on a reçu sur le compte commun et auquel il n'a pas touché, justifiant ainsi de ne pas payer la pension alimentaire.

Hier soir, grand rangement dans mes papiers administratifs, je suis retombée sur ce fameux avis de remboursement des impôts.

C'est lui qui me doit des sous.

 

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29 février 2016

J'en ai eu ...

Des qui ne répondent pas.
Des qui s’enflamment à l’écrit.
Un qui m’a offert des fleurs alors qu’on ne s’était pas encore rencontré.
Deux qui étaient nobles.
Un qui était riche.
Un qui m’a fait passer un test de personnalité.
Des mariés.
Des faux profils.
Des avec lesquels je parlais anglais.
Un qui m’a envoyé des photos osées.
Des qui habitent à perpète.
Un que j’ai planté au bout de 5 minutes de rencontre.
Un qui m’a traité de monstre sans cœur et sans éducation.
Un qui avait plein de tatouages.
Des qui m’ont rappelé.
Des que je n’ai pas rappelé.
Des qui voulaient des enfants.
Un écrivain éthéré.
Un dont je suis tombée amoureuse.
Un qui restera un espoir déçu.
Un dont je me suis fait un ami.
Un qui ronflait tellement que j’ai été dormir ailleurs.
Un qui était daltonien.

Un seul blond, tous les autres grands, bruns, maigres – ou pas gros.
Le « Mathieu Kassovitz du pauvre » ;)

 

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04 janvier 2016

Non, merci.

Le célibat, à 36 ans, ce n’est qu’une seule grande question « Mais pourquoi tu es toute seule ? Tu es jolie/marrante/intelligente (rayez la mention inutile), tu devrais facilement te retrouver quelqu’un ! »

Sauf, que non, merci. Je ne cours pas après l’Homme. Certes, c’est agréable d’en rencontrer. Oui, je pourrais « facilement » me mettre avec n’importe qui. Mais je ne cherche pas à me caser absolument, et surtout pas avec n’importe qui. Je ne sais pas ce que je dirai dans quelques temps, quand je serai devenue vieille, moche et aigrie, mais pour l’instant, il est hors de question de me mettre en couple juste pour être en couple.

« C’est pour ne pas finir tes jours toute seule… »

Ben non, même cette excuse-là ne fonctionne pas. Les gens meurent, figurez-vous et souvent, ce n’est pas inclus dans les plans de vie. On peut parfaitement se retrouver veuve au seuil de la retraite (Coucou Maman !).

En ce début d’année 2016, je vous le dis, c’est le meilleur que j’attends, et il est non négociable.
Je suis autonome financièrement, alors je n’ai besoin de personne.
J’ai déjà des enfants, alors je n’ai aucune horloge biologique à satisfaire.
J’ai des problèmes de divorce par-dessus la tête à gérer, alors je n’ai plus aucune envie de me marier.
J’ai une idée assez précise de ce que je ne veux pas chez un homme, alors que le champ de ce que veux est assez ouvert.

Ce sera réellement réfléchi si je décide de me mettre en couple. Après une longue période d’essai. Histoire de vérifier qu’il n’y a pas de problèmes psychologiques derrière.

« Et pourtant, tu es un cœur d’artichaut ! », me diront ceux qui me connaissent bien. Oui, oui, c’est vrai. Mais ce n’est pas incompatible. Je peux tenter ma chance avec certains, et m’exposer à une rupture douloureuse, que j’aurais d’ailleurs probablement moi-même provoquée, mais tant pis.
L’amour est suffisamment beau quand on l’éprouve pour valoir quelques pleurs.

Alors je cherche ma perle rare, celui qui m’acceptera comme je suis.
Celui avec lequel je partagerai des intérêts communs, mais aussi des différences.
Celui qui aura besoin de moi exactement comme j’aurai besoin de lui.
Et tant pis si je ne le trouve jamais. Il me restera toujours mes enfants et ma famille.

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15 décembre 2015

This awkward moment

Ce moment où tu descends du train, et où tu dois prendre la ligne 4, ta ligne à toi, la dorsale Nord-Sud de Paris, celle que tu as pris un nombre incalculable de fois, Porte d'Orléans - Porte de Clignancourt, tu te sens encore de nommer toutes les stations dans l'ordre.

Le nez au vent, ton ticket de métro arraché de haute lutte au distributeur, tu fonces dans les couloirs connus.

Et là, tu doutes. Mairie de Montrouge - Porte de Clignancourt. Merde. Je me suis trompée de direction. Où est la porte d'Orléans ? Tu te retournes, tu cherches le violet de la 4 ailleurs. Non, il n'y en a qu'ici...... Oh.
Montrouge est au sud. Comme la Porte d'Orléans.

Ils ont prolongé MA ligne, sans me prévenir. Depuis combien de temps ?

Rendez-moi ma porte d'Orléans !

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19 octobre 2015

Le bar à jeux

J'ai un nouveau bar à jeux. Le concept est super simple : il y a un mur entier de jeux à disposition gratuitement, et on paye seulement les conso. L'ambiance est super, quoique un peu jeune, et je partage beaucoup d'intérêts communs avec les gens que je rencontre ici. Bref, c'est mon nouveau bar préféré. (NON, je ne vire pas cougar. Promis)

J'y entraine mes enfants ce dimanche, pour que Demi-Belge apprenne à jouer aux cartes Pokémons au lieu de bêtement les collectionner. On a rendez-vous avec un type que j'ai rencontré à un quizz dessins animés nommé Baloo (ne me demandez pas son vrai nom), qui est un archétype du geek à lui tout seul. Il est super.

Evidemment, j'offre à boire à tout le monde.

Au bout de quelques minutes, la Puce me dit :
"Il a un gout bizarre, Maman, ce jus d'orange"

C'est normal ma chérie. Parce que tu as demandé de la grenadine.

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20 septembre 2015

La reine des Neiges

Puce chantonne en arrière-plan :

"Libéréééééeeee, massacréééééeeee, je ne mentirai plus jamaiiiiiiiis"

J'adore son interprétation toute personnelle.

Voilà, c'était juste pour vous dire. Je suis bien contente de l'avoir interdit à la maison, ça rend la chanson bien plus intéressante.

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04 septembre 2015

Capucine(s)

Retour de vacances, station-service, on cherche de quoi manger sur le pouce.
Ma fille est évidemment en vadrouille, je l'appelle pour lui demander son avis.

La vendeuse qui place des produits en rayon tique en m'entendant : "ça c'est rigolo, la jeune fille qui est à la caisse s'appelle aussi Capucine, ce n'est pourtant pas si commun comme prénom". Je renchéris, en disant que même si la popularité de ce prénom est en hausse, c'est assez rare d'en rencontrer une d'une vingtaine d'année.

Lorsque je fais la queue pour payer, je m'apprète donc à relever l'homonymie à la caissière (une jolie brune), quand j'entends une maman dire derrière moi : "Allez Capucine, on y va maintenant !"

Voilà, voilà : sur cette aire d'autoroute, nous avions donc 3 Capucines, 4 ans, 10 ans et 20 ans, une blonde, une rousse, une brune. Toutes les trois belles comme des coeurs.

Il y a des jours, faudrait jouer au loto.

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27 août 2015

Les questions

Je me pose des questions, des milliers, des cruciales, des anodines. Tout le temps.
Je fais des plans, j’imagine comment telle ou telle situation pourrait évoluer, je prends des paris, j’imagine tous les cas de figure possibles. Tout le temps.
A propos de tout.

Le super pouvoir de profiter simplement du moment présent ne m’est accessible qu’au moment présent justement. Quand une situation doit être mise sur pause, je cogite, je pense, je projette, j’analyse, je défais, je refais dans ma tête mille et une choses. Je suis incapable de la laisser tranquillement dans son coin en attendant d’y revenir plus tard.

Je suis déjà passée pour une grande stressée, pour une imbécile, juste parce que j’avais partagé mes questions.

Je n’osais plus en parler. J’avais l’impression d’être tellement ridicule !

Et puis, depuis la rupture, j’ai décidé d’être simplement moi-même, avec mes qualités et mes défauts. Ce besoin d’être honnête, surtout avec moi-même, ce besoin que je n’ai pas pu combler ces dernières années, je veux vraiment y être fidèle tout le reste de ma vie. Plus jamais je ne ferai de concessions à ma façon d’être pour quelqu’un.

Alors maintenant je dis ce que je veux, au moment où je le veux. C’est libérateur.
J'ai de nouveau l'impression d'être moi.

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22 juillet 2015

La suite ... ?

LeBelge m'a envoyé un texto pour discuter de "la suite". J'ai naïvement cru que c'était pour les vacances des enfants, dans un premier temps. Et puis comme je le connais (c'est pour ça que je l'ai quitté d'ailleurs), je me suis doutée que ce serait pour l'argent.

Gagné.

Il veut que ça aille plus vite.  
     Ben non, on ne peut pas aller plus vite que la musique, il faut attendre d'être divorcés définitivement, en octobre.
Il veut que ça aille plus vite.
     L'argent sera versé au notaire, on doit attendre le divorce (bis-ter-quatro-??).
Il a besoin de cet argent pour vivre.
     Ha ? Mais ce n'était pas à ton entreprise que je le dois prétendument cet argent ?
Il estime que cet argent a été dépensé, et qu'il doit être remboursé.
     Mais je n'étais pas d'accord pour le dépenser moi, cet argent. Ca faisait des mois que je hurlais qu'on n'en avait plus et qu'il fallait arrêter de faire travailler les ouvriers.
Il me dit que si je ne suis pas d'accord, il va venir démonter ce qui a été fait, notamment la cuisine.
     Ha. C'est une menace ça ? 
Il me dit que ce n'est pas une menace. 
     Ben pourtant je trouve que ça y ressemble vachement. Et puis au passage, je te rappelle que tu n'as plus le droit de rentrer ici sans ma permission, que c'est ma résidence, par décision de justice.
Il n'a jamais signé ça.
     Heu... si, implicitement. Tu avais reçu les papiers avant, et devant le juge, tu as dit que tu étais d'accord. Le jugement a justement été rendu il y a quelques jours.
Il n'a jamais signé ça.
     Ok. Je laisse tomber.

Devant mon attitude aggressive, il préfère s'en aller.

Mais au passage, avant de partir, il me signale qu'il va extrêmement bien, que "lui" avance dans sa vie, et qu'il va bientôt présenter sa nouvelle copine aux enfants.

- petit apparté ici, je le savais déjà, et très curieusement, ça ne me fait ni chaud ni froid (passés 10 minutes de légitime énervement, hein, je suis humaine) -

- Bon, ben j'ai rien à dire, hein, tu fais ce que tu veux. Je trouve juste que ça arrive trop tôt.
- Ca ne te regarde absolument pas.
- En effet, mais j'ai le droit d'émettre un jugement. J'espère qu'elle sera sympa avec les enfants.
- Ca ne te regarde absolument pas.
- Ha, si, ça concerne les enfants, donc ça me regarde. J'espère qu'elle sera sympa.

Parce qu'au final, cette fille à qui je souhaite bien du courage, c'est elle qui va élever mes enfants quand je ne serai pas là. Je ne vois aucune évolution dans sa façon d'être, et si on arrive enfin à mettre en place une garde alternée (ce qui est encore loin d'être le cas), mes enfants vont se retrouver seuls avec elle, parce qu'il travaillera toujours trop. Ou oubliera de rentrer. Il a déjà oublié ces deux semaines-ci que les enfants étaient en plaine de vacances, et ne leur a donc réservé aucun créneau. Il a pu se libérer deux soirs pour eux. Youhou.

 

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29 juin 2015

Etre soi-même

Avec la liberté est venu également le temps de l’anonymat.

J’ai eu besoin de me perdre un peu pour me retrouver moi-même. J’ai eu besoin de retrouver la confiance en moi que j’avais perdue. De m’entendre dire, encore et encore, par des gens différents, que oui, je valais quelque chose. J’ai eu besoin de m’entendre dire que j’étais jolie, drôle et intelligente. J’ai eu besoin de ne pas parler de mes enfants, et de surtout ne pas me définir par eux.

Puis un jour, ce besoin s’arrête, et on se retrouve avec soi-même, avec l’envie de poursuivre sa vie. Sa propre vie, peuplée d’enfants, de maison à continuer, de remboursements à assumer, de villes à visiter, de livres à lire, de films à voir, de sorties à prévoir, de copains à visiter.

Qu’importe le moyen par lequel j’y suis arrivée, je suis vraiment contente de m’être retrouvée.

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19 juin 2015

La grenadine

C'est bientôt l'anniversaire de la Pucine.

Les préparatifs de la fête sont entreposés sur une étagère de la cuisine, c'est à dire, ballons, bonbons, boisson.

- Maman, c'est quoi cette grenadine à la salade ?

J'ai mis une bonne minute à comprendre qu'elle parlait du sirop de menthe, et dix de plus à m'arrêter de rire.
4 ans, quel bel âge !

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11 mai 2015

Sur le chemin de l'école

Je suis en pleine période fofolle post-rupture. Je n'ai pas été aussi mince depuis 10 ans, je me trouve super belle en ce moment - d'autant qu'on me le dit - bref, j'ai une patate d'enfer.

Dans la rue, alors que nous marchions, la Puce me regarde la main, y voit des veines (à peine) saillantes et me regarde d'un air navré : "Tu deviens vieille maman. Mais c'est pas grave tu sais."

Merci Puce.

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27 février 2015

Parfum et autres brèves Pucinesques

*Pucine met du parfum*
- Maintenant, j'ai le nez plein de bon !*

---

Puce : "Hoquet Koukolle"
Moi : D'où tu sors ça toi ?
Puce : Mais c'est toi qui dis ça !
Moi : Sans rire ? 
DemiBelge : C'est quand tu parles à ton téléphone, maman.
...
Note 1 : Arrêter d'utiliser la reconnaissance vocale du téléphone (ok Google)
Note 2 : Heureusement que j'ai DemiBelge, mes conversations avec Pucine seraient beaucoup plus difficiles sinon.

---

Pucine : à la queue mauviette mauviette !
Moi : Quoi ? 
DemiBelge : Mais si maman c'est dans Madagascar.
Moi : Ahhhh... I like to move it.

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Moi : dis donc il fait un temps magnifique aujourd'hui !
Pucine : Oui maman,  c'est parce qu'il y a du matin bleu et jaune.

 

 

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19 février 2015

Pourquoi je suis allée consulter un psy

Parce qu'un jour, au détour d'une conversation avec une amie, j'ai pensé que LeBelge pouvait avoir un comportement de pervers narcissique. Je m'étais déjà renseignée sur le profil du manipulateur, mais il ne rentrait pas vraiment dans les cases. En revanche, lorsque je suis allée voir celui du pervers narcissique, je l'ai reconnu. Et ça m'a fait peur. Vraiment peur. La seule solution, de tous les avis que j'ai pu lire, c'est la fuite. La particularité de cette tendance, c'est que le malade l'ignore, et pire, qu'il ne voudra jamais l'admettre.

Avec le recul, aujourd'hui, je nuancerai mon propos. Pervers est un mot extrêmement fort, et je pense qu'il ne s'applique pas réellement au Belge. Il y a dans ce mot une intention de nuire qui à mon avis n'existe pas chez lui. Il le fait inconsciemment, en pensant être dans son bon droit. Et puis je ne suis pas psychiatre pour lui coller une étiquette.
Le seul point positif, c'est que j'ai eu suffisament peur pour aller consulter, afin de me protéger, protéger mes enfants, et me faire mettre les points sur les "i". Non, ces comportements ne sont pas acceptables.

Puisque c'est mon blog, voyons donc pourquoi j'ai paniqué :

Voici quelques pistes pour reconnaître ces prédateurs, inspirées des travaux de spécialistes tels que Jean-Charles Bouchoux, psychanalyste et Isabelle Nazare-Aga, thérapeute comportementaliste (1) : (Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/le-dossier-de-l-obs/20120315.OBS3872/pervers-narcissiques-20-pistes-pour-les-reconnaitre.html)

1. Il ou elle vampirise l'énergie de l'autre : l'expression "se faire bouffer" prend tout son sens.
Oui, toute mon énergie, toutes mes ressources, tout mon argent. Oui, je me suis fait bouffer.

2. Il ou elle est dénué(e) d'empathie, fait preuve de froideur émotionnelle.
C'est exactement ça. Quand je suis en train de pleurer, il me regarde avec ce que j'interprète comme de la haine et part en claquant la porte.

3. Il ou elle souffre d'insatisfaction chronique, il y a toujours une bonne raison pour que ça n'aille pas.
Il est incapable de se satisfaire de ce que j'ai pu lui donner. C'est toujours trop ou trop peu, que je dise oui ou non ce ne sera jamais la réponse qu'il attendait.

4. Il ou elle use de dénigrement insidieux, sous couvert d'humour au début, puis de plus en plus directement.
Tout lui ! Il ne sait pas communiquer autrement que par sarcasme. J'ai eu le sentiment d'être nulle et de ne rien savoir pendant trop longtemps.

5. Il ou elle est indifférent aux désirs de l'autre.
Comment dire... Oui ? Parfaitement !

6. Il ou elle s'inscrit dans une stratégie d'isolement de sa proie.
En y réfléchissant, c'est ça qui s'est passé dans mon couple. Il a ouvert sa société en Belgique, loin de ma famille et de mes amis. Comme on avait de moins en moins d'argent, on ne voyait que de plus en plus rarement mes amis, et ces derniers temps, plus du tout. J'ai même réussi à me couper de ma meilleure amie, tellement il m'a bourré le mou à son mariage, comme quoi c'étaient tous des fils à papa. Dieu que je regrette ça. C'est promis, j'essaierai d'arranger les choses, maintenant que j'ai pris conscience de tout ça.

7. Il ou elle fait preuve d'égocentrisme forcené.
Evidemment. Il sait tout, mieux que tout le monde. Voir mon post précédent.

8. Il ou elle vous fait culpabiliser.
Tout était de ma faute, toujours. Si notre couple allait mal, c'était de ma faute. Si la maison était en retard, ma faute, parce que je disais oui ou non sans savoir, sans prendre le temps de réfléchir. Le but c'était pas d'avancer pourtant ?

9. Il ou elle est incapable de se remettre en cause ou de demander pardon (sauf par stratégie).
Ma principale récrimination.

10. Il ou elle s'inscrit dans un déni de réalité.
Ca aussi ! Un exemple parmi des milliers d'autres : lors de la rupture, il m'a accusé d'avoir tout comploté dans mon coin et que ça lui tombait dessus sans prévenir, qu'il n'avait rien vu venir. En niant le fait que notre couple battait de l'aile depuis des années, que ça faisait 2 ans que je réclamais une thérapie de couple, que je l'avais quitté l'année dernière, que j'avais annoncé vouloir divorcer 6 mois auparavant et que la thérapie que nous avions effectivement entamée s'annonçait être un échec cuisant. Rien vu venir, vraiment ??

11. Il ou elle joue un double jeu : le pervers narcissique se montre charmant, séducteur, brillant - voire altruiste - pour la vitrine ; tyrannique, sombre et destructeur en privé. 
Oui, mais celle-ci, il n'y avait que moi pour le voir. C'est d'ailleurs pour ça qu'un des conseils donnés pour ce profil est d'en parler aux proches, qui ignorent totalement ce qui se passe. La chance que j'ai eue, c'est qu'il s'est lâché à peine un jour, mais devant ma mère et mon frère. Pour moi, ça a été le déclic.

12. Il ou elle est obsédé(e) par l'image sociale.
Ha tiens, ça, non. Bon, on ne peut pas remplir TOUTES les cases.

13. Il ou elle manie redoutablement la rhétorique : le dialogue pour dépasser le conflit tourne à vide.
Ouiiiii, j'ai toujours eu l'impression de perdre quand je discutais avec lui. il était impossible d'avoir raison, et même si j'étais tellement sûre de moi qu'il sentait qu'il perdait, il rebondissait sur autre chose, et s'en tirait tout le temps par une pirouette. J'ai mis un temps fou à m'en rendre compte.

14. Il ou elle alterne le chaud et le froid, maîtrise l'art de savoir jusqu'où aller trop loin.
Vrai. Sauf cette dernière année justement, où je lui ai opposé un mur blanc.

15. Il ou elle est psychorigide.
*va chercher la définition exacte de psychorigide* *Qui se trouve psychiquement dans l'incapacité à se mettre à la place de l'autre*
Ben oui. Mais c'est un peu la même chose que le manque d'empathie, non ?

16. Il ou elle souffre d'anxiété profonde, ne supporte par le bien-être de son partenaire. 
L'anxiété profonde, oui, mais qu'il ne supporte pas mon bien-être, j'en suis moins sûre. C'est dès que je montrais des signes de faiblesse qu'il m'enfonçait encore plus. Et en y repensant, il est possible qu'il ait cherché à faire ça. Heureusement que je suis d'un naturel optimiste, et que quand j'allais bien, je ne le laissais pas me miner.

17. Il ou elle ressent le besoin compulsif de gâcher toute joie autour de lui.
A chaque fois qu'on raconte une histoire, il a toujours fait/dit quelque chose de mieux, ou de pire. Il ramène toujours tout à lui. Il a le don de me gâcher mes vacances par ses remarques, sa façon d'être blasé de tout, de faire la gueule parce qu'il fait trop chaud / trop froid / pas assez de bières.

18. Il ou elle inverse les rôles et se fait passer pour la victime.
Bien, sûr, évidemment qu'il fait ça !! Vous pensez que c'est la faute de qui s'il se retrouve dans la merde aujourd'hui ? Moi, moi, moi, toujours moi ! Aucune remise en question ! Franchement, 35 ans, un boulot à plus que plein temps, et pas être foutu de se payer à manger, il n'y a pas comme un problème quelque part ?

19. Il ou elle use d'injonctions paradoxales et contradictoires : la cible perd ses repères, son esprit devient confus, même quand il est des plus brillants. Paul-Claude Racamier, inventeur de la notion de pervers narcissique, parle d'un véritable "détournement de l'intelligence". 
Oui, et à mon sens, LeBelge est très intelligent. Supérieurement intelligent. Il est dommage qu'il n'ait pas eu l'intelligence de bien traiter sa famille. Quant aux injonctions paradoxales et contradictoire, oui, plusieurs de mes amis l'ont relevé : il se contredit dans la même conversation, l'air de rien, pour arriver à ses fins : avoir raison, à l'encontre de tous.

20. Il ou elle éprouve un soulagement morbide quand l'autre est au plus bas.
Alors là, je n'en sais rien, je ne suis pas dans sa tête. Mettons non, parce que quand j'étais au plus bas, il n'était pas là /pour le voir, mais ailleurs, avec ses copains, pendant que je gardais les enfants à la maison.

18/20.
PUTAIN, 18 SUR 20.

Vous comprenez pourquoi j'ai eu peur ?

Posté par Maritxu à 14:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]